I. Perrot et Chipiez, op. cit., t. IV, p
LES HETHEENS.
gypte, à la Perse et même aux Grecs d’Asie Mineure, mais c’est l’exception. En tout cas, rien d’original et de personnel dans cet art héthéen de la Pte'rie, si ce n’est cet aigle à deux têtes (fig. 157), qui se rapporte évidemment aux plus anciens cultes asiatiques et fait songer aux sirènes ; si ce n’est encore ce long lituns recourbé, cette robe taillée en forme de chasuble, cette tiare pointue, ces chaussuresà la poulaine : détails de costume plus intéressants pour la mode que pour l’art.
Quant aux rapports des sculptures delà Ptérieavec celles de la Syrie héthéenne, ils sont évidents : mêmes hiéroglyphes, même tunique courte, même robe longue, même chaussure, même tiare pointue, même calotte ronde. Le vêtement féminin est à peu près identique à Marach et à Iasili-Kaïa; les divinités ont des attributs pareils ; le lion et le taureau sont les animaux qui figurent de préférence de part et d’autre. Concluons qu’une même nation semi-barbare, impuissante à s’affranchir, artistiquement aussi bien que politiquement, du joug de l’Egypte et de l’Assyrie, habitait les deux versants du Taurus; nous allons maintenant examiner jusqu’ou cette race héthéenne a étendu ses rameaux du côté de l’Occident, et les monuments qu’elle a laissés en Asie Mineure, au delà de l’Halys.
Fig. 157. — Sculpture de Iasili-Kaia.
ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
§ III. — Les monuments héthéens en Asie Mineure.
Au nord du Taurusetau delà de l’Halys, les monuments qui se rattachent à la civilisation héthéenne sont.
Fig. 158. — Sculptures rupestres de Ghiaour-Kalèsi (d’après Perrot et Guillaume, pl. X).
comme en Cappadoce, des bas-reliefs taillés ou non dans le flanc des rochers.
A Kalaba, près d’Ancyre, en Galatie, M. Perrot a découvert une grande dalle (im,37 sur o'”,83), sur laquelle est sculpté un lion d’un style analogue à ceux que nous avons rencontrés en Syrie ou en Cappadoce1.