‹ Manuel d'archéologie chrétienneChapitre 82 sur 305 · CHAPITRE V. - CONSTITUTION HIÉRARCHIQUE DES CIMETIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. - CONSTITUTION HIÉRARCHIQUE DES CIMETIÈRES

chrétiens trouvèrent dans les cimetières et les arénaires (comme ce oroupe de fidèles réunis pour assister au saint sacrifice sur le tombeau des saints Chrysanthe et Darie, qui furent ensevelis sous un tas de pierres et de terre) en est la preuve la plus éloquente. Voici d’ailleurs ce que nous lisons dans une inscription du Ir° siècle, provenant du cimetière souterrain de Priscille, et exposée maintenant dans la basilHique de S. Sylvestre, reconstruite au-dessus de ce même cimetière :

«Frères, lorsque vous vous réunissez ici pour prier avec ferveur le Père et le Fils, rappelez-vous la chère Agape, pour que Dieu toutpuissant lui accorde l’éternité bienheureuse (1) ».

Dans son Apologétique, Tertullien reproche aux persécuteurs leur acharnement à chercher et opprimer les chrétiens dansleursréunions (2); et 1l ne faut pas entendre seulement par là les réunions ordinaires dans les églises domestiques, mais aussi, et plus fréquemment, les réunions secrètes, tenues sous prétexte de rendre hommage aux défunts.

Ces données et bien d’autres que nous omettons pour être plus bref, nous enseignent que les cimetières devaient être généralement administrés par l’autorité ecclésiastique, non seulement à cause de leur caractère sacré, mais aussi parce qu'ils étaient parfois le seul lieu d’asile et de refuge sûr pour y célébrer le culte aux moments les plus cruels des persécutions (3).

ARTICLE II. — Les titres ecclésiastiques.

Le fait de l’administration ecclésiastique des cimetières et celui de la division de Rome en sept régions administrées par les diacres, nous aideront, avec les monuments, à fixer les limites territoriales de ces régions. Nous pouvons déjà supposer que chacune d'elles renfermait en moyenne deux régions civiles, dont le nombre était quatorze. II est en outre à présumer que les cimetières se rapportaient en général aux titres, c’est-à-dire aux églises titulaires qui en étaient le moins éloignées, et se trouvaient du même côté de la ville, quoique plus rapprochés que n’en étaient les cimetières eux-mêmes. Remarquons encore

que les titres ne commencèrent qu’au ILI* siècle, bien que certains soient

(1) « Vos precor, o fratres, orare huc quando venitis Et precibus totis Patrem Natumque rogatis, Sit vestrae mentis Agaper carae meminisse Ut Deus omnipotens Agapes in saecula servet ». (2) TERTULL., Apolog., 71: « Quotidie obsidemur, quotidie prodimur; in 1psis plurimum coetibus et congregationibus nostris opprimimur ». (3) Motiones, Vol. I, pars 1, pag. 292 et suiv. |

antérieurs et d’autres postérieurs à cette époque, et qu’au IV° siècle on en comptait officiellement 25, qui existent toujours, excepté deux, ainsi que des souvenirs et même quelques monuments d’autres titres secondaires.

Remarquons enfin que le clergé de chaque titre avait généralement son tombeau dans les cimetières dépendant de ce titre même. Cela étant avéré, voyons comment l’on peut reconstruire les sept régions ecclésiastiques, suivant en cela l’exemple que nous donna d’abord M. de Rossi.

La première région ecclésiastique embrassait la XH° et la XIII région civiles. On déduit cela des inscriptions sépulcrales, qui nous indiquent

Figure 74. - Inscription d’un lecteur du titre de Fullonica (cimetière de $S. Calixte).

des prêtres des titres de l’Aventin (rég. XI11°), et des prêtres et des clercs du titre de Fasciolz ensevelis dans la basilique de $. Paul; des prêtres et des cleres des titres de l’Aventin (1), de Fasciola et de Balbine ensevelis dans les cimetières de Domitille et de $. Calixte. Or les deux régions civiles XII° et XIIL°, qui comprenaient la voie d’Ostie, la voie Ardéatine et le côté droit de la voie Appienne formèrent vraiment là première région ecclésiastique; le clergé des titres dut avoir ses tombeaux respectifs dans les cimetières qui y correspondaient.

La seconde région ecclésiastique renfermait la deuxième et là huitième région civile, c’est-à-dire le Caelimontium et le Forum Romanum. Nous savons en effet par le Liber pontificalis que $S. Georges-au-Vélabre et la basilique Crescentina (Vin1° rég.) étaient dans là deuxième région ecclésiastique, de même que le Caelimontium jusqu'aux en-

(1) Dans les dernières fouilles éxécutées au cimetière de $. Calixte, outre l'inscription d’un lecteur du titre de Sabine, on retrouva aussi celle d’un lecteur du titre tout à fait inconnu de Fullonices (sic).

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