‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 37 sur 110 · I I 1. — BIJOUX · texte numérisé non relu

I I 1. — BIJOUX

Les Etrusques, aussi bien les hommes que les femmes, aimaient à porter des bijoux. Ce luxe les suivait dans la sépulture. On enfermait avec eux dans la tombe soit les parures d^or, d'argent et de pierreries qui leur avaient appartenu, soit des parures funéraires sans consistance, de simples feuilles métalliques qui n'étaient que des ombres de bijoux. Les figures sculptées sur les sarcophages sont toujours ornées comme des châsses et nous offrent Texhibition de tout ce que contenaient les écrins du défunt. C'est une profusion ridicule de diadèmes, de pendants d'oreilles, de colliers simples, doubles ou triples avec pendeloques, de chaînes et de tresses qui tombent des épaules, se croisent sur la poitrine et descendent le long des hanches, de ceintures à broche, de bracelets au-dessus du poignet et du coude, d'anneaux enfin aux deux mains et presque à tous les doigts. La mode est si forte que les graveurs des miroirs et des cistes ne peuvent se défendre d'affubler de même non seulement les déesses et les héroïnes étrusques, mais encore les dieux et les héros de la légende grecque. Vénus, Junon, Hélène sont parées comme des femmes toscanes.

De tous ces bijoux, celui qui revient le plus souvent, c'est le collier à bulles. La bulle est une sorte de capsule d'or, d'argent ou de bronze, faite de deux petites

LES ARTS EN ETRURIE

cuvettes soudées sur leurs bords. Au moyen d'une bélière on la suspendait à la chaîne d'un collier ou au cercle d'un bracelet. L'objet était de ceux auxquels on prêtait la vertu d'une amulette. Il est rare qu'un Étrusque ne porte pas au moins une bulle. Le nombre ordinaire est trois; on les entremêle quelquefois de perles et de pendeloques en forme de poire allongée. Chez les Romains la bulle se portait encore, mais unique et réservée aux enfants qui n'avaient pas atteint l'âge viril et aux triomphateurs.

Après la bulle, le bijou pour lequel les Étrusques paraissent avoir le plus de goût, c'est la chaîne. Ils en ont de toutes les formes et de toutes les dimensions, tresses doubles ou triples ; larges rubans formés de quatre ou cinq rangs de tresses parallèles et terminés par de gros fermoirs en rosaces; chaînes à anneaux, cordons de perles, de pierres ou de pendeloques. C'est un entre-croisement sans fin, qui couvre de métal le cou, les épaules, la poitrine et les hanches et qui donne l'idée d'un harnachement plutôt que d'une parure.

Les Étrusques tiennent plus à l'effet qu'au style. Ils veulent beaucoup d'or et de pierreries, quelque chose qui se voie bien et qui pèse. C'est à la masse qu'ils apprécient la valeur des bijoux. Aussi ceux qu'ils fabriquent sont-ils si différents des bijoux découverts dans les plus vieilles sépultures de Caeré, de Cornéto et de Vulci, bijoux, qui, selon toute probabilité, sont des produits de l'orfèvrerie orientale et de l'orfèvrerie hellénique. Nous sommes loin de ces œuvres délicieuses, aux combinaisons variées et compliquées, mais toujours

ii6 ARCHEOLOGIE ETRUSQUE ET ROMAINE.

délicates, où les filigranes, les chaînettes, les fleurs, les feuillages, les rosettes, les oiseaux, les Amours, mille détails enfin s^enchevêtrent sans confusion et sans que la multiplicité infinie des ornements nuise à la légèreté ou à rélégance de Tensemble.

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