Perrot et Chipiez, op. cit., t. IV, p
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A neuf heures au sud-ouest d’Ancyre, dans les ruines appelées Ghiaour-Kalési, le même savant a trouvé deux grandes figures taillées, cette fois, dans la paroi du rocher. Ce sont des guerriers, pareils à plusieurs de ceux de Boghaz - Keui ; l’un et l’autre sont coiffés d’un casque conique ou peutêtre d’une tiare, à laquelles’adapte, par derrière, une pièce d’étoffe ou de cuir qui couvre la nuque; ils sont vêtus d’une tunique courte, serrée par une ceinture ; les pieds sont chaussés de bottines recourbées.
La sculpture rupestre d’Ibriz , en Lycaonie, comprend une inscription en hiéroglyphes héthéens et deux figures colossales , l’une de 6'",o8 de haut, l’autre de 3m,6o : c’est un prêtre en adoration devant sa divinité. Le dieu tient dans la main gauche une gerbe d’épis; dans la main droite les rameaux d’un cep de vigne qui émerge du sol derrière lui. Sa tiare est munie de plusieurs paires de cornes, sa barbe et ses cheveux sont frisés à l’assyrienne. Le pontife est tout à fait assyrien
Fig. i s 9- — Sculpture rupestre d’Ibriz (d’après W right, Empire of the Hittites).
d’aspect et de costume; sa robe bordée de franges est ornée de dessins en carrés ou en losanges, qui rappellent la tunique de Marduk-nadin-akhi (fig. 22) autant que la décoration du tombeau phrygo-hellénique dit de Midas.
Les ruines d’Eflatoun, en Lycaonie, ne se composent plus guère aujourd’hui que de la façade d’un édifice ruiné; elle est ornée d’un bas-relief oü l’on distingue le globe solaire ailé, symbole de la divinité en Egypte et en Assyrie; au-dessous, deux autres globes plus petits; puis, deux rangées de figures, les bras levés au-dessus de la tête comme pour supporter un entablement.
Les monuments héthéens deviennent plus rares au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la Cilicie, de la Lycaonie, de la Cappadoce et de la Phrygie, pour s’enfoncer du côté de l’Occident. Cependant on en signale chaque jour de nouveaux en Lydie et jusque sur la côted’Ionie, accompagnés d’hiéroglyphes qui ne permettent pas de dou- Fig. 160. — Sculpture rupestre de Nymphio. ^er l’origine du (Revue arch., t. XIII, 18 66.) peuple ^ ^ g
taillés sur le rocher. Hérodote attribuait à Sésostris deux bas-reliefs héthéens, voisins de Smyrne, qu’on
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voit encore aujourd’hui. L’un, au village de Nymphio, sur la paroi d’un rocher qui surplombe un affluent de l’Hermus, domine le ravin de 5o mètres au moins. Dans une niche de 2m, 5o de haut, on voit un guerrier coiffé de la tiare conique, vêtu de la tunique courte; il porte une lance et un arc; sa chaussure est le soulier à pointe recourbée. Le second monument signalé par Hérodote'a été naguère découvert par M. Humann; il est moins bien conservé et représente à peu près le même guerrier1. Outre des traces d’inscriptions héthéennes, le style de ces dessins rupestres, le costume et l’attitude des personnages les rattachent incontestablement aux bas-reliefs de Cilicie, de Lycaonie, de Cappadoce, de Syrie : c’est le même relief peu accentué et la même absence de modelé. Partout où le peuple héthéen s’est transporté, il est resté médiocre imitateur : les images qu’il nous a laissées se ramènent à deux ou trois types, imités des sculptures assyriennes, quelquefois égyptiennes, mais toujours bien inférieurs aux modèles.
Moins médiocre est le travail de moules en serpentine, parvenus jusqu’à nous, qui servaient aux orfèvres héthéens ou lydo-phrygiens à fabriquer en métal des bijoux ou des figures talismaniques. Les deux plus curieuses de ces matrices sont celle qui est conservée au Cabinet des médailles sous le nom de Baphotnet, et une autre, trouvée, il y a peu d’années, près de Thiatyr en Méonie2. Cette dernière, qui a, comme dimensions, om,09 de haut sur om,i 14 de large et on’,oi5 d’épaisseur,