‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 21 sur 110 · FI G. J3. PEINTURE DE LA TOMBE CAMPANA · texte numérisé non relu

FI G. J3. PEINTURE DE LA TOMBE CAMPANA

(Veies.)

Les briques peintes de Gervétri-Caeré (Louvre, fig. 34) sont d'un caractère moins archaïque. Le sujet, qui se continue de l'une à l'autre, est un sacrifice humain. Un génie funèbre porte une jeune fille à l'autel où l'attendent le prêtre et plusieurs guerriers. Plus loin, deux personnages, assis face à face, s'entretiennent de la victime dont l'âme voltige au-dessus de leurs têtes sous la forme d'un oiseau à tête de femme. L'un d'eux parle et l'autre, qui l'écoute àpeine, semble plongé dans une douleur muette.

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La composition est d'une grande simplicité et rappelle celle des vases grecs de style archaïque. Comme sur ces anciennes céramiques, les personnages se voient tous de profil et marchent tous les deux pieds posés à plat; les proportions sont courtes et ramassées, et les attitudes raides; les chevelures tombent en masses tres-

FIG. 34. BRIQ^UES PEINTES DE CMRÉ.

(Louvre.)

sées et régulières; les barbes sont taillées en pointe; les chairs des femmes sont blanches; tous les yeux sont figurés de face; les plis des tuniques se marquent par de petites ondulations parallèles; les corps manquent de mouvement et les visages d'expression.

Mais à côté de ces traits qui trahissent l'imitation de quelque vase grec, il y a des détails qui n'ont rien d^hellénique, des tissus à couleurs voyantes, avec des

broderies sur les bords, des maillots qu'on prendrait pour des cuirasses s'ils ne se moulaient pas si bien sur les corps, enfin des brodequins à la poulaine, qui montent presque jusqu'au genou. Le peintre a interprété le modèle grec qu'il avait sous les yeux et l'a comme habillé au goût étrusque.

Comparées aux fresques de Veies, les plaques de Caeré témoignent d'un art moins incertain. La coloration est encore terne, sombre et réduite au noir, au blanc gris, au rouge et au jaune. Mais elle est moins bizarre. Le dessin est plus ferme. On commence à indiquer les articulations : quelques traits marquent le contour de la hanche, le genou et le coude.

Les peintures de style archaïque découvertes à Cornéto et à Ghiusi offrent à peu près les mêmes caractères généraux que celles de Caeré. C'est toujours le même dessin sommaire, la même gaucherie, le même défaut de perspective, la même convention, la même pauvreté de couleur. Mais l'aspect est un peu différent. Cela tient aux proportions des figures qui sont plus élancées, et parmi lesquelles on en remarque déjà quelques-unes qui se montrent de trois quarts, la tête restant toujours de profil. Cela tient aussi aux mouvements, qui, tout en n'étant pas encore exempts de raideur, ont quelque chose de moins compassé.

La peinture qui est ici reproduite (fig. 35) provient de la grotta del Morto, à Cornéto. On y voit les apprêts d'un ensevelissement. Un homme vient d'expirer; une jeune femme lui ferme les yeux et lui voile le visage, tandis que debout au pied du lit un autre de ses parents ramène sur les jambes du défunt Fexîrémité d'une cou-

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verture. Plusieurs personnages entourent la couche funèbre et laissent éclater leur douleur, les bras levés en signe de désolation.

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