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CHAPITRE IV. - L'EPIGRAPHIE ET L'ART

de coupes peintes en or, qui servirent probablement aux banquets funéraires, quelques-uns peut-être même à la célébration de l’Eucharistie; des patènes liturgiques, des cachets, des peignes, des lampes, des ampoules pour les eulogies, c’est-à-dire contenant les huiles prises aux lampes des sanctuaires, des médailles, et de menus objets de dévotion de toute sorte.

ARTICLE IV. — Les tombes des martyrs.

Après le rapide exposé de ce chapitre, il est tout naturel que l’on dise quelque chose des tombes des martyrs. Généralement on croit

Figure 72. - Inscription du Pape $S. Pontien.

qu’elles étaient distinguées par quelque signe particulier de celles des simples fidèles (1).

Il est certain que les pélerins qui accouraient en foule pour les vénérer devaient avoir un moyen pour les reconnaître. Mais lequel ? Etait-ce par l'inscription ou par quelque signe extérieur ? Après avoir longuement étudié la question, nous croyons pouvoir dire qu'on n'indiqueit pas, ordinairement le tombeau de martyr par l'inscription. Sur plus de dix mille inscriptions trouvées dans la Rome souterraine, six seulement portent le titre de martyr: ce sont celles des SS. Prote et Hyacinthe, des Papes $S. Corneille, S. Pontien et S. Fabien, ainsi que celle d’un Vericundus au cimetière de Priscille (fig. 31). Cette dernière porte seulement un M coupé par une ligne d’abréviation; il

(1) Notiones, etc., Vol. I, pars prior, pagg. 392-420.

en est même qui contestent sa signification. Hors de Rome, aucune épitaphe de martyr ne fut retrouvée, mais seulement des inscriptions historiques ou votives.

Quant à celles des Papes, elles sont indiquées par un sigle formé par les trois lettres M T P, consonnes du moi grec MAPTYP (figg. 72 et 162). Ce sigle fut ajouté après coup, mais on ignore quand. Les inscriptions du Pape $S. Corneille et des SS. Prote et Hyacinthe sont les seules qui portent le nom martyr en toutes lettres; elles furent certainement oravées en même temps que l’épitaphe; il semble même pour $. Corneille que le titre Martyr aït été ajouté pour corriger en la complétant, la première épitaphe.

Mgr. Wilpert pense que les épitaphes des martyrs ont été détruites quand, aux virr‘-et 1x° siècles, se firent les translation des corps saints des cimetières de la banlieue dans les basiliques de là ville. Cependant il paraît assez difficile d'admettre une si grande destruction d'inseriptions, puisque quelques-unes ‘ont été retrouvées. D'autre part le fait que sur les tombes de deux Papes particulièrement illustres par leur martyre, on n'ait gravé le titre de martyr que quelque temps après leur mort — encore on l’a fait en forme d’un”simple sigle — est très significatif. Aussi Croyons-nous que, aux premiers siècles, on ne faisait pas connaîcre la tombe du martyr par quelque signe sur l’épitaphe, et que les rares exemples qui nous sont parvenus sont une véritable exception. Ce qui confirme cette opinion, c'es que dans l’art des Catacombes on ne trouve jamais de représentation du mé&rtyre ou d’allusion certaine s’y référant.

On devra done chercher les marques distinctives du martyre dans d’autres signes ou dans les objets funéraires.

I] fut un temps où l’on admettait comme indice de tombe de martyr l’arcosole, la palme et la fiole de sang. Quant à l’arcosole, quoiqu'il ait pu être employé pour célébrer là messe sur là pierre sépulcrale, il faut pourtant noter qu'il abonde surtout au temps de la paix dans les régions cémétériales.

La palme fut un critérium erroné, car elle se trouve sur presque toutes les tombes comme signe de victoire et de récompen © pareille à la couronne. Le P&pe Benoît XIV déclara ce signe sans valeur.

Quant au vase de sang la discussion est longue. Les uns lui dénient toute valeur, les autres le reconnaissent comme un indice infaillible. Nous nous contenterons de faire observer qu'il n’était pas toujours facile de recueillir le sang du martyr, ni d’en remplir une fiole; de plus ces petits vases murés dans les loculi des catacombes renfermaient souvent des parfums. Cependant, si quelquefois ces vases contenaient,

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