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Op. cit., t. III, p

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cession de taureaux, les galons, les franges, la riche broderie sont d’origine assyrienne. »

La figure symbolique d’Ormuzd est, avec son disque ailé, la reproduction même de la figure du dieu suprême Ilou, du panthéon chaldéo-assyrien. Des scènes

Fig. 129. — Portique de Persépolis (d’après Fiandin et Costc).

de cruauté très significatives ont passé aussi de la sculpture chaldéo-assyrienne dans la sculpture perse. Sur le bas-relief que Darius fit sculpter sur le rocher de Behistoun pour raconter ses exploits à la postérité la plus reculée, le roi tient son arc comme Sennachérib, et il pose le pied sur la poitrine d’un prisonnier qui tend les mains en suppliant, tandis que neuf autres rois sont debout enchaînés, les mains derrière le dos et la corde au cou L

1. Lenormant et Babelon, Hist. anc. de l'Orient, t. VI, p. 18 et 19.

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Comme les portiques des palais ninivites, ceux de Persépolis sont garnis de taureaux androcéphales ; ceux-ci ont conservé l’attitude de la marche, la frisure des poils et souvent jusqu’à la haute tiare ornée d’anthémions et de plumes de leurs aînés des bords du Tigre. Seulement, tandis que parfois les taureaux assyriens sont disposés dans le plan de la façade et se faisant face dans l’embrasure de la porte, les taureaux persépolitains, au contraire, sont toujours disposés parallèlement de chaque côté de la baie, et ils regardent en avant, faisant face sur la terrasse. Enfin, dans la sculpture de ces monstres gigantesques, l’artiste perse se montre supérieur à l’artiste assyrien ; tout en conservant aux animaux la même pose hiératique, il a su adoucir le modelé des membres, donner aux ailes une courbure élégante et plus gracieuse; les taureaux n’ont plus que quatre pattes au lieu de cinq; leurs flancs sont plus souples et plus gras; les cornes, emblèmes de la force, qui entourent la tête des monstres ninivites, sont supprimées; les formes anatomiques et les proportions respectives des diverses parties du corps sont mieux observées : c’est l’art assyrien interprété par des artistes formés à l’école des Grecs.

§ III. — La peinture et l'émaillerie.

L’art d’émailler la brique, inventé par les Chaldéens, ne périt pas avec Babylone. Les Achéménidess’en emparèrent, et ils paraissent l’avoir perfectionné; il en fut de même, semble-t-il, de ce procédé aussi ingénieux que délicat, qui consistait à estamper des briques avec

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des sujets en relief, dont l’ensemble formait des frises émaillées destinées à remplacer les dalles sculptées des palais ninivites. C’est à Suse que ce système de décoration paraît avoir atteint son perfectionnement idéal; c’est, en tout cas, dans les ruines de cette capitale seule que nous pouvons l’étudier en détail, grâce aux

Fig. 130. — La frise des lions. Restauration de M. Dieulafoy. (Musée du Louvre.)

découvertes de M. Dieulafoy, qui ajoutent un nouveau chapitre à l’histoire de l’art. Deux frises entières exhumées à Suse, devant la façade de l’apadâna du palais d’Artaxerxès Mnémon, ont pu être reconstituées au musée du Louvre. Celle des lions (fig. i3o) se compose de briques en relief de om,362 de long sur om,i8t de haut et om,242 d’épaisseur. Les lions, au nombre de neuf, ont chacun une longueur de 3m,5o sur une hauteur de im,75. Les briques du fond, sur lesquelles se détachent les figures, constituent une surface plane coloriée en bleu turquoise; les lions.

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dont la couleur générale est d’un blanc grisâtre , ont certaines parties du corps, comme la crinière, en bleu vert d’eau, et d’autres, comme les saillies des muscles, en jaune foncé.

Ils sont traités à l’assyrienne , si bien que, n’était leur relief, ils ressemblent aux lions émaillés à plat de Korsabad :

comme à Ninive, les muscles sont exagérés, la tête et l’avantcorps du lion trop petits. Ce défilé de fauves est encadré par plusieurs lignes de dessins symétriques des plus élégants : rangées de chevrons, de faisceaux de palmettes égyptiennes, de marguerites assyriennes épanouies.

Fig. 1 3 1 -

Archer susien. (Musée du Louvre.)

La frise des archers (fig. 1 3 1) représente une pro-

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procession de guerriers en relief, comme ceux des dalles de marbre de Persépolis c’est le plus merveilleux spécimen de l’émaillerie perse polychrome. Les matériaux qui concourent à la composition des personnages, au lieu d’être, comme pour la frise des lions, des briques cuites ayant la forme de parallélipipèdes allongés, sont de petits carreaux de om,34 de côté et om,o8 de haut, faits d’un béton artificiel qui unit à la blancheur du plâtre la résistance du calcaire. Les soldats sont représentés de profil et en marche. Ils portent sur l’épaule gauche un arc colorié en jaune et un carquois d’un brun rougeâtre. Ils tiennent en main une pique dont la hampe se termine par un pommeau d’argent. La tunique, dont la couleur alterne d’une figure à l’autre, est jaune d’or ou blanche; sa forme est la même pour tous, étroite, fendue sur le côté, avec des manches tuyautées extrêmement larges; elle descend jusqu’aux chevilles et comporte une certaine variété d’ornements; l’étoffe en est semée tantôt de marguerites vertes ou bleues, tantôt d’ornements losangés; le galon est brodé. Un turban vert d’eau, enroulé en torsade, est posé sur la tête de ces soldats orientaux, qui portent des bracelets, des boucles d’oreilles et des bottines de cuir jaune ou bleu de ciel; la barbe et les cheveux sont tressés en cordelettes suivant la mode assyrienne. Voilà bien le riche costume qui provoquait les déclamations des rhéteurs grecs contre la mollesse et la corruption des Perses. Au témoignage d’Hérodote (vu, 83), la torsade posée sur les cheveux, les bijoux d’or et la grenade d’argent qui termine la javeline, étaient les insignes distinctifs des

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mille cavaliers et des dix mille Immortels de l’escorte du roi des rois. On n’en saurait donc douter : nous sommes en présence d’un groupe de cette fameuse troupe de janissaires que les monarques achéménides recrutaient en grande partie chez les noirs de l’Inde; un certain nombre des personnages de la frise rappor-

Fig. 132. — Ornement polychrome du palais d’Artaxerxès.

