AMOURS VENDANGEURS
( Peinture de Pompéi.)
est petit autour d'eux. Ils ont de petits chevaux, de petits chars, de petits bateaux; ils attellent des chevreaux, des papillons, des colombes. C'est l'image en raccourci de la vie humaine, mais l'image idéalisée.
La banalité des scènes les plus vulgaires est relevée par la gentillesse
représentent surtout des scènes empruntées à la vie populaire. Ils nous montrent les mœurs de la rue , les charlatans, les danseurs de corde, les portefaix, les cavaliers et les charretiers, les jeux des gamins, les conversations des promeneurs oisifs. Ils nous font pénétrer dans les théâtres de tragédie et de comédie, dans les cirques, dans les boutiques. Nous voyons à Pœuvre tous les métiers :
le foulon qui blanchit les toges, le boulanger qui vend son pain, le maçon qui étale son mortier sur un mur (fig. 109).
Les tableaux de paysage ne manquent pas dans la peinture impériale. Les anciens n'étaient pas aussi insensibles qu'on le croit souvent aux charmes de la nature On sait avec quel bonheur ils choisissaient remplacement de leurs maisons de campagne : il n'y a guère dans le monde d'horizons pareils à ceux dont jouissaient les innombrables villas du golfe de Naples. Mais si les Romains aimaient la nature, ils l'aimaient autrement que nous, et par suite la représentaient d'une autre manière. Nous autres modernes, nous cherchons surtout dans la nature l'écho de nos propres sentiments, de nos tristesses et de nos joies; nous goûtons les paysages qui font penser ou
ARCHÉOL. ÉTRUoQUE. 17
2s8 ARCHEOLOGIE ETRUSQUE ET ROMAINE.
rêver; nous demandons aux peintres qu^ils nous laissent entrevoir Pâme des champs, des ruisseaux et des bois. Les anciens se contentaient, en général, de considérer la nature comme un beau décor, sur lequel ils reposaient leurs yeux. Aussi leurs tableaux de paysage ne sont-ils guère que des vues agréables, mais insignifiantes : des champs, des prés avec leurs troupeaux, un
sanctuaire entouré d^arbres, un parc avec des cascades, un village, une ville dont les quartiers s^étagent en amphithéâtre, un port avec ses magasins, ses môles et tout le mouvement de son commerce, une villa au bord de la mer, un coin de jardin avec une mare où s^ébattent des canards, quelques joncs et sur un arbre un perroquet. Parfois, c'est un paysage exotique, imité des peintures égyptiennes, une vue du Nil, par exemple, avec des temples et des maisons d'une architecture bizarre, des marécages peuplés de crocodiles et