CHAPITRE IV. - L'EPIGRAPHIE ET L'ART
Le nombre des épisodes bibliques représentés dans les peintures est doublé par la sculpture, et les productions de l’art chrétien ne doivent pas être jugées seulement au point de vue esthétique (1).
Cet art à répondu à ses fins: il exprim® sur l£s tombeaux l’espoir dans là miséricorde divine, la foi dans la puissance du Sauveur, le
Figure 57. - Sarcophage chrétien du 117 siécle avec scènes pastorales et de vendange
(musée du Latran).
triomphe de l'Eglise après les persécutions, la majesté du Sauveur, la récompense éternelle réservée aux âmes des. fidèles.
L'art plastique chrétien reflète admirablement son époque, l’état des esprits après trois siècles de persécution, la satisfaction bien naturelle causée par le triomphe de l'Eglise et cet hommage que la majesté impériale elle-même rendait au Dieu de tous. L'esprit se tournait spontanément vers les choses célestes, et l’artiste choisissait les matériaux de son œuvre dans les concepts de la révélation. Ils trouvaient leur place toute prête dans les absides des basiliques, et les sarcophages qui ornaient leurs atriums ne pouvaient point se soustraire à l'influence de l'art nouveau. Et pourtant — il est bon de le redire — l’imagination ‘des artistes répondait parfaitement à la mentalité de leur époque.
Ce que nous venons de dire explique les causes du changement partiel
(1) Notiones, vol. IT, pars 3, pag. 24 et suiv.
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du caractère de l’art sépulcral. Les peintures et les sculptures aÿant: également servi à décorer les tombeaux, il semblerait que les unes et les autres dussent avoir le même cachet. Il n’en est rien.
La diversité des lieux et les circonstances spéciales dans lesquelles les deux arts se développèrent firent que la sculpture s’éloigna du chemin qu'elle avait suivi pendant quelque temps d'accord avec la peinture. Bien plus, la peinture elle-même, qui, à partir du HI siècle, avait perdu peu à peu son caractère mystérieux, tout en restant toujours funéraire,
Figure 58. - Sarcophage avec représentations bibliques (musée du Latran).
ressentit, elle aussi, après le triomphe de l'Eglise, l'influence des temps nouveaux. Elle suivit de loin, il est vrai, la nouvelle direction de l’art.
Ainsi même là peinture nous offre des scènes inspirées des livres apocalyptiques; mais les sujets du plus ancien et mystérieux symbolisme, tels que le pain, le poisson et le vin, la rupture du pain, le banquet près du lac de Tibériade, la nourriture des masses populaires, le trépied au milieu des corbeilles de la multiplication, et d’autres éloquentes. figures du banquet eucharistique, unies aux symboles du baptême, ont disparu pour toujours (1).
Mais revenons à la forme et à la décoration des sarcophages. La division en deux étages de la surface de marbre, destinée à la décoration permettait de multiplier les sujets : ils étaient tellement serrés et parfois. si nombreux, qu'ils se superposaient en partie l’un à l’autre. |
Malgré cela, les sculpteurs cherchaient de donner à l’ensemble de leur ouvrage une disposition favorable et qui satisfaît l’oeil; ils se réglaient.
(1) Notiones, vol. II, pars 3, pag. 19 et suiv.