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CHAPITRE VI. - LES ÉDIFICES SACRÉS

réservée au culte fut complètement isolée, et la domus ecclesiae devint la domus Dei, ou, comme on l’appela aussi, le dominicum (1). Nous ne Savons pas si à Rome il y avait des églises construites exprès pour le culte; mais nous ne pouvons douter que le Souverain Pontife, qui était officiellement reconnu au 1Irt° siècle comme le chef de la société des chrétiens, et dont on connaissait la demeure puisqu'on allait l’y prendre pour l’emprisonnèr et le mettre à mort, n’eût son logement annexé à une église. Duchesne pensa que le siège apostolique se trouvait dans la banlieue, et précisément sur la voie Appienne, et qu'il avait succédé au ILI° siècle à celui de la voie Salaria (2).

Mais le fait que la sépulture papale était établie dans le cimetière de S. Calixte, et que ceux de là voie Salaria gardent le souvenir de l’apostolat de S. Pierre ne nous autorise pas à croire qu'il y ait eu aussi en cet endroit la demeure du pontife. On ne peut apporter aucun indice monumental pour soutenir cette opinion; nous n'avons que les paroles de S. Cyprien annonçant le meurtre du pape Sixte II avec ses diacres dans le cimetière (3). Or ces paroles prouvent seulement que dans la période là plus furieuse de la persécution de Valérien, le pape se réfugia au cimetière papal de Calixte. D'ailleurs, vers la moitié du IrI° siècle, il y avait à Rome quarante-six prêtres, sept diacres, Sept sous-diacres, quarante-six acolythes, et cinquante-deux clercs inférieurs divisés en exorcistes et lecteurs (4), dont une bonne partie était attachée au service des églises urbaïines : on ne comprend donc pas pourquoi le pape aussi n'aurait pas pu avoir son siége à Rome même.

Mais, quoiqu'il en soit, il n’est resté aucune trace de ce siège, et l’on n'a en Occident aucun indice sur la forme des églises préconstantiniennes, exception faite pour les petites basiliques à trois absides du cimetière de Calixte qui ont la même forme que les cellae memoriae des tombeaux païens. En Orient, au contraire, nous pouvons parfaitement nous faire une idée de l’église préconstantinienne, par les nombreuses ruines d’églises du 1v° siècle qui nous restent en différents points de l'Asie Mineure, de la Syrie et de la Palestine (5).

(1) DUCHESNE, Origines du culte chrétien, pag. 400. (2) DUCHESNE, Histoire ancienne de l'Eglise., Tom. I, pag. 528-529.

(3) Cypr., Epist. LXXXII: « Xystum in coemeterio animadversum seiatis VIII id. Aug. et cum eo diaconos quatuor ».

(4) Epist. papae Cornelii, Euseg., Hist. eccles., VI, 46.

(5) Voir STZRYGOWSKI., Klein Asien. Leipzig, 1904. Mais par ce renvoi nous n'entendons pas approuver en tout les critériums chronologiques de l’auteur,

qui à une tendance incroyable a reculer l’antiquité des monuments de l'Orient chrétiens.

ARTICLE II. — Les églises après li paix de Constantin.

La basilique chrétienne proprement dite, telle que nous la concevons aujourd’hui, commence avec la paix de Constantin. À cette époque, il n’y à pas un évêque qui ne s'efforce de relever les murs du temple abattus par la fureur de la persécution, et plus souvent, d'en agrandir l’espace devenu trop étroit et insuffisant pour contenir le nombre toujours croissant des fidèles, ou d’élever un nouveau temple sur un terrain vierge. Constantin et S° Hélène donnèrent à cette oeuvre une

Figure 77. - Reconstitution e sections partielles du palais des Flaviens.

grande impulsion; à Rome, à Constantinople, à Antioche, à Jérusalem, l’on vit s'élever par la munificence impériale d’imposantes basiliques resplendissantes d’or, et de marbres, tandis que partout où était déposé un martyr célèbre un oratoire (martyrium) s'élevait, pour rendre l’accès plus facile aux pélerins qui accouraient vénérer son tombeau. Tout cela nous est attesté par des documents de tout genre, et les monuments qui nous restent encore le confirment de là manière la plus éloquente.

Mais ici se présentent plusieurs questions à résoudre; quel fut et comment se forma le type architectonique des basiliques ? Eurent-elles une architecture spéciale dans les diverses régions ? Quelles influences subirent leurs formes primitives, et, parmi ces influences, quelles sont celles qui prévalurent définitivement ? Nous essayerons de répondre brièvement à chacune de ces demandes.

Il paraît naturel de penser que la basilique dut ressembler beaucoup par sa forme à une habitation civile adaptée à la célébration du culte. L'église qui la remplace n’est pas autre chose. L’arrangement et l’usage

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