E. Müntz, la Tapisserie, p
LES ARTS INDUSTRIELS
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tantes, probablement aussi de rondachesen métal, peutêtre en argent ou en or.
§ V. — Les bijoux et les cylindres.
Les fouilles de la Chaldée et de l’Assyrie n’ont, jusqu’à ce jour, presque pas livré de bijoux d’or ou d’argent. Cependant, nous savons par les inscriptions que ces métaux figuraient au premier rang et en abondance parmi les objets de parure des Ninivites et des Babyloniens. Les tombes de la Chaldée primitive renfermaient des bracelets et des pendants d’oreilles en bronze, de la forme la plus simple. Ce sont des boudins circulaires, amincis parfois aux deux bouts, qui se terminent l’un et l’autre en pointe. A Khorsabad, Botta a recueilli des colliers formés de pierres précieuses percées, ayant une forme sphéroïdale ou allongés en grains d’olive; ces billes de marbre, jaspe, calcédoine, améthyste, lapis-lazuli, étaient parfois mêlées à des cylindres ou d’autres cachets de forme conique. A Koyoundjik, on a trouvé un collier formé de petites boules d’or séparées par de petits cylindres de même métal. Un bracelet en bronze, du Louvre, a ses deux extrémités terminées par des têtes de lion.
Mais ce sont surtout les figures des bas-reliefs qui nous renseignent sur le goût de la parure chez les Assyriens, et sur les œuvres des orfèvres de Ninive et de Babylone. Les rois, les génies portent des colliers, des pendants d’oreilles, des diadèmes, des bracelets. Les formes, toujours élégantes, en sont des plus variées.
*5+ ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
Les diadèmes sont des cercles, peut-être en or, élargis au milieu et décorés généralement d’une rosace au centre de laquelle devait se trouver une pierre étincelante. Des divinités, portées sur le pavois, ont de hautes tiares surmontées aussi d’une rosace où l’élément
essentiel est unepierre précieuse. Les bracelets se portent au-dessus du coude et à l’avant-bras ; ce sont des disques circulaires, quelquefois fermés et décorés de rosaces, d’autres fois se terminant par deux têtes délions, de cerfs, de béliers, de serpents; il en est qui font deux ou trois fois le tour du bras. Parmi les ornements qui décorent les colliers portés au cou, il faut citer la croix, ayant la forme de celle que nous appelons la croix de Malte; le même symbole, qui rappelle la croix ansée de l’Egypte, se retrouve aussi dans les boucles d’oreilles (fig. 60).
Quant à la glyptique, ses produits abondants ne dépassent pas, artistiquement parlant, les oeuvres chaldéennes que nous avons signalées. Les cylindres assyriens, c’est-à-dire ceux dont le principal centre de fabrication était Ninive, se distinguent de ceux de Babylone et de la Chaldée par un travail plus sec et
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plus industriel1. Les inscriptions y sont plus rares, et conçues en caractères ninivites; les légendes mythiques, interprétées parles graveurs de gemmes, sont les memes qu’à Babylone, mais les figures ont un aspect plus moderne : c’est ai iTsij que les taureaux ailés à tète humaine, les génies à bec d’aigle et à quatre ailes, qu’on y rencontre, sont copiés sur les bas-reliefs des palais de Khorsabad, de Nimroud, de Koyoundjik. Les cylindres assyriens de l’époque archaïque présentent les caractères techniques que nous avons déjà signalés en Chaldée : les articulations des membres rendues à l’aide d’un foret produisant de petites cavités hémisphériques, le reste du corps exécuté par un autre instrument qui creusait des stries parallèles. Ces particularités se distinguent nettement sur un beau cylindre que nous reproduisons d’après M. Menant (fig. 110) : il représente trois personnages paraissant sacrifier sur un trépied, au soleil, à la lune et aux sept planètes.
Les cylindres de l’époque des Sargonides accusent un progrès parallèle à celui delà glyptique chaldéenne; les traces de l’action de la scie et de la bouterolle ont disparu pour faire place au modelé des figures, qui parfois atteint à la souplesse naturelle. Nous ci te- 1. V. surtout J. Menant, la Glyptique orientale , tome II.
rons comme exemples un cylindre de la collection de Clercq, qui représente deux génies ailés en adoration
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rien. Coll, de Clercq (d’après J. Menant).
Fig. ii 2. — Cylindre assyrien.
Coll, de Clercq (d’après J. Menant).
devantl’arbre de vie (fig. 1 1 1), et un cylindre du Musée britannique (fig. 112), oü l’on voit le dieuRaman armé
de l’arc et des flèches, debout sur un lion accroupi, et recevant les hommages d’un pontife. Les deux cylindres sont fort beaux ; on remarque sur le premier une extrême précision dans les
Fig. iij. — Cylindre assyrien.
Coll, de Clercq (d’après J. Menant).
détailsducostume, une grande finesse dans les traits du visage des deux génies. Sur le second, au contraire, les figures ont une allure plus libre et plus dégagée, la scène a plus de vie; le palmier est remarquable de vérité; les ibex surtout sont d’une pureté absolue de dessin; le modelé des cuisses et des flancs rappelle les lions du cylindre chaldéen que nous avons admiré plus
L’ART PERSE
haut (voyez fig. 35); il rappelle aussi la fameuse lionne des sculptures du palais d’Assurbanipal (fig. 77), qui lui est probablement contemporaine. La glyptique assyrienne n’a rien produit de plus achevé; comme la grande sculpture, elle excelle dans le rendu des formes animales.