Renan, Mission de Phénicie, pl
ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
tabernacle en pierre, dans lequel étaitrenfermé le simulacre divin. Elle se compose de dalles dressées sur trois des côtés du tabernacle. Un des côtés demeurait ouvert et n’était fermé que par une tenture d’étoffe. La dalle monolithe du toit est ornée, sur ses quatre tranches, d’un léger rebord avec moulures, et elle avance en auvent au-dessus de la porte; à l’intérieur, elle est taillée en cintre de manière à présenter l’aspect d’une voûte surbaissée. Le rocher qui sert de base a été isolé de la montagne à coups de sape, si bien que l’édicule, en comprenant ce socle naturel, atteint 7 mètres de hauteur. Autour de la cour qui environne cette chapelle se trouvaient des constructions, un portique sans doute, bordant l’enceinte réservée, qui ont disparu.
Le maabed d’Amrith est ce qui reste de plus important des temples de la Phénicie. A Aïn-el-Hayât, on a cependant découvert deux tabernacles pareils à celui d’Amrith ; l’un (fig. 1 83) , assez bien conservé, consiste en une cella monolithe posée sur un soubassement en gros blocs; le tout a 5m,5o de haut.
Au-dessus de la porte, on voit une Fig. 183. — Tabernacle ranSée d’uræus égyptiens; le plad’Aïn-ei-Hayat (Renan, fond, à l’intérieur, est taillé sensi- Misbion de phemcie.) biement en une voûte sur laquelle
sont sculptées en relief deux paires d’ailes se développant autour du globe solaire égyptien.
On ne connaît plus que par le souvenir les fameux temples de Melkart à Tyr, d’Astarté, à Sidon et à Gébal (Byblos) , qui excitaient l’admiration des voyageurs
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de l’antiquité. Le maabed d’Amrith seul nous donne quelque idée de leur disposition architecturale ; c’étaient des cours au centre desquelles se dressait, sur une estrade, le tabernacle de la divinité. Le temple phénicien et chananéen avait donc une grande ressemblance avec le temple de Jérusalem, ainsi qu’avec la grande mosquée de La Mecque, le seul monument qui perpétue jusqu’au milieu de nous ce type architectural.
Il n’est presque rien resté, non plus, des temples construits à Cypre par les Phéniciens. La grande prospérité de l’île, sous les Romains et au moyen âge, est la cause directe de la destruction des monuments de l’époque antérieure. Les superbes cathédrales de Famagouste et de Nicosie, les belles églises bâties sous les Lusignan, les formidables remparts construits par les Vénitiens, se sont élevés aux dépens d’édifices antiques dont on exploita les matériaux comme carrières. Lecélèbre sanctuaire d’Astarté, à Paphos, par exemple, ne nous est connu que par sa reproduction conventionnelle qui figure sur des monnaies de l’époque romaine. Nous y distinguons un parvis entouré d’une balustrade, et, en arrière de la cour, une construction qui rappelle les pylônes des temples égyptiens : c’est une porte gigantesque, entre deux tours, munie d’une large baie au fond de laquelle on aperçoit le bétyle divin flanqué de deux candélabres; au-dessus planent l’étoile et le croissant lunaire. Le toit, sur lequel sont posées des
Fig. 184. — Monnaie de Paphos.
25<5 ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
colombes, était soutenu par des colonnes formant portique. Tacite, qui raconte la visite de Titus au temple de Paphos, dit que la déesse y était figurée sous « la forme d’un bloc circulaire qui s’élevait en cône, diminuant graduellement de la base au sommet ». C’est la description du bétyle que les médailles offrent à nos regards. D’après les fouilles pratiquées par P. di Cesnola sur l’emplacement du temple, l’édifice avait à peu près 67 mètres de long sur 5o de large; le périobole mesurait 210 mètres sur 164; la porte d’honneur, celle peutêtre qui figure sur la monnaie, avait une baie de plus de 5 mètres de largeur.
Le temple de Golgos (Athiénau), dont les ruines ont été déblayées par Cesnola, était un édifice rectangulaire, construit en briques séchées au soleil ; le soubassement seul était en pierre. Au nord et à l’est, des portes avec des chambranles de bois. A l’intérieur, des piliers de bois, surmontés de chapiteaux de pierre, soutenaient le toit formé de pièces de bois très rapprochées, sur lesquelles on avait disposé des nattes et des roseaux avec une épaisse couche de terre battue.
