LES ARTS INDUSTRIELS
Dans une histoire complète des arts en Etrurie , il faudrait faire une large place aux arts industriels. Il faudrait successivement passer en revue : les monnaies, depuis les pièces primitives en bronze coulé, jusqu'aux pièces d'argent frappées à partir duiii^ siècle dans certaines villes d'après le système et avec les types des monnaies grecques ; — les pierres gravées, et en particulier les pierres en forme de scarabées, dont les Etrusques avaient pris la mode à l'Egypte, qu'ils employaient quelquefois comme amulettes, le plus souvent comme cachets, et qui étaient en partie importées de la Phénicie et de la Grèce, en partie fabriquées en Italie; — les
bijoux^ parmi lesquels il faudrait distinguer, au moyen d'observations de détail, les produits de Torfèvrerie phénicienne ou grecque, et ceux de Porfèvrerie étrusque; — les céramiques enfin et les bronzes.
Une pareille étude n^est pas de mise ici. Elle nous entraînerait à des développements et surtout à des discussions qui ne conviennent pas à un manuel élémentaire. Nous nous bornerons à parler de quelques industries importantes qui ont laissé beaucoup de débris et dont l'histoire ne soulève pas trop de problèmes, — des céramiques, des bronzes et des bijoux.
§ I. — CÉRAMIQUES
J. DE WiTTE : Etudes sur les vases peints, i865; Notice sur les vases peints et à reliefs du musée Napoléon III. — Birch : History of ancient pottery, iSyS. — F. Lenormant : les Vases étrusques de terre noire {Galette archéologique, année, 1879 p. 98; l'Art, 1882, p. 52 et p. 76).
C'est par la céramique que Part toscan a commencé et dans la céramique qu'il a été le plus original. L'art de pétrir l'argile et de la durcir au feu remontait en Italie à une très haute antiquité. Vers la fin de l'époque que représentent pour nous les antiquités de Villanova, il était déjà très avancé. On fabriquait des vases de dimensions et de formes variées ; on essayait d'imiter des modèles de bronze; on courbait les anses avec une certaine fantaisie; on savait donner à la terre cuite une teinte à peu près uniforme , en lustrer la surface et y
LES ARTS EN ÉTRURIE
imprimer une ornementation d^un dessin parfois compliqué. En succédant aux populations de Villanova, ou plutôt, pour être plus juste, en se mêlant avec elles, les Étrusques reçurent les traditions de cette industrie et les continuèrent. Leurs plus anciennes poteries diffèrent peu de celles que présentent les tombes villanoviennes les plus récentes. Peu à peu le travail se perfectionne. L'argile est
mieux choisie, mieux pétrie, et surtout mieux cuite. En même temps on voit poindre des formes nouvelles dont les plus remarquables sont les canopes, ÏQSYasQs à reliefs et en terre noire dits buechero^ les vases peints imités de la Grèce et les vases noirs à vernis brillant et à reliefs.