LA MOSAÏQUE
Gerspach : La Mosaïque. Paris, Quantin, 1881.
L'art, inventé par les Grecs, d'assembler de petits cubes multicolores de pierre ou de verre pour en composer des dessins fut d'assez bonne heure pratiqué par les Romains. Au ii" siècle avant notre ère, Lucilius en parle comme d'une chose connue. Mais l'emploi n'en devint tout à fait courant qu'à la fin de la république et au commencement de l'empire. A partir de cette époque, les architectes ne cessèrent d'en faire usage pour la décoration des édifices publics et privés. On s'en servait pour couvrir d'un revêtement à la fois solide, léger et brillant^ la nudité des colonnes, des parois, des plafonds, des voûtes, mais surtout pour varier l'uniformité des pavements. Les mosaïques de pavement étaient les plus étendues et les plus belles. Ce sont à peu près les seules qui nous aient été conservées.
Les plus simples étaient en deux couleurs seulement, blanc et noir. Le sujet en était ordinairement peu compliqué et ne comportait guère un grand nombre
LA mosaïque.
de figures. J^en donne ici un spécimen emprunté au vestibule d^une maison de Pompéi : le chien de garde aboie au visiteur qui entre.
Les mosaïstes romains s^en tenaient rarement à ces deux couleurs élémentaires. Les marbres précieux que Rome faisait venir à grands frais de tous les points du monde pour les besoins de ses constructionsleuroffraient une riche variété de couleurs et jusqu^aux nuances les plus délicates.
L^emploi de ces ressources nouvelles, combiné avec Pemploi des pâtes de verre coloré donna naissance à un genre de mosaïques beaucoup plus éclatant, qui devint fort à la mode surtout vers le temps d'Adrien et dont il subsiste dans les musées d''Europe un grand nombre d^exemples. Elles sont de deux sortes, ornementales ou pittoresques.
Les mosaïques ornementales se composent uniquement de dessins géométriques dont l'apparence rappelle celle d'un tapis. Ce sont de larges bandes formées de torsades, de tresses, d'entrelacs, de feuillages enca-
Fi G. 113.