CHAPITRE V
l'art romain, ses origines, les grandes périodes de son histoire.
MvLLER'Wms^hKR: Denkmaeler der alten Kunst, 1854. — Robiou et Lenormant : Chefs-d'œuvre de l'art antique, 7 vol., 1867. — Annali, Bulletino et Monumenti de l'Institut de Rome. — Revue archéologique. — A rchœologische Zeitung. — De Witte et Lenormant : Gai^ette archéologique. — O. Rayet : Monuments de l'art antique. — Giornale degli scavi di Pompei. — Notifie degli scavi di antichità publié par le ministère de l'instruction publique en Italie. — Bulletino délia commissione archeologica communale di Roma. — Mélanges d'' archéologie et d'histoire publiés par l'École française de Rome.
Uart romain a une double origine : il dérive de l'art étrusque et de Part grec. Jusque vers le nf siècle avant notre ère, Rome ne connaît guère autre chose que la civilisation étrusque. L'Etrurie est pour elle une sorte de métropole à qui elle doit tout. Quand Romulus fonde une cité surle Palatin, il en détermine Forientation et les limites suivant les rites étrusques. La nouvelle ville est gouvernée par plusieurs générations de princes étrusques , qui appellent des ingénieurs étrusques pour l'entourer de remparts et pour Fassainir par un système
ii8 ARCHÉOLOGIE ÉTRUSQUE ET ROMAINE.
de canaux et d^égouts. Des architectes étrusques lui construisent ses premiers temples et des sculpteurs étrusques en décorent les frontons. Les images de ses dieux, ses mœurs religieuses, sa science augurale, le costume de ses magistrats, ainsi que leurs faisceaux, la forme de ses maisons, les jeux de son cirque, ses combats de gladiateurs, ses meubles, sa vaisselle, ses bijoux, tout lui vient de PÉtrurie.
Après les guerres puniques, les choses changent. Tandis que FEtrurie perd son activité et s'achemine à la décadence, Rome entre en contact direct avec la Grèce. Jusque-là les Romains ont bien entrevu la civilisation grecque, mais seulement à travers la civilisation étrusque hellénisée. L'hellénisme qu'ils connaissent est un faux hellénisme, un hellénisme de contrefaçon, sans élégance et sans beauté. Tout à coup, par le hasard de leurs expéditions dans l'Italie méridionale, la Macédoine et l'Asie Mineure, ils sont amenés à voir de près la Grèce, et la Grèce non pas telle qu'elle était au temps de Périclès avec son art encore sévère 'et majestueux, mais telle que l'ont faite les conquêtes d'Alexandre et le faste oriental des dynasties macédoniennes. Tandis qu'ils parcourent en libérateurs fêtés ou qu'ils pillent en vainqueurs avides les villes que plusieurs siècles d'art ont remplies de chefs-d'œuvre, ils voient des temples comme ils n'en ont jamais vu, des portiques de marbre, des théâtres peuplés de statues et de bas-reliefs, des palais immenses, décorés de peintures et tout éclatants de meubles et de vaisselle, une richesse enfin et une élégance dont l'Etrurie ne leur a pas donné l'idée. Ce monde nouveau les enchante, et la séduction est sur eux