(Musée du Louvre.)

tée par M. Dieulafoy ont, en effet, la peau coloriée en brun foncé.

On remarque, au point de vue technique, que toutes les figures d’une même frise sont sorties du même moule, et qu’elles sont des répétitions exactes les unes des autres, bien que diversement coloriées. La couverte vitreuse est transparente et chatoie comme l’émail de

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la porcelaine; la gamme des couleurs est des moins riches : bleu, vert, jaune, noir et blanc. Ces tons tranchés devaient, à cause même de leur éclat, produire le plus saisissant effet, et sous le chaud soleil de la Susiane, les murs des portiques du palais d’Artaxerxès étincelaient plus merveilleusement encore que les faïences historiées des palais ou des mosquées musulmanes. L'intérieur de l’apadâna paraît avoir été simplement colorié à l’aide d’un stuc rouge monochrome que dissimulaient^’ ailleurs, à peu près complètement, les riches tapis et les draperies brodées dont les parois de toutes les salles étaient tendues.

§ IV. ■ — Les monuments religieux et funéraires.

Ormuzd (Ahura-Mazda), la grande divinité des Perses, ne devait avoir, d’après les prescriptions de l’Avesta, ni temples, ni statues. Dieu suprême et unique, ayant toutes les perfections, sa conception était trop vaste pour admettre d’autre abri que la voûte du ciel oü il résidait. Hérodote n’a pas manqué de remarquer ce caractère du mazdéisme et cette absence de temples chez les Perses : « L’usage des Perses, dit-il, n’est pas d’élever aux dieux des statues, des temples, des autels; ils traitent au contraire d’insensés ceux qui le font : c’est, à mon avis, parce qu’ils ne croient pas, comme les Grecs, que les dieux aient une forme humaine. » Cependant, Ormuzd est assez fréquemment représenté sur les monuments de la dynastie achéménide; on lui donne la forme d’un homme coiffé de la

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tiare et environné d’un disque ailé (fig. 1 36). C’est exactement, sauf les modifications que comportent les progrès de l’art, la figure du dieu suprême, Ilou, sur les monuments chaldéo-assyriens. Aussi, cet emprunt à la symbolique de la Mésopotamie est-il une infraction même aux préceptes de l’Avesta, une tolérance qui n’a pénétré que dans la sculpture monumentale des palais et des tombeaux, et dans la glyptique. L’unique symbole qu’admette l’Avesta est la flamme qui purifie tout. De là le culte du feu sacré et les autels du feu, appelés pyrées ou atech-gcihs , qui s’élevaient en plein air sur les hauteurs. Les atech-gahs sont les seuls monuments qui représentent l’architecture religieuse des Perses. Les restes en sont nombreux, mais ils 11’offrent pas un grand intérêt archéologique. On en voit plusieurs, à peu de distance de Nakché-Roustem, qui paraissent antérieurs à Cyrus. Au-dessus d’une plateforme àlaquelle on accède, sur les quatre côtés, par quelques gradins, se dresse l’autel en forme de pyramide tronquée, à quatre pans. Aux angles, des colonnettes engagées supportent des arceaux en plein cintre sur lesquels est posée la tablette de pierre où l’on allumait le feu sacré.

Après la conquête de l’Asie Mineure, les Achéménides donnèrent généralement aux autels du feu la forme des édicules gréco-lyciens. Dans les sculptures d’un tombeau royal de Nakché-Roustem, on voit un roi en adoration devant Ormuzd et un pyrée qui a la forme d’une maçonnerie carrée avec des saillies simulant des pilastres et supportant un entablement formé de trois gradins superposés; celui du dessus, plus grand que les

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deux autres, constitue la plate-forme sur laquelle le feu est allumé 1 (fig. 1 36).

L’influence architecturale de l’Assyrie s’est manifestée dans la construction de quelques autels du feu. Près de

Firouz-Abad se trouvent les ruines de Djour, intéressantes surtout par les restes d’un atech-gah , haut de 28 mètres, que signalent les voyageurs, et qui paraît une copie des tours à étages (figurât) de la Chaldée et de l’Assyrie, dont elle nous transmet ainsi le type le plus complet qui existe.

M. Dieulafoy remarque que 1 "'atech-gah de Djour ressemble au minaret de la mosquée de Touloun, un des plus vieux édifices musulmans.

C’est ainsi que les types d’architecture religieuse, inventés par les Chaldéens, ont exercé leur influence jusque dans l’art moderne de l’Orient2.

Les rites funéraires imposés par l’Avesta eurent encore comme conséquence de créer une architecture qu’on ne retrouve pas dans un autre pays que la Perse. Les cadavres humains ne pouvaient être ni confiés directement aux entrailles du sol, ni brûlés, ni submergés, car c’eût été souiller l’eau, la terre et le feu. On avait établi les cités des morts dans les lieux les plus retirés

Fig. 13 — La tour de Djour.

Restitution de M. Dieulafoy.

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