L’extérieur du temple, revêtu d’un crépi blanc, devait donc être fort modeste. L’intérieur, au contraire, était surchargé des plus riches ornements. Au milieu de l’enceinte, on a retrouvé un grand cône de pierre grise, haut de 1 mètre, qui devait être le bétyle de la déesse, et qui rappelle le simulacre de Paphos décrit par Tacite. Autour du cône mystique, tout un peuple de statues de pierre, rehaussées d’éclatantes couleurs, alignées le long des murs ou rangées en files au centre de l'édifice, étaient, commeàTello, le muet cortège des
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adorateurs de la déesse. Des ex-voto étaient suspendus aux murs, au-dessus d’une rangée de bas-reliefs analogues à ceux des palais assyriens. Des lampes de pierre, en forme d’édicules, accrochées aux parois, éclairaient ce curieux ensemble.
Dans le temple de Curium, Cesnola a constaté l’existence d’une crypte à laquelle on accédait par un escalier; elle se composait de quatre chambres souterraines taillées en abside dans le rocher et communiquant par des portes et un couloir. Ces chambres ont environ 7 mètres de côté et 4 mètres de haut : c’est là qu’on a découvert le fameux trésor de Curium, composé de la vaisselle du temple et des ex-voto offerts à la divinité. *
Les fouilles récentes que nous venons de résumer, bien qu’elles n’aient guère porté que sur des substructions, permettent cependant de préciser quelque peu ce qu’étaient les temples cypriotes. Tandis que ceux de la Phénicie sont placés sur les hauteurs, rappelant ainsi les hauts lieux primitifs, les sanctuaires cypriotes sont, au contraire, en général, dans la plaine, au milieu des champs fertiles, comme les temples de l’Egypte. Le tabernacle de la divinité se trouvait à ciel découvert, de même que dans les temples grecs; autour, et à une distance plus ou moins grande, régnait une galerie couverte d'un toit soutenu à l’intérieur par des colonnes formant portique, à l’extérieur s’appuyant sur le mur de clôture.
Une inscription phénicienne du ive siècle avant J.-C. relate la construction de plusieurs temples à diverses divinités, notamment au dieu Sadambaal et à la
ARCHIÎOL. ORIENTALE,
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déesse Astarté, dans l’île de Gaulos (Gozzo). Les restes de ces sanctuaires existent encore : c’est la Giganteja , « demeure des Géants », qui se compose de deux enceintes voisines ne communiquant pas entre elles. Construites avec d’énormes moellons, en appareil irrégulier, elles sont parallèles, et leurs portes donnent sgËgjg^ sur une même
façade ; bien que l’une soit plus grande que l’autre , elles affectent toutes deux la même disposition intérieure. Chacune se compose de deux salles ovoïdes ou elliptiques juxtaposées et communiquant par un étroit couloir; la salle du fond comprend de plus une abside semi-circulaire. Le grand temple a 26"', 3o de long, depuis l’entrée jusqu’au fond de l’abside ; sa plus grande largeur est de 23 mètres. L’aire était à découvert ; on a trouvé dans une des enceintes une pierre conique analogue à celles des temples de Phénicie et de Cypre.
A Malte, 011 a constaté les ruines de temples construits d’après le même principe que la Giganteja de Gozzo. Le Hagiar Kim , « pierres de l’adoration », près du village de Casal-Crendi, offre des caractères architecturaux identiques, avec les blocs énormes de son
Fig. 185. — Plan de la Giganteja. ( Nouv . Annales de l’Inslit. arch. de Rome, 1832, pi. II.)
appareil irrégulier. Le plan, toutefois, est un peu plus compliqué: c’est une série de sept chambres ellipsoïdes accolées les unes aux autres.
Il ne reste pas une pierre émergeant au-dessus du sol, des temples que les Phéniciens avaient élevés en Sicile, en Sardaigne, en Espagne, à Carthage même. Le fameux sanctuaire d’Astarté, qui s’élevait sur la cime escarpée qui domine Eryx, en Sicile, a péri ; de même le temple de Baal-Hammon à Marsala (Lilybée), et les sanctuaires sardo-phéniciens de Baal-Samaïm, d’Astarté, d’Eschmoun, de Baal-Hammon signalés par le.s inscriptions puniques recueillies à Sulcis. Le temple de Melkart, à Gadès, si fréquenté encore au temps de Strabon, n’a pas laissé de traces. Quant à Carthage, c’est en vain que le nom de cette ville puissante et des hommes illustres qu’elle a vus naître excite notre curiosité enthousiaste; c’est en vain que le site oü elle était bâtie est devenu soi français : les Romains n’ont rien respecté de la ville de leurs plus terribles ennemis. La démolition qui a suivi la conquête de Scipion, en 146 avant notre ère, a été systématique et poussée jusqu’à la racine des murs. Ce qui avait pu échapper a été modifié, transformé au profit de la colonie romaine, qui s’est
élevée sur les ruines puniques et qui elle-même, à deux reprises, a été l’objet d’une destruction brutale. Il n’y a donc rien de phénicien à espérer des fouilles archéologiques de Carthage, au point de vue architectural ; sauf des inscriptions mutilées, presque tout ce qu’on y recueille est romain, chrétien ou byzantin. C’est sur l’emplacement du fameux temple d’Eschmoun, au milieu de l’acropole de Byrsa, que s’élève aujourd’hui la chapelle de Saint-Louis à côté de laquelle Beulé a entrepris ses fouilles; sur la colline voisine était le temple de Tanit, que les Romains ont appelée Virgo cœlestis; entre Byrsa et les ports, à côté du forum dans le voisinage duquel j’ai pratiqué des fouilles avec M. S. Reinach en 1884, s’élevait le temple de Baal-Hammon. A ces indications topographiques se bornent les souvenirs des sanctuaires de la ville d’Annibal.
