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CHAPITRE IV. - L'EPIGRAPHIE ET L'ART

Il faut encore moins confondre l’orante chrétienne avec l’adorante pa'‘enne, comme font certains amateurs d'archéologie. Il suffit de jeter un regard sur la figure 50 pour s’en convaincre. La différence est d’ailleurs clairement signalée par Tertullien, quand ïil dit: «Nous ne soulevons pas seulement nos mains, mais nous les étendons aussi, en souvenir de la passion du Seigneur». Cette position était propre au temps qui va de Pâques à la Pentecôte, car, dans les autres périodes de l’année, on priait à genoux; mais cette seconde position est presque eatièrement inconnue dans la peinture cimitériale, où tout parlait de la possession espérée ou acquise d’une béatitude éternelle. On doit distinguer aussi l’orante du suppliant, dont l'attitude était de se mettre à genoux et d'étendre les mains vers celui qui pouvait lui accorder une grâce. On trouve dans cette position l’aveugle-né, le lépreux, le possédé, une fois Isaac et quelques défunts.

Le geste oratoire consistait à fermer les deux petits doigts de la main droite et à étendre les autres: on le rencontre assez souvent dans l’art chrétien, mais non pas dans la peinture, où il est plutôt rare, et c’est le geste propre du Sauveur et des saints intercesseurs dans les scènes du jugement.

L’adoration était exprimée par l’union du geste oratoire avec la génuflexion, et servait à représenter les saints qui saluent en adorant le Seigneur. |

L'imposition de la main (xeteobesia) est le geste propre de la bénédiction, mais il sert aussi à indiquer l’invocation du Saint-Esprit: nous le trouvons non seulement dans les scènes de quelques miracles du Sauveur, tels que la guérison de l’aveugle, du possédé, de l’hémorroïsse, et la multiplication des pains et des poissons, mais aussi dans celles du baptême. Nous verrons dans la seconde partie de ce manuel que l’art chrétien est parfaitement d'accord en cela avec les plus anciennes liturgies. Le geste de l’acclamation consistait à élever la main droite jusqu’à la hauteur du corps, et même plus haut, et en dehors. Ce geste se rencontre souvent dans l’art chrétien, particulièrement dans les représentations de banquets ou de scènes escatologiques, où l’on voit les apôtres et les saints autour du trône du Christ ou de l’Agneau, acelamant la majesté du Seigneur.

Le geste d'indiquer était exprimé de la même manière qu'aujourd'hui, par l’iadex de la main droite étendue.

Les choses sacrées étaient reçues dans les mains couvertes d’un voile réservé à cet usage ou du bord du pallium. Mais c'était aussi le sione du respect et de l’adoration, et il semble qu'il ne fut en usage qu’au IV° siècle.

Il y à enfin le geste de la douleur, exprimé la plupart du temps en portant la main droite au menton, ouense couvrant avec elle Le visage.

On à des exemples classiques de ce geste dans les monnaies frappées par Vespasien et par Titus, avec l’image de la Zudaea capta, et dans d’autres monuments. On rencontre un autre geste de douleur et de deuil dans les sculptures aussi paiennes que chrétiennes; nous y reviendrons. Nous jugeons à peine nécessaire de dire que ces.

notions servent pour tout l’art ancien en général.

Quant aux habits, le vestiaire:

romain était fort simple et consistait d'habitude dans la tunique, le pallium et les sandales (1). Le

pallium est porté sur la tunique a dune Par les personnages qui, dans le près de la tombe du pape S. Corneille). peintures et même les mosaïques. et les sarcophages, représentent le:

Sauveur, les Apôtres, les saints et les prêtres. C’est de là que vient le pallium liturgique des latins et l’omophorion ou pallium des grecs. Le pallium n'est porté que rarement sans la tunique, et dans ce cas, le côté droit de la poitrine reste nu. C'était l’habit des philosophes, on ne le voit sur la personne du Sauveur que trois fois dans les peintures et trois fois sur les sarcophages. Les sénateurs portaient la toge qui était le costume propre des citoyens romains; mails aux temps de l’empire, elle tomba peu à peu en désuétude, jusqu'à n'être plus que l’habit des magistrats et des dignitaires de l'Etat. Il y avait ensuite la paenula, sorte de manteau contre la pluie, que les romains employaient aussi quand, libres de toute affaire civile et politique, ils se rendaient dans leurs villas. , C'était ua morceau d’étoffe circulaire, avec un trou au milieu pour y

és

(1) WNotiones, Vol. II, pars 2, p. 74 et suiv.

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