CINQUIÈME PÉRIODE
jusqu'au temps d'alexandre DE l'olympiade xcvi (Sqô) a l'olympiade cxx (292)
Le iv^ siècle ressemble fort peu au v*. A un siècle de foi et de croyance succède une période de scepticisme; la dignité sévère, le sérieux de Tancien art grec vont faire place à un goût plus sensuel. Au V siècle, Tart est avant tout religieux. Si, dans la création des types divins, il s^inspire de la forme réelle, c'est pour la mettre au service d'une conception supérieure de la beauté; les dieux ont la figure des hommes, mais la plus belle possible. Le iv« siècle humanise les types des divinités; il fait descendre l'Olympe sur terre et lui fait partager les passions humaines; l'art devient plus intime et se dégage de la tradition religieuse pour chercher dans la vie réelle le caractère individuel et personnel. Déjà, à la fin de la période précédente, Callimaque mérite le surnom de xaTaTïi$îT£5^voî pour ses raffinements; et Démétrios
i88 MANUEL D'ARCHEOLOGIE GRECQUE.
rAthénien pousse la recherche du re'alisme à un tel point que Lucien le nommait « faiseur d'hommes, (àv8pwiroiroi6ç) et non Statuaire » (àvSpiavxoTtoto;) . Le rhéteur de Samosate décrit ainsi une de ses œuvres : « N'as-tu pas vu auprès du ruisseau une statue au ventre proéminent, à la tête chauve, à demi nue, dont la barbe rare paraît agitée par le vent, dont les veines ressortent, semblable à un individu? C'est Pellichos, le général corinthien. »
C'est surtout dans l'école attique et dans celle de Paros que se marque le mieux ce goût pour l'expression de sentiments plus vifs et plus personnels; et les plus brillants représentants de l'école nouvelle sont deux maîtres à peu près contemporains, Soopas et Praxitèle.