§ II. — L architecture civile.
S’il n’est presque rien resté des temples phéniciens sur toutes les côtes de la Méditerranée, on est contraint de constater qu’il en est à peu près de même pour les monuments civils. Des formidables remparts de Tyr qui tinrent si longtemps en échec des preneurs de villes comme Sargon, Nabuchodonosor, Alexandre, c’est à peine si l’on croit pouvoir en reconnaître la place sur un point : elle serait marquée par un mur sous-marin en énormes blocs reliés par un béton ou la chaux est malaxée avec des briques concassées; ces murs, d’après Arrien, avaient q5 mètres de haut.
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L’enceinte de Banias (Balanée), entre Tortose et Latakieh, est encore en partie debout ; mais est-elle d’origine phénicienne ou pélasgique? Son développement est d’environ 600 mètres; le mur, percé de trois portes larges de 8 à 10 mètres, est bâti en blocs de calcaire gris, de formes irrégulières, qui ne sont ni taillés ni cimentés. Il est épais de 5 à 8 mètres, et, par places, il a encore jusqu’à 10 mètres d’élévation. Des lignes brisées, des rentrants et des saillies paraissent annoncer, dans l’art de la fortification, la prochaine apparition des bastions et des tours. Les murailles pélasgiques de l’Eubée, de Tirynthe et du Sipyle présentent des caractères analogues.
Ce qui subsiste des substructions des murs d’Arad, de Béryte, de Sidon, indique l’emploi d’un grand et bel appareil irrégulier. Dans les remparts carthaginois d’Eryx en Sicile, les moellons portent des lettres phéniciennes qui ont servi de marques de pose aux maçons, mais cette enceinte fortifiée ne remonte pas au delà du IVe siècle, et les architectes puniques ont dû imiter les Grecs, leurs voisins. L’enceinte de Carthage, qui excitait l’étonnement des anciens, avait de 6 à 7 lieues de circuit; elle se composait, au moins sur certains points, de trois murailles concentriques, disposées en gradins par suite de la déclivité du sol. Il n’en reste, de place en place, qu’une sorte de talus, qui sert de limite aux champs en culture. Construites en pierre de taille, elles avaient, au dire des anciens, i8"‘,5o de haut et ion,,20 d’épaisseur; les tours étaient encore plus hautes et plus fortes.
Temples et remparts étant ce que l’art de bâtir
ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
a toujours construit de plus solide et de plus résistant aux injures du temps et des hommes; s’il n’en reste que fort peu de chose, à plus forte raison n’y a-t-il presque rien des monuments civils et des maisons des particuliers. Dans le calcaire tendre de la côte phénicienne, les habitants primitifs creusèrent leurs habitations comme les troglodytes. Plus tard, la civilisation aidant, les tombeaux seuls furent ouverts dans le flanc des montagnes, et, pour leurs demeures, les vivants isolèrent, à coups de sape, d’énormes blocs de rochers dans lesquels ils creusèrent des portes et des chambres. A Amrith, il y a une maison monolithe, taillée de cette manière, que M. Renan considère comme le type du genre. Elle a 3o mètres de côté et 6 mètres d’élévation; les murs ont om,8o d’épaisseur; dans l’intérieur, trois chambres sont séparées par de minces écrans ménagés dans l’évidement de la roche. Quelquefois, la partie inférieure des murs seule a été taillée dans le roc, qui ne forme ainsi qu’une plinthe monolithe d’un ou plusieurs mètres de haut, et que l’on complète jusqu’au toit par une maçonnerie légère.
A Cypre, on chercherait vainement trace de constructions qui pussent être attribuées à la domination phénicienne. Les seuls monuments qui donnent quelque idée de l’architecture civile de cette île fameuse sont des modèles de maisons en terre cuite-, trouvés à Dali et conservés au musée du Louvre (hauts de on’,2o) . Le plus remarquable de ces édicules a une porte gardée par un sphinx. Aux deux fenêtres apparaissent des têtes de femmes; de chaque côté de la porte, des colonnes avec un chapiteau en fleur de lotus, qui supportent un
L’ART PHENICIEN ET CYPRIOTE. 2(5
auvent (fig. 187). Maisdequelle valeur architecturalepeut être un pareil jouet modelé d’une façon si grossière?
La pénurie de monuments est plus absolue encore pour Carthage et le bassin occidental de la Méditerranée. Ce que les voyageurs qui vont se promener sur le sol de la vieille cité punique admirent par-dessus tout, ce sont les efforts inouïs qu’avaient faits les anciens pour capter l’eau du ciel et l’emmagasiner dans de vastes bassins couverts, ou bien pour aller chercher au loin l’eau des sources jaillissantes. Nulle part, dans tout l’Orient, où pourtant le soin de se ménager de l’eau fut toujours une préoccupation essentielle, ni à Jérusalem, ou l’on perça l’aqueduc de Siloam, ni àTyr, où l’on creusa l’aqueduc qui amenait dans la ville les eaux du Ras-el-Aïn, il ne reste des traces aussi grandioses des travaux qui furent entrepris dans ce but utilitaire. Seulement, le viaduc gigantesque qui va jusqu’à plusieurs lieues chercher les eaux du montZaghouan pour les amener à Carthage ne remonte, tel qu’il est aujourd’hui, qu’au règne d’Hadrien; et de même pour ces immenses citernes voûtées, voisines de Byrsa, où loge aujourd’hui tout un village arabe, et où les touristes Se promènent en voiture; on n’a jamais pu préciser ce qui est de l’époque antérieure à la fondation de la colonie romaine. Les Carthaginois, deux cents ans avant notre ère, connaissaient certainement aussi bien que les Romains la voûte et la coupole, éléments natu-
Fig. 187. — Cabane en terre cuite. (Musée du Louvre.)
ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
rels et primordiaux de l’architecture orientale. Murs, voûtes et coupoles des citernes de Carthage sont en pierre médiocre fournie par les carrières du Zaghouan : de petits moellons irréguliers sont noyés dans un mortier de chaux très épais, si excellent qu’il fait corps avec la pierre et qu’il donne à toute la construction l’homogénéité d’un seul et immense bloc. Les ruines byzantines qui couvrent la plaine de Carthage sont bâties avec des matériaux aussi mauvais et un béton aussi solide.
Nous devons nous demander à présent s’il est resté trace des constructions que les Phéniciens ont dû entreprendre pour établir ou entretenir ces ports des côtes méditerranéennes ou leurs vaisseaux trouvaient un refuge assuré. Ces travaux devaient être un des côtés les mieux caractérisés de l’art de bâtir chez ce peuple d’armateurs. Cependant ils ont à peu près péri comme tout le reste, ou bien ils se trouvent enfouis sous les sables. Tyr et Sidon eurent deux ports, dont on 11e distingue plus que l’emplacement. Les deux ports de Carthage, le port marchand et le cothon ou port militaire, sont là encore, mais ensablés aux trois quarts, et ils ne contiennent plus qu’une nappe d’eau croupissante. De longs et coûteux travaux de déblayement, dont ceux qui ont été entrepris à Utique peuvent donner quelque idée, pourraient seuls nous dire ce qu’ils étaient jadis. Aujourd’hui, on ne peut que constater l’exactitude de la description d’Appien, qui dit: « Les ports de Carthage étaient disposés de telle sorte que les navires passaient de l’un dans l’autre; du côté de la mer, ils n’avaient qu’une seule entrée, large de 70 pieds, qui se fermait avec des chaînes de
L’ART PHENICIEN ET CYPRIOTE
fer. Le premier port, destiné aux bâtiments marchands, était garni d’amarres nombreuses et variées. Au milieu du second était une île; autour de cette île, comme sur tous les bords du bassin, régnaient de grands quais. Les quais présentaient une série de cales qui pouvaient contenirdeux cent vingt vaisseaux.
Au-dessus des cales, on avait construit des magasins poulies agrès. En avant de chaque cale s’élevaient deux colonnes d’ordre ionique, qui donnaient à la circonférence du port et de l’ile l’aspect d’un portique. Dans l’ile, on avait construit pour l’amiral un pavillon d’où partaient les signaux de la trompette, les ordres transmis parle héