‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 72 sur 305 · CHAPITRE®IV. - L'BPIGRAPHIE ET L'ART · texte numérisé non relu

CHAPITRE®IV. - L'BPIGRAPHIE ET L'ART

passer la tête. C’est d’elle que vient la chasuble qui à gardé sa forme primitive de paenula jusqu'au xv° siècle. Les jeunes gens portaient là lacerna ou birrus, et les soldats la chlamyde. On voit clairement ces parties du vestiaire aux figures 52, 58 et 55; nous dirons deux mots de la toge et de la lacerna, qui devinrent l’une l’insigne du premier magistrat, et l’autre la chape ecclésiastique.

Figure 54. - Reconstitution de la toge impériale (WicrerTr - Un Cap. sul vestiario).

Toge. — On à beaucoup écrit et discuté sur là toge jusqu'à ces derniers temps, sans que personne ait Su en donner la signification. Les études de Mgr. Wilpert ont enfin éclairei ce point, en démontrant qu’elle n’est qu'une pièce de drap de laine longue de six à sept mètres et pas très large, que l’on appuyait sur l’épaule gauche, pliée selon sa largeur, de manière à en faire tomber un pan devant le corps jusqu’au-dessous des genoux. Le reste du drap, qui pendait derrière le dos, s’enveloppait de la manière suivante autour du corps: «on le passait d’abord transversalement sur le dos, en partant de l’épaule gauche, de manière à couvrir la poitrine selon une ligne transversale. Puis, en ce point, le drap était déployé, étendu sur le dos, de nouveau tiré en avant, et

jeté enfin avec un des pans sur l’avant-bras gauche (1) ». La figure 54 représente la reconstitution de la toge, telle que la portait à Byzance au vr° siècle le premier magistrat (consul); elle est déjà près de disparaître, et est presque réduite aux proportions d’une bande: le lecteur remarquera en outre que, en plus du tour que nous avons déjà décrit, le drap couvrait aussi l'épaule droite, quand on le faisait passer pour la première fois derrière le dos.

Figure 55. - Peinture de l’église de S. Clément a Rome (xt siècle), représentant le transport des reliques de S. Clément.

Lacerna. — Elle fut introduite à Rome par Lucullus: c'était un simple drap que l’on portait sur les épaules en le tenant fixé par devant sur la poitrine; il tombait très bas par derrière et était souvent orné de franges. Du temps de Trajan, il devint le manteau des licteurs, et, une fois, nous le voyons aussi sur les épaules de l’empereur Marc- Aurèle, dans un bas-relief du Capitole. Comme elle était commode, légère, élégante, et comme on pouvait en jeter les bords derrière les épaules, où ils étaient agités par le vent, les jeunes gens la portaient volontiers surtout en Afrique. Mais à Rome on la considéra presque toujours comme un habit oriental, et nous la voyons dans la peinture

(1) WicperrT. Le pitture delle catacombe romane. Testo, p. 68.

Page 1