‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 39 sur 110 · L'ART ROMAIN · texte numérisé non relu

L'ART ROMAIN

d^autant plus puissante que toute cette magnificence répond à leurs propres instincts de luxe et de grandeur. Avec les triomphateurs, qui traînent à leur suite non seulement les dépouilles de la Grèce, mais encore tout un peuple d'artistes prisonniers, Thellénisme envahit Rome. Avant la fin de la république, il y règne en maître.

Cependant Pempreinte de la civilisation étrusque ne s'efface pas complètement. Il en reste quelque chose dans la religion, dans les mœurs et surtout dans les traditions industrielles et artistiques. Certains procédés, certaines formes sont consacrés par un long usage et persistent. Ce qui persiste aussi, c'est un goût obstiné pour tout ce qui est réel, positif, avantageux, d'un intérêt actuel et sensible, en un mot un sentiment pratique des choses que la Grèce n'a jamais eu, et que, dans sa somptuosité frivole et raffinée , le monde alexandrin ne soupçonne pas. Si incompatibles que paraissent ces deux caractères, ils finissent par s'unir, et c'est de leur combinaison que naît l'art romain, le plus pratique à la fois et le plus somptueux de tous les arts.

L'art romain commence à la fin de la république, mais ne se constitue définitivement que sous l'empire, à la faveur de la paix et de la prospérité qui succèdent aux guerres civiles. Son développement dure quatre siècles. Avant de l'étudier en détail et de passer en revue les divers monuments qui en subsistent, il faut indiquer les grandes périodes de son histoire.

La première période s'étend depuis Auguste jusqu'aux Antonins (fin du r»" siècle avant J.-C. — fin du

lao ARCHEOLOGIE ETRUSQUE ET ROMAINE.

i""" siècle après J.-C). C'est Pépoque où Part romain atteint son apogée.

La deuxième période embrasse le ii'' siècle. Elle est surtout marquée par une renaissance archaïque, provoquée par Adrien. L'art, dont la sève commence à s'épuiser, essaye de se renouveler par l'imitation du style grec classique et du style égyptien.

Avec la troisième période s'ouvre l'ère de la décadence (ni« et iv« siècles). L'art romain, déjà pauvre d'invention, d'ailleurs dénaturé par toutes sortes d'éléments orientaux, déchoit de jour en jour. Les traditions se perdent au milieu des convulsions militaires qui agitent l'empire. Il ne demeure plus qu'une routine mécanique qui elle-même s'en va insensiblement et finit par disparaître^ comme tout le reste, dans le chaos des invasions.

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