QUATRIÈME PÉRIODE
LA SCULPTURE DEPUIS l'oLYMPIADE LXXX (460)
jusqu'à l'olympiade xcvi (Sgô)
§ I. KALAMIS ET MYRON
Cest en Attique et dans le Péloponèse que la sculpture atteint son plus haut degré de perfection pendant la courte et brillante période qui sépare les guerres médiques des premières années du iv° siècle. A Athènes, le nom de Phidias domine tous les autres, et on s'est accoutumé à le considérer comme le chef incontesté de Pécole attique. Toutefois, il ne faut pas oublier qu'à côté de lui vivaient des artistes qui ont conservé leur style personnel et leur génie. L'art grec des beaux temps reste libre et varié, il ne se plie pas à des formules d'école; et plus on connaît cet admirable v« siècle, qui a produit les œuvres capitales de la sculpture, plus on se convainc que l'art grec a puisé sa force dans une entière liberbé.
LA SCULPTURE. i+j
Pour avoir une juste ide'e de l'école attique dans la seconde moitié du v" siècle, on doit faire une place aux maîtres qui se ressentent encore des vieilles traditions; les plus importants sont Kalamis et Myron. La période de la plus grande activité deKalamis s'étend de Polympiade lxxv à Tolympiade Lxxxvn ; il a donc été contemporain de Phidias. Comme les vieux maîtres, dont il procède, il aborde toutes les parties de la plastique : groupes de bronze, statues colossales, figures de dieux, de personnages, d'animaux, son oeuvre comprend tous les genres : il excellait surtout dans les figures d'animaux, témoin les deux chevaux de course ()csXr,te?î:r7rût), montés par des enfants, qu'on admirait à Olympie. Pline parle de sa statue colossale d'Apollon, à ApoUonie du Pont, comme d'un chef-d'œuvre d'audace. Les anciens louaient fort une statue connue sous le nom de Sosafidra, où l'on a reconnu soit une Aphrodite Pandémos, soit l'Aphrodite dédiée par un Athénien à la sortie de l'Acropole : Lucien vante « son sourire auguste et discret* », l'agencement harmonieux et élégant de son costume ; on n'y reprenait qu'un peu de dureté, et on comparait le style de Kalamis à celui de Lysias « pour le soin et la grâce- ». Ce sont là les qualités et les défauts de l'ancienne école attique. Kalamis avait fait pour les Tanagréens un Hermès Criophore (portant un bélier sur ses épaules), qui est reproduit sur une monnaie de bronze de Tanagra; grâce à cette indication, on a pu reconnaître des copies de l'Hermès de Kalamis dans une