‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 8 sur 110 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LES ORIGINES DE LA CIVILISATION ET DE l'aRT EN ÉTRURIE.

O. MùLLER : Die Etrusker, nouvelle édition, revue par Deecke, 2 voL Stuttgart, 1877. — Noël des Vergers : VÉtrurie et les Étrusques, 1 vol., avec un atlas de planches, 1862-64. — Dennis : The cities and cemeteries of Etruria, nouvelle édition, 2 vol. Londres, 1878.

La civilisation à laquelle on a donné le nom d'étrusque est née entre le Tibre et PArno. Dans cette région accidentée, que traversent de part en part les contreforts des Apennins, sur un sol riche en métaux, au milieu de vallées nombreuses et fertiles qui s'abaissent doucement vers les plaines des Maremmes, aujourd'hui dépeuplées par la fièvre, mais alors cultivées, florissantes et ouvertes au commerce maritime, vivait le peuple

industrieux des Tyrrhéniens ou Etrusques. Ce peuple, qui avait ses traditions et ses annales, racontait quHl s^était établi en Italie plusieurs siècles avant la fondation de Rome, à une date qui correspond au xi« siècle avant notre ère. Nous n'avons pas ici à discuter ses prétentions ni à rechercher de quelle manière il prit possession du pays toscan. Il est probable qu'il se fit là, par suite de circonstances qui nous échappent, un de ces mélanges de races semblables à ceux d'où sont sortis tous les grands peuples de Phistoire. Quoi qu'il en soit, il est constant qu'à une époque très ancienne, peut-être dès le x^ siècle, les Etrusques formaient un corps de nation organisé en une sorte de confédération, laquelle comprenait douze cités. Cette confédération eut une vie politique qui se prolongea pendant sept siècles environ. Toute-puissante au centre de la Péninsule, elle étendit de proche en proche sa domination, vers le nord, où elle poussa ses conquêtes jusqu'au delà du Pô; vers le sud, où, passant le Tibre, elle occupa la Campanie; vers l'ouest enfin, où sa flotte s'empara de la Corse. Elle régna sur Rome naissante. Puis un jour vint où sa fortune déclina. Les riches cités de l'Étrurie méridionale, Tarquinies, Caere, Veies, perdirent peu à peu de leur importance au profit de Rome, devenue, grâce à sa situation géographique, grâce aussi à sa politique^, le vrai centre commercial, la capitale de la région. Bientôt la confédération dut reculer sur toutes ses frontières. Les Grecs la chassèrent de la Campanie; les Gaulois, du bassin du Pô. Resserrée dans l'Italie centrale, elle y subit les assauts de Rome et finit par succomber. Au iii*^ siècle,

après la guerre du Samnium, son rôle politique est terminé.

On comprend de quel intérêt peut être la civilisation d'un peuple qui a tenu dans l'histoire de Pltalie une place aussi considérable. Or cette civilisation, nous Pavons sous les yeux : elle a laissé un grand nombre de débris. Les vallées où elle a jadis fleuri, inhabitées depuis le jour où la paix romaine y a fait la solitude, ont conservé presque intactes les traces du passé. Chaque jour amène de nouvelles découvertes dans les nécropoles de Vulci, de Chiusi, de Cornéto, de Cervétri, et je ne cite que les principales.

Quels sont donc les caractères de la civilisation étrusque? Quelles causes, quelles influences ont contribué à la former? Une chose frappe tout d'abord, c'est que cette civilisation n'a rien de commun avec celle de Villanova. En passant de l'une à l'autre on se trouve en présence d'autres mœurs, d'une autre industrie. Disposition de la sépulture, mobilier funéraire, forme des objets, motifs d'ornementation, tout est différent. Deux influences en particulier se découvrent, dont les antiquités villanoviennes ne portent aucune marque, l'influence asiatique et l'influence hellénique. L'art étrusque n'est qu'une combinaison plus ou moins originale d'éléments pris les uns à l'Orient et les autres à la Grèce, jusqu'au jour où ceux-ci l'emportant éliminent presque complètement les autres.

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