Ch. Blanc : Grammaire des arts du dessin, p
ARCHÉOL. ÉTRUSQUE 9
ijo ARCHEOLOGIE ETRUSQUE ET ROMAINE.
rence, c^esl la forme ronde. Aucun peuple n^a laissé plus de monuments sur plan circulaire ou demi-circulaire, et dans ses compositions architecturales, il est rare qu'à défaut de Tensemble, on ne trouve quelque partie de Pédifice tracée sur ce modèle. Il suffit de rappeler les amphithéâtres, les sanctuaires de Vesta, les mausolées de Cécilia Métella, d'Auguste et d'Adrien, sans compter toutes les absides rondes des basiliques, des thermes et des palais impériaux. Le type le plus célèbre et aussi le plus imposant de ce genre de construction est le Panthéon de Rome, rotonde de quarante-quatre mètres environ de diamètre, qui, par ses heureuses proportions et le détail de sa structure, peut être considérée comme le chef-d'œuvre de l'architecture romaine. Elle est surmontée d'une admirable coupole qui a inspiré à Bramante l'idée du dôme de Saint-Pierre, et le jour n'y pénètre que par une ouverture circulaire pratiquée au sommet de la voûte.
Il y avait dans le choix de la forme ronde autre chose qu'un hasard ou une mode. Elle se rattachait aux plus vieilles traditions de l'Italie et avait sans doute une signification religieuse. Les populations primitives du Latium n'en avaient pas connu d'autre pour leurs cabanes et pour leurs urnes funéraires, images de leurs habitations. La cabane de Romulus, que l'on conservait pieusement sur le Palatin, était ronde. Vesta, la plus ancienne des divinités italiques et la plus vénérée, au culte de laquelle était liée la destinée de Rome, n'était adorée que dans des sanctuaires ronds. Il était naturel que les Romains fissent entrer dans leur architecture une forme à laquelle leurs yeux étaient habitués, qui
était consacrée par des souvenirs religieux et patriotiques, et qui de plus se mariait avec les lignes courbes des arcs dont leurs monuments étaient si souvent couronnés.
La plupart des ruines romaines se reconnaissent à leur masse, qui est considérable, et si Ton vient à les mesurer, on reste confondu devant Ténormité de leurs dimensions.
D'aussi gigantesques constructions avaient leur raison d'être dans une ville qui, comme Rome, était la capitale du monde et dans laquelle s'agitait la population d'un empire.
Mais elles s'expliquent surtout par un certain sentiment de
grandeur que les Romains avaient en eux. Jamais peuple n'eut de plus hautes ambitions. De bonne heure, ils songeaient à l'avenir, élevaient des monuments dignes de leur gloire future, et, selon le mot de Montesquieu, bâtissaient la ville éternelle. Quand Funivers leur appartint, cet instinct de force et de magnificence s'exagéra. Ils eurent alors la vanité des parvenus qui se plaisent à bien asseoir leur puissance en vue de tous, à frapper les imaginations et à affirmer, par un pompeux étalage, la solidité inébranlable de leur fortune.