‹ Manuel d'archéologie grecqueChapitre 79 sur 157 · V. LA SCULPTURE DANS LE PÉLOPONÈSE · texte numérisé non relu

V. LA SCULPTURE DANS LE PÉLOPONÈSE

LES MARBRES d'oLYMPIE

Nous revenons à Te'poque de Phidias pour suivre dans le Péloponèse le développement de la sculpture au milieu du v« siècle. Des fouilles récentes en ont complètement renouvelé Phistoire; et les curieux marbres trouvés à Olympie nous ont révélé une école presque inconnue jusqu'alors.

C'est dans la vallée de PAlphée, au confluent de ce fleuve avec le Cladéos, que s'élevait, au pied du mont Cronios, le temple dorique de Zeus Olympien, commencé vers l'année 480, et terminé peut-être vers 457. Près de là, le temple d'Héra, le Métroôn, les Trésors bâtis par les villes grecques, tout l'ensemble' des édifices qui faisaient d'Olympie une cité sainte et sacerdotale, et surtout, confinant au temple de Zeus, le bois sacré de l'Altis, avec les innombrables statues qu'y avait consacrées la piété des Grecs. On savait que les empereurs païens avaient puisé largement à ce trésor d'œuvres d'art, et que Constantin et Théodose avaient achevé de dépouiller Olympie ciu profit de Constantinople. Au moins pouvait-on espérer retrouver la décoration sculpturale des édifices, recouverts peu à peu par les alluvions de l'Alphée. En i83i, l'expédition française de Morée commença des fouilles trop tôt

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interrompues, et qui déblayèrent une partie du temple^ L'œuvre tut reprise par le gouvernement allemand, et les campagnes de fouilles qui se sont succédé depuis 1875 n"'ont pas cessé d'être fécondes 2. On possède aujourd'hui dans le musée établi à Olympie, au pied du Cronios, une notable partie des marbres qui décoraient le temple; ils y sont conservés avec une riche série de fragments de toute nature et d'inscriptions.

Les descriptions sèches, mais précises, de Pausanias font connaître les sujets figurés sur les diverses parties de l'édifice. Les métopes, au nombre de douze, représentaient les travaux d'Héraklès, et étaient placées sous la colonnade, au-dessus des portes du pronaos et» de l'opisthodome. Déjà l'expédition de Morée avait découvert deux magnifiques fragments de métopes, qui sont au Louvre ^. La plus belle, celle d'Héraklès domptant le taureau de Crète, est d'une facture puissante et sobre; les cheveux, la barbe, sont traités par masses; le modelé des chairs est ferme, et les lignes du groupe sont hardiment jetées. La seconde, où Athéna assise regarde la lutte du héros contre les oiseaux Stymphaliens, offre, quoique à un degré moindre, les mêmes caractères. Les fouilles allemandes ont amené la découverte d'un grand nombre de fragments de métopes, qui ont d'abord com-

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