‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 20 sur 110 · III. — LA PEINTURE · texte numérisé non relu

III. — LA PEINTURE

Brunn : Pittuve etrusche (Annali, j85g, p. 325 et suiv.j 1866, p. 422 et suiv.). — Helbig : Pitture cornetane [Annali, i863, p. 336 et suiv.); Pitture tarquiniesi {Ann., 1870, p. 5 et suiv.). — CoNESTABiLE : Pittuve murali... scoperte pressa Orviéto. Florence, i865. — Boissier : les Tombes étrusques de Cornéto dans la Revue des Deux Mondes, i5 août 1882.

La peinture est de tous les arts plastiques celui qui eut chez les Etrusques la plus brillante fortune, grâce aux modèles qu'offraient par milliers les céramiques importées de la Grèce, grâce aussi aux céramistes grecs établis en Etrurie, qui y apportaient des ateliers de leur pays non seulement la technique spéciale de la peinture sur vases, mais encore les traditions de la grande peinture hellénique.

Toutes les peintures qui nous restent des Étrusques sont des fresques murales qui décoraient des chambres funéraires. La plus grande partie provient de Cornéto- Tarquinies. Les nécropoles de Cervétri, de Chiusi, de Vulci, d'Orviéto et de Veies n'en ont fourni que quelques-unes.

L'âge auquel elles se rapportent n'est pas facile à déterminer, d'abord parce que nous ne trouvons dans les témoignages de l'antiquité aucun renseignement;

ensuite parce que dans la précipitation avec laquelle les fouilles ont souvent été faites, on a négligé de noter les objets découverts dans les salles peintes, objets dont quelques-uns répondaient à des dates précises et auraient pu servir d'indices chronologiques. En étudiant les peintures elles-mêmes, en les comparant entre elles, en les commentant par le peu qu'on sait de Thistoire de la peinture grecque, on est arrivé pourtant à quelques conclusions. Tout le monde reconnaît aujourd'hui que les plus anciennes fresques étrusques ne remontent pas plus haut que le v® siècle avant notre ère, et que les plus récentes ne sont pas postérieures au uf. Classées d'après leur style, elles se répartissent en trois groupes, qui correspondent à trois périodes successives : i° style archaïque; 2° style sévère; 3° style libre.

STYLE archaïque.

Les plus anciennes peintures étrusques sont celles d'une tombe de Veies découverte en 1842 par le marquis Campana. La coloration est pauvre. Sur un fond gris jaunâtre se détachent diverses nuances noires, jaunes et rouges, qui se fondent plus ou moins en un ton général bistré. Le cheval a la tête noire ainsi que l'arrière-train; le cou et le poitrail sont rouges, avec des taches jaunes. La peau des personnages est rouge foncé. Le sphinx a la poitrine rouge tachetée de blanc. Avec sa disposition par bandes horizontales et sa variété d'animaux bizarres, cette fresque a une apparence orientale. Mais le sujet -est bien étrusque^: c'est le départ de l'homme arraché de la vie par les démons funèbres

LES ARTS EN ETRURIE

et porte aux enfers par un cheval que conduit Charon»

Le contraste est étrange entre les formes invraisemblables du cheval, moitié girafe, moitié gazelle, et les proportions des hommes, qui, sans être irréprochables, sont loin d^être aussi extraordinaires.

On s'est demandé si le peintre n^avait pas pris les modèles de ses anim aux et de ses personnages sur un vase corinthien de style oriental.

Les vases de Corinthe présentent ainsi d'une part des bêtes féroces ou

monstrueuses traitées avec fantaisie et tout efflanquées, et d'autre part des figures humaines d'une silhouette encore imparfaite sans doute, mais qui témoigne déjà d'un effort naïf pour imiter la nature. La conjecture est d'autant plus vraisemblable que la tombe Gampana contenait quelques vases corinthiens.

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