‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 10 sur 110 · FIG. 9. COUPE PHÉNICIENNE DE PALESTRINA · texte numérisé non relu

FIG. 9. COUPE PHÉNICIENNE DE PALESTRINA

de Chypre, à Citium, à Larnaca, à Amathonte, fabriquées de la même manière et présentant comme elles ce caractère composite, moitié assyrien, moitié égyptien, auquel on peut reconnaître les produits de rindustrie phénicienne. Celle que reproduit la figure 9

est considérée comme un des spécimens les plus curieux de l'imagerie phénicienne. On la cite souvent pour montrer les procédés de cette imagerie qui, lorsqu'elle veut développer un sujet, une journée de chasse par exemple, avec ses plaisirs et ses périls, compose, comme ici, autant de tableaux qu'il y a d'épisodes, la poursuite, le guet, la halte avec le sacrifice, la rencontre d'un singe dangereux, et le retour, mais sans encadrer aucun de ces tableaux, sans indiquer d'aucune façon le passage de l'un à l'autre. A côté de cette coupe s'en trouvait une autre qui porte une inscription phénicienne, laquelle est pour le trésor tout entier une dernière marque et une marque authentique de provenance.

Ces faits et beaucoup d'autres analogues établissent l'existence de relations commerciales entre l'Orient et l'Italie. Ces relations commencèrent à une époque reculée, le jour où les marins de Tyr et de Sidon, repoussés de l'Archipel par l'expansion croissante de la race gréco-pélasgique, se portèrent du côté de l'Occident, c'est-à-dire vers les xf et x® siècles avant notre ère. Mais elles se développèrent surtout après la fondation de Carthage (milieu du ix** siècle). A partir de cette époque on peut dire que la mer tyrrhénienne, en général toute la partie de la Méditerranée comprise entre la Sicile et l'Espagne, devint un lac phénicien. On n'y pénétrait que par surprise, tant les passages étaient bien gardés, tant les Phéniciens étaient jaloux de leurs possessions au nord-ouest de l'Afrique. Lorsqu'à la fin du vii« siècle, Néko II, roi d'Égypte, voulut atteindre ces régions enviées, il dut chercher un autre

chemin que la voie ordinaire et faire partir du golfe Arabique une expédition qui tourna autour de FAfrique, et, après un voyage de trois ans dont Hérodote recueillit la tradition, revint en Egypte par le détroit de Gibraltar. L^Italie était donc entourée d'établissements phéni-

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