‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 94 sur 110 · I. Il équivaut à 25 deniers d'argent ou 100 sesterces · texte numérisé non relu

I. Il équivaut à 25 deniers d'argent ou 100 sesterces

27(î ARCHEOLOGIE ETRUSQUE ET ROMAINE.

des Flaviens, Fusage s'établit de frapper des pièces au nom et à Peffigie de l'héritier présomptif, du César. Plus tard, sous les Antonins, les portraits de femmes paraissent sur les monnaies. L'ensemble de ces types est curieux pour l'histoire de l'iconographie romaine. Mais ce qui est surtout intéressant dans les monnaies impériales, en particulier dans les bronzes, ce sont les revers. Ils nous présentent en une série de petites compositions une sorte de journal de la politique impériale. Ils font allusion à l'événement du jour, à la promulgation d'une loi, à un voyage de l'empereur, au succès de ses armées, à ses traités de paix, à une remise d'impôts, à une distribution d'argent ou de vivres. Ici, c'est une femme avec

REVERS D'uNBRONZE

DE NERVA. ^^^^ corne d'abondance^ symbole

de la prospérité de l'empire, avec la légende Securitas sœculi. Là, c'est une nation vaincue qui pleure auprès d'un trophée ou un char de triomphe escorté de prisonniers. Sur un bronze de Nerva on remarque deux mules paissant, souvenir d'un décret bienfaisant qui avait délivré les populations de l'Italie de l'obligation de fournir, sur réquisition, des moyens de transport au service de l'État (hg. 121). A partir des Flaviens, les revers des monnaies se rapportent souvent à de grandes constructions. Un bronze de Titus montre le Colisée vu à vol d'oiseau; un bronze de Trajan offre l'image de la basilique Ulpia. A l'époque d'Adrien, l'empereur artiste, certaines oeuvres

de la sculpture sont reproduites, par exemple, des statues d'Hercule, de Jupiter et d'Esculape. Au iir et au iv« siècle, les figures mythologiques sont nombreuses et comme, en ces temps de confusion et de compétitions militaires, les empereurs sont souvent les empereurs d'une province, les médailles nous font connaître la mythologie de cette province.

La belle époque, pour les monnaies impériales, est celle qui va d'Auguste aux Antonins. Elle correspond à l'apogée de la plastique romaine. Les têtes gravées au droit des pièces sont d'un beau style. On y retrouve toutes les qualités des bustes contemporains : même sûreté , même finesse d'exécutidn, même vérité de modelé,

' ' FIG. 122. LE COLISEE.

même recherche heureuse delà (Sur un bronze de Titus.) physionomie individuelle, mais

sans inutiles exagérations de détail. Les revers, quoique d'une facture moins soignée, sont nets. Après les Antonins, la pureté du style s^'altère. La gravure est négligée. Le dessin devient lourd et incorrect, le relief presque plat et sans nuances, le modelé à peu près insignifiant. Les traits du visage sont à peine indiqués, mais en revanche on n'oublie pas de marquer les boucles des cheveux et les poils de la barbe, comme aussi de creuser un petit trou à l'endroit des pupilles. Ce n'est plus guère qu'aux détails de leur coiffure qu'on reconnaît les portraits des empereurs. Quant aux revers, ils sont de moins en moins distincts. Vers les in^ et

IV* siècles, la décadence se précipite. Sans les légendes, il serait souvent impossible de se rendre compte du sens des types. La gravure en médailles est retombée dans Penfance, en même temps que la sculpture. On n^est pas loin des monnaies barbares que frapperont les empereurs byzantins.

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