‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 115 sur 157 · Cette couleur noire a pour base l'oxyde de fer · texte numérisé non relu

Cette couleur noire a pour base l'oxyde de fer

des vêtements, les traits du visage etc., sont ensuite dessinés avec une pointe sèche qui attaque la teinte noire, et fait reparaître la couleur de Targile. C'est le procédé le plus ancien; il est appliqué sur les vases de style archaïque.

Quand les vases sont ornés de figures rouges sur fond noir, la technique est très différente. L'esquisse était reprise avec un pinceau fin chargé de couleur noire; puis l'artiste, à l'aide d'un pinceau plus épais, entourait ces contours d'une large teinte plate, qui servait à les isoler, et revêtait ensuite d'une couverte noire tout le fond du vase; les détails des figures, ainsi réservées sur la couleur rouge de la terre, étaient alors dessinés au pinceau fin, en lignes d'une singulière ténuité.

Le noir n'était pas la seule couleur employée; on se servait de couleurs de retouche, blanc, rouge violacé, pour rehausser les détails des figures noires. Plus tard, les peintures polychromes sont fort en faveur, surtout aux iv« et in« siècles ; on ajoute même aux vases les plus soignés des dorures qui relèvent encore la richesse des peintures, où le bleu, le vert, le jaune clair, le brunrouge sont prodigués. Enfin, certains vases, en particulier les lékythos de fabrication athénienne, sont revêtus d'une couverte blanche, polie avec soin, qui se prête au travail du pinceau.

Les inscriptions qui accompagnent les personnages, ou qui relatent les noms des artistes céramistes, sont tracées au pinceau, soit avec le noir brillant employé pour les figures, soit avec les couleurs de retouche; quelquefois elles sont gravées à la pointe sèche, à la manière des graffiti.

On voit que la fabrication des vases exige un double travail : celui du potier, et celui du dessinateur et du peintre. Cette collaboration est attestée par les signatures d'artistes lues sur les vases*. C'est ainsi que l'un des plus beaux vases à figures noires qui soient connus, le Vase François, de la galerie de Florence, porte la double signature du fabricant Ergotimos, et du dessinateur Clitias,« '£pp'ri[/.oç Èiroîïidev, KXtn'a; lA'éYyaiî/s^. » Le verbe èTtcîriasv désigne le plus souvent le travail du modeleur, qui a donné au vase sa forme élégante, et le mot Epya'î'E celui de Fartiste qui Ta couvert de figures dessinées et peintes '. Quelquefois le fabricant est en même temps dessinateur; dans ce cas, il fait suivre son nom de la formule, eYpa<J;ev «al èiTotr,(jev. Ces signatures méritent d'être recueillies avec grand soin ; elles sont un des éléments de l'étude des céramiques.

Il n'est pas facile de déterminer la part d'invention qui revenait au dessinateur dans la décoration du vase; à coup sûr, il n'emplovait ni poncif ni calque ; les esquisses dont on a reconnu la trace indiquent les tâtonnements de l'artiste qui cherche les contours de ses personnages. Mais copiait-il un modèle? On admet que des tableaux de peintres célèbres ont pu être reproduits par les céramistes ; il est encore fort vraisemblable que

1. Voir de Witte : Noms des fabricants et dessinateurs de vases peints, 1848, cf. Klein, Griech. Vasen mit Mcistersign.

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