‹ Manuel d'archeologie etrusque et romaineChapitre 95 sur 110 · IV. LES MÉDAILLONS · texte numérisé non relu

IV. LES MÉDAILLONS

Les pièces qui nous restent de Pépoque impériale Quêtaient pas toutes des monnaies au sens propre de ce mot, c^est-à-dire qu^elles n'étaient pas toutes destinées à servir d^espèces circulantes. A partir d^Adrien, on en rencontre qui correspondent à ce que nous appelons des médailles. On les désigne en numismatique sous le nom de médaillons. Leurs dimensions dépassent celles des monnaies ordinaires; ils sont plus épais, d^un diamètre plus grand et leurs légendes sont gravées €11 lettres plus grosses. Mais ce qui les distingue surtout, c^est leur exécution soignée et la finesse de leur relief.

Leurs types sont à peu près les mêmes que ceux des monnaies. Ils sont seulement moins variés et d^un caractère moins historique. Parmi ceux qui reviennent le plus souvent, on remarque les scènes de Vadlocutio ad cohortes, du congiarium, du donativum, c^est-à-dire les allusions aux discours et aux libéralités de joyeux avènement, ainsi que les allégories relatives à la prospérité de Pempire, comme, par exemple, les quatre Sai-

sons. Sous Antonin, lors du neuvième centenaire de la fondation de Rome, les types sont comme des illustrations populaires des légendes nationales : on y voit la cabane de Romulus, Evandre, Ene'e, Horatius Coclès.

Les circonstances dans lesquelles les médaillons étaient frappés ne sont pas bien connues. On croit que ceux d^or et d^argent étaient faits sur Tordre de Fempereur pour être distribués en son nom, comme cadeaux officiels et comme marques de sa faveur, soit aux princes alliés, soit aux grands personnages de Fempire, soit aux légions. Ceux d^or sont souvent munis d^ne bélière qui permettait de les porter au cou comme une décoration. Quant aux médail- fi g. 123 Ions de bronze, ils étaient frappés par le sénat, comme un hommage à Fempereur, à Foccasion de certaines cir- , ^

' de Commode.)

constances solennelles, en particulier à Foccasion des vœux publics que Fon faisait tous les ans, le troisième jour des calendes de janvier, pour la santé du prince et de sa famille. Ils ne portent jamais les deux lettres S. C. [senatus consulto] qui caractérisent les bronzes ayant cours. Quelques-uns sont entourés d^une sorte d'anneau, en bronze aussi, mais en bronze fondu et ciselé, non frappé. Ainsi montés, ils servaient à décorer les enseignes militaires.

Au iv« siècle, à l'époque de Constantin, apparaît une catégorie toute spéciale de médaillons, les médaillons

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