Dubois et Abel Blouet dirigeaient les fouilles
2. Les fouilles ont été accomplies, sous la haute direction de M. Curtius, par MM. Botticher, Adler, Hirschfeld et G.Treu. Voir: Ausgrabungen ans Olympia, Berlin, avec les reproductions photographiques. Cf. Overbcck : Griech. Plastik, 3* édit.
3. Les fouilles de Dubois et Blouet ont aussi mis au jour des fragments, dont le plus important est le lion de Ncmée.
LA SCULPTURr.
piété les métopes du Louvre, et nous ont rendu en partie les autres scènes des travaux d'Héraklès: les luttes
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du héros contre le lion de Némée, THydre de Lerne, Géryon, le sanglier d^Erymanthe, etc.* Celle que nous
I. On jugera mieux encore de l'importance de ces découvertes,
reproduisons ici montre Héraklès assisté d'une des Hespérides et soutenant le monde sur ses épaules, tandis qu'Atlas lui présente les pommes d'or des Hespérides. Avec des qualités fort réelles, le style des métopes n'est pas encore dégagé de l'archaïsme; les attitudes des personnages, l'exécution des draperies, accusent une date antérieure à celle des métopes du Parthénon. Il est fort probable qu'elles sont l'œuvre d'artistes péloponésiens, employés par Libon pour la décoration du temple ; car faisant corps avec l'édifice, elles ont dû être exécutées en même temps, avant l'arrivée des maîtres athéniens qui ont travaillé à Olympie. C'est à peine une hypothèse que d'en placer la date un peu avant les sculptures du Théséion.
Les métopes sont l'œuvre de maîtres inconnus; mais la tradition d'Olympie avait conservé des noms pour les frontons. Pausanias avait pris soin de noter que le fronton oriental était l'œuvre de Pœonios, né en Thrace, à Mendé sur l'Hèbre, colonie des Ioniens d'Asie. Resté à Olympie après la mort de Phidias, il fut chargé, au concours, d'exécuter les acrotères du temple, c'est-à-dire la Niké dorée qui le surmontait, et les deux grands vases des extrémités (de 480 à 422). Il vivait encore à Olympie quand les Messéniens, après l'affaire de Sphactérie, lui commandèrent une statue de Niké qu'on a retrouvée dans les fouilles, avec l'inscription de la base*.
quand le travail de reconstitution des métopes, dirigé par M. Treu, sera complètement terminé. Voir la brochure qui sert de guide aux visiteurs du musée des moulages d'Olympie, à Berlin : Die abgilsse der in Olympia aiisgegrabenen Bildwerke. 1880.
I. « Les Messéniens et les Naupactiens ont consacré cette sta-
Le corps, d\me allure hardie, se porte en avant, des»
periegoi par le vent. Cest Tœuvre d\ui maître plein de fougue,
tue à Zeus d'Olympie, comme dîme du butin pris à l'ennemi. Paeonios de Mendé l'a faite, et pour les acrotères placés sur le temple, il a remporté le prix. »
épris de la réalité vivante, et qui a échappé à toute influence d'école. Ses qualités s'opposent franchement à celles de l'école attique. Paeonios nous apparaît comme le représentant le plus libre et le plus personnel de l'art péloponésien ; il nous révèle une fois de plus l'étonnante liberté du génie grec à l'époque de la perfection, en même temps qu'il nous fait mieux connaître les qualités des maîtres du Péloponèse, dont Phidias fut l'élève. Il nous explique un côté du génie de Phidias, celui qui dépasse les limites un peu étroites de la tradition attique.
Le fronton oriental représentait Pélops se préparant à lutter contre Œnomaos dans la course de chars que le roi de Pise impose à tous les prétendants de sa fille, et où Pélops sera vainqueur. Les deux adversaires et leur suite forment deux groupes séparés par Zeus, juge du combat, qui se tient debout au milieu du fronton. A droite, Pélops et Hippodamie, son écuyer Sphairos avec quatre chevaux, deux serviteurs assis, et le fleuve Alphée couché dans l'angle ; à gauche, Œnomaos, sa femme Stéropé, son cocher Myrtilos et les chevaux de l'attelage, un serviteur, une jeune fille, et la figure du fleuve Cladéos. On retrouve ici les conditions de parallélisme absolu qui s'imposaient pour la composition du fronton, et les attitudes assises ou couchées, qui permettent aux personnages de s'agencer suivant les exigences de l'espace triangulaire dessiné par le tympan. Les figures principales, telles que les fouilles les ont rendues, sont fort mutilées. On s'accorde pourtant à reconnaître dans de superbes fragments le torse puissant de Zeus, la figure de Pélops debout, d'une fière tournure, Hippodamie,
LA SCULPTURE. i/T
vêtue du large péplos dorien, aux plis épais et droits. Les personnages secondaires sont mieux conservés : un des serviteurs de Pélops, accroupi, et le cocher de Pélops, agenouillé, sont presque intacts, dans des poses à la fois naturelles et sculpturales ; on peut aussi identifier les figures d^angles : TAlphée et le Gladéos. Le premier, accoudé, semble regarder les apprêts de la lutte; le modelé du corps est doux, les formes peu accusées. Au contraire, dans l'exécution du Gladéos les formes sont énergiquement rendues, et dans la saillie des muscles tendus, dans la fermeté des contours, on sent Fénergie d'un ciseau puissant. Nous reproduisons ici la figure d'un vieillard assis, sans doute un des serviteurs de Pélops. La tête est droite, elle regarde en avant. Il y a peu de monuments de Tart grec où le sentiment de la vie réelle éclate avec plus d'intensité; l'artiste n'a pas reculé devant certains détails pris sur le vif : le crâne dénudé, le front ridé, l'expression humble et soumise. La facture de tous ces morceaux est rapide et énergique, avec des négligences frappantes. Ainsi le revers de certaines statues est complètement fruste; il semble qu'on ait travaillé en toute hâte, le temps pressant. Mais le style de ces marbres permet-il d'attribuer réellement le fronton oriental à Paeonios? Il est difficile de ne pas remarquer des différences profondes entre ces sculptures et la Niké, (cuvre authentique du maître. L'art du fronton oriental est encore rude, et inférieur à celui de la Niké. Pour mettre d'accord le témoignage de Pausanias et celui des marbres, on est conduit à choisir entre plu-i sieurs solutions, dont la plus vraisemblable nous paraît la suivante : le fronton aurait été exécuté, d'après les
dessins de Paeonios, par des artistes éléens donc le talent était fort inégal.
Le même problème se pose à propos du fronton occidental, que la tradition d'Olympie, conservée par