FRAGMENT DE LA FRISE DO MAUSOLEE D ' H A 1 1 C A R N A SS E
(Musée Britannique.)
Centaures et des courses de chars, n'offrent qu'un petit nombre de fragments. Le style est fort inégal; il accuse surtout une certaine affectation de mouvements violents, d'attitudes recherchées, qui font ressembler ces frises à celles de Phigalie, plutôt qu'aux marbres du Parthénon. En même temps, les proportions des figures sont allongées, et les draperies mouvementées leur donnent une grande vivacité d'allures. Scopasa certainement mis la main à ces marbres ; mais il faut sans doute chercher
I. La plus grande partie est au musée Britannique; il y en a un fragment à Gênes, à la villa di Ncgro»
son style dans des morceaux plus importants, comme un fragment de groupe du soubassement et deux statues colossales, celles de Mausole et d'Artémise. Le roi carien est figuré comme dans une apothéose, et sa tête, à la chevelure épaisse, trahit une curieuse recherche de naturalisme barbare.
Les figures du Mausolée donnent une singulière précision à l'idée qu'on peut se faire du style de Scopas. Aussi convient-il de rattacher à son école une œuvre qui offre une certaine parenté avec les marbres d'Halicarnasse; c'est la Victoire trouvée dans l'île de Samothrace, que possède le Louvre. Elle surmontait un exvoto en forme de proue de trière, consacré par Démétrius en souvenir de la victoire navale gagnée sur Ptolémée, dans les parages de l'île (3o6). Tenant une trompette d'une main et de l'autre la croix de bois qui servait à soutenir les trophées, elle s'avançait fièrement, les ailes ouvertes, comme prête à prendre son vol. Si l'œuvre n'est pas de Scopas, elle est d'un de ses élèves, et l'on y retrouve le souci de l'expression, le goût pour le mouvement, pour les draperies agitées par le vent, qui caractérisent la manière du sculpteur parien.