II. PRAXITÈLE
D'après Vitruve, Praxitèle aurait travaillé avec Scopas aux sculptures du Mausolée; il débutait donc vers 35/, et la date que donne Pline (olympiade civ, 364) indiquerait le moment où Praxitèle était à l'apogée de
LA SCULPTURE. ip,
son talent. Sans discuter des témoignages contradictoires, on peut admettre que la principale période d'activité de Praxitèle s'étend de 36o à 340. Une inscription de Thespies, que Boeckh croit relative au grand statuaire, le fait naître à Athènes, et ses fils Képhisodote et Timarkhos étaient Athéniens. On sait d'ailleurs que Praxitèle vécut à Athènes, et ses relations avec la courtisane Phryné/ qui lui servit de modèle, sont bien connues.
Parmi les sculpteurs de l'école attique au iv« siècle, Praxitèle est celui qui représente le mieux l'esprit nouveau. La gravité sévère des vieilles écoles doriennes est abandonnée, et l'art se plaît aux sujets gracieux qui éveillent des sentiments plus intimes. Il serait injuste de prononcer le mot de décadence : c'est une évolution dans l'art grec, et à aucun moment le génie hellénique n'a plus brillamment développé ses exquises qualités de délicatesse. C'est le moment où les coroplastes de Tanagra modèlent leurs ligurines d'une exécution si spirituelle; où les céramistes d'Athènes décorent d'élégantes peintures les chefs-d'œuvre de la céramique ; où, dans la sculpture, Praxitèle et son école conçoivent tous ces types charmants de déesses, de jeunes satyres, qui conduisent la sculpture à rechercher surtout la grâce et la délicatesse des formes.
On ne cite pas moins de quarante-six groupes ou statues exécutés par Praxitèle; l'énumération de ces œuVres ne saurait trouver place ici ; nous nous bornerons à celles dont les copies nous sont parvenues. D'un commun accord, l'antiquité reconnaissait que Praxitèle avait créé le type d'Aphrodite, dans sa célèbre statue de