I. Antholog. Planud. IV, iSg
PIC. 63. APOLLON SAUROCTON
(Musée du Louvre.)
iç6 MANUEL D'ARCHÉOLOGIE GRECQUE.
ception nouvelle. Si Scopas, dans son Apollon Musagète, avait représenté le dieu inspiré, le beau jeune homme de Praxitèle, aux formes élancées et fines i, a toute la grâce de Péphèbe athénien. Praxitèle s'était inspiré aussi des légendes du cycle de Dionysos et avait traité avec prédilection ces figures de faunes rieurs et de satyres enivrés qui forment le cortège du dieu ; peut-être doit-on reconnaître une copie de son Faune périboétos dans la charmante figure du Musée Capitolin, où un jeune satyre, vêtu de la nébride, s'accoude nonchalamment sur un tronc d'arbre-.
Nous n'avons Jusqu'ici mentionné que des répliques. Les fouilles d'Olympie ont mis au Jour une œuvre originale de Praxitèle ; c'est le groupe d'Hermès portant Dionysos enfant, qui était consacré dans l'Héraion d'Olympie, marbre d'un travail exquis, où apparaît toute la grâce du maître athénien. Le dieu est figuré sous les traits d'un Jeune homme aux formes élégantes, et, dans son visage à demi-souriant, incliné vers le petit Dionysos, il semble qu'on trouve une finesse d'expression inconnue Jusque-là dans la statuaire hellénique^.
On peut juger par cette revue rapide de l'esprit qui inspire la sculpture attique. Les représentations d'athlètes sont abandonnées; c'est à peine si, dans tout l'œuvre de Praxitèle, on trouve quelques sujets empruntés à la vie réelle, comme le guerrier près de son cheval qu'on voyait au Céramique extérieur. En revanche, les cycles des divinités féminines ou des dieux