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CHAPITRE IV. - L’EPIGRAPHIE ET L'ART

On rencontre aussi d’autres sujets qui reflètent des idées funéraires. paiennes, mais n'ont aucun rapport avec le culte; par exemple des personnifications de lieux, d'éléments, des forces de la nature, du soleil, du ciel, des fleures, de l’océan, etc.

Mais cette prudence nécessaire n° empêcha point quelques symboles. strictement chrétiens de s’introduire insensiblement dans les ouvrages plastiques. Un sarcophage qui paraît remonter au début du 111” siècle, conservé maintenant au musée du Louvre à Paris, représente sur le devant et au-dessous de l'inscription le Bon Pasteur portant une brebis.

Mure 61. - Fragment de sarcophage représentant l’histoire d'Ulisse (cim.re de $S. Calixte).

avec deux autres à ses côtés, un poisson droit, et une ancre. Un autre. sarcophage, peut-être encore plus ancien que le précédent, retrouvéà Gayolle — outre le pêcheur qui, comme nous le verrons plus loin, est un symbole du baptême, — offre aussi la figure d’une orante à côté. d’une ancre, symbole de la croix et de l’espérance chrétienne, et au milieu d’un troupeau, celui des élus, entre deux arbres, qui représentent. le jardin du paradis. On y voit aussi le bon Pasteur, mais entre une scène, peut-être une scène de famille, et une divinité locale. Dans un autre enfin, ou trouve aussi, outre les scènes de pâturage et de pêche,. le buste d’Elios, une personification du soleil. On ne peut douter que ce ne Soit un sarcophage chrétien, mais sculpté de façon à ne pas le paraître aux yeux des profanes.

Parfois le sarcophage était divisé en compartiments par des colonnes. ou des arbres; cela n’empêchait pas d’unir un épisode à l’autre; et même, dans ce cas, la loi de l’opposition put être mieux observée (figure. 59, 269, et 275). Mais on aima aussi à représenter sur un sarcophage,

selon le goût classique, une ville avec ses remparts, ses tours eb ses créneaux, devant laquelle se déployaient les scènes de la maiestas domini. Assis sur un trône de gloire, les pieds appuyés sur Uranus, la personification du ciel, le divin Sauveur recoit, comme dans une vision

Figure 62. - Orphée au milieu des brebies (Peinture du 11 siècle - cimetière de $S. Calixte).

apocalyptique, les acclamations des apôtres qui entourent son trône (fig. 279). Il est clair, que là ville ainsi représentée, devant être en harmonie avec la scène que nous venons d'indiquer, ne peut être qu'une image de la Jérusalem céleste.

Il faut enfin remarquer que certaines régions eurent une forme Spéciale de sarcophages; leur différence consiste surtout dans la forme du couvercle. Ceux qui s’écartent le plus de la forme romaine sont ceux de Ravenne; nous ne nous attarderons pas à en décrire les différences ; il suffira d’un coup d’oeil sur la figure 60 et 65. Mais il faut remarquer

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