‹ Manuel d'archéologie orientaleChapitre 28 sur 46 · LES H ET H EE N S · texte numérisé non relu

LES H ET H EE N S

nante, les cheveux en tresses sur les épaules, coiffées d’une tiare ronde comme les femmes de Marach; à gauche, les hommes, avec le bonnet conique qu’Hérodote donne aux Cimmériens, une tunique courte qui, sur le devant, s’arrête aux genoux, mais se prolonge

l ig. 1 s 1. — Sculptures rupestres de lasili-Kaia (d’après Perrot et Guillaume).

par derrière. Dans chaque groupe, les figures grandissent au fur et à mesure qu’elles se rapprochent du centre. Un bon nombre d’entre elles ne sont pas des personnages humains, mais des génies ailés, des satyres à pieds de bouc, des monstres cyno céphales. Presque toutes tiennent en main des sceptres, des bâtons recourbés, des haches à deux tranchants; quelquesunes sont debout sur des quadrupèdes. On en remarque deux qui sont perchées sur un aigle bicéphale ; une autre, accompagnée d’un bouquetin, est sur les épaules de deux porteurs.

Fig. 152. — Sculptures rupestres de lasili-Kaia (d’après Perrot et Guillaume).

Tout près de la sortie de ce vaste enclos, un relie! isolé représente un géant debout sur deux montagnes.

Ce personnage porte sur sa main droite un édicule, et de la main gauche il tient une sorte de long bâton dont l’extrémité inférieure est recourbée en crosse ; il est coiffé d’une calotte hémisphérique, vêtu d’une longue robe fendue sur le côté. L’édicule que tient ce dieu est muni de deux colonnes pjT Scu]p(ure ioniques supportant le disque

rupestre de iasîU-Kaia. ailé; sous le disque, une figure (Perrot et Guillaume,) entre deux taureaux vus de face. A quelque distance, on remarque un groupe de deux personnages. L’un, de proportionscolossales, se retrouve ailleurs debout sur un quadrupède. Ici, il est coiffé delà tiare conique très ornée, armé d’un glaive et vêtu d’une tunique courte. Il avance la main droite comme pour porterousaisir un enfant debout devant lui. Le second Fig. 15 + . — Sculpture rupestre de lasili-Kaia personnage, protégé (d'après Perrot et Guil,aume)-

par le dieu qui lui passe le bras gauche autour du

LES HETHEENS.

cou et lui tient la main, est le même que celui que nous avons vu tout à l’heure.

Les sculptures qui décorent les parois du vestibule du palais d’Euiuk ont une telle

analogie avec celles de Iasili-

Kaïa qu’il n’est pas possible de méconnaître la communauté d’artet d’origine. Nous y remarquons une femme qui, assise sur un trône, les cheveux sur les épaules, parée d’un collier et de bracelets, rappelle la reine assyrienne qui prend part au festin d Assurbanipal , elle porte Fig. 155. — Sculpture rupestre une coupe à ses lèvres et tient de iasiii-Kaia

une fleur (d’après Perrot et Guillaume).

Toutes ces scènes sont sacerdotales et religieuses, et

non point, comme en Assyrie , consacrées à la gloire du roi et à la mémoire de ses exploits belliqueux. Ce sont des représentations relatives au culte du dieu Mên ou de la déesse Mâ ou Enio, le nom cappadocien d’Anaïtis ou Astarté dont Strabon décrit le culte

Fig. 156. — Tombeau de Gherdek-Kaiasi dans les deux villes de (d’après Perrot et Guillaume). Comana.

C’est encore à cette civilisation cappadocienne, toute

ARCHEOLOGIE ORIENTALE.

orientale et antérieure à l’influence grecque, qu'il faut rapporter les sculptures des tombeaux signalés à Gherdek-Kaïasi , à peu de distance de Boghaz-Keui et d’Euiuk. Le principal des caveaux creusés dans le roc, comme ceux de la Phénicie et de Nakchè-Roustem, a une façade ornée d’un portique à trois colonnes trapues, dont le style rappelle de très près l’ordre dorique grec (fi g. i 5 6) . Aux extrémités de ce portique se trouvent les portes de deux chambres à sarcophages. Chacune d’elles à une fenêtre donnant sur la paroi du rocher; les lits funéraires sont taillés dans le mur, comme des alcôves. Il y a dans ces monuments quelque chose qui participe à la fois des tombeaux de la Phrygie et de ceux de Nakchè-Roustem, et peut-être ne sont-ils pas antérieurs à la destruction de Ptérium par Crésus, en 549 avant J.-C.

En résumé, nous devons conclure, avecM. Perrot1, que les monuments de Boghaz-Keui et d’Euiuk, témoins de la primitive civilisation cappadocienne, ont, tout aussi bien que ceux de la Syrie du Nord, subi l’influence assyrienne. Les palais sont comme « une copie réduite des grands édifices royaux des bords du Tigre et de l’Euphrate ». Les figures ailées, les monstres à têtes d’aigle ou de lion sont assyriens, de même que les divinités portées sur le dos de différents quadrupèdes, les fleurs aux mains des personnages et le globe ailé, image d’Assur.

Divers éléments des sculptures cappadociennes paraissent, avec non moins d’évidence, empruntés à l’E-

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