CHAPITRE VI. - LES ÉDIFICES SACRÉS
cérémonies du culte, et, par conséquent aussi, par les exigences liturgiques. Les basiliques de l’Afrique présentaient des caractères locaux fort sensibles. Elles manquaient surtout d’atrium et de transept; le nombre
Figure 82. - Dessin d’une basilique exécuté en mosaïque dans le pavé d’une ancienne église d'Afrique.
des nefs variait généralement d’un à sept (1), et le presbytère, la plupart du temps carré et élevé de plusieurs marches, se terminait par une abside
voûtée. Il n’y avait point de trabéation, et les colonnes, parfois vrais piliers carrés, soutenaient les arcades des voûtes.
En Asie Mineure, l’église se composait toujours de trois nefs, celle du milieu couverte d’une voûte cylindrique reposant sur des piliers à angles égaux, reliés par des colonnes intermédiaires. L’atrium manquait: il n’y avait qu'un vestibule avec un narthex, terminé par deux quadrangles sur lesquels $’élevalent deux tours.
Entre elles se trouvait la façade percée d’une fenêtre, tantôt à grand arc, tantôt géminée. L’abside était parfois carrée, de même que les deux chapelles latérales. Souvent les ares dépassaient le demi-cercle: ils prenaient
Figure 83.
alors l2 forme de fer-à-
cheval, ce qui est devenu plus tard une caractéristique de l’église de
Style mauresque (fig. 84).
(1) La basilique de Damous-el-Karita, découverte par l’illustre père Delattre était divisée en neuf nefs par huit rangs de douze piliers chacune; mais cela
paraît avoir été un exemple unique.
Peu différente de celle-ci fut la basilique syrienne, mais elle ne fut que rarement voûtée; elle semble préluder à l’église romane.
Les églises de l'Egypte ressemblaient aussi beaucoup à celles de l'Asie Mineure, et avaient des voûtes taillées en demi-tonneau et des coupoles non pas sphériques mais ovoïdeles, qui devinrent ensuite le propre du style musulman. L'usage des coupoles amena peu à peu un grand chan-
sement dans le plan des édifices religieux, à tel point qu'il dut déter-
Figure 84. - Ruine de la basilique d’Aladja (Asie Mineure).
miner un nouveau style dont nous allons parler. Les coupoles sphériques posées sur des tambours circulaires sont d’origine gréco-romaine. À Rome, où mieux que partout ailleurs on sut utiliser le plan circulaire, on en à un magnifique exemple dans le mausolée d’Agrippa (Panthéon); plusieurs des tombeaux qui flanquaient les voies consulaires paraissent avoir eu cette forme. Le goût pour ce genre de constructions ne cessa pas à la décadence de l’empire, puisque nous en trouvons encore au IV® et v° siècle; et même, un grand nombre des églises que fit élever en Orient comme en Occident la munificence de Constantin et de ses successeurs, surtout les édifices destinés à l’administration du baptême et de la confirmation eurent cette forme. Les flanes d’un sarcophage du musée de Latran offrent plusieurs exemples d’édifices à coupole et de baptistères adossés aux murs des basiliques (fig. 86); quelques archéologues croient y reconnaître le baptistère de S. Jeande-Latran lui-même, qui se présente encore aujourd’hui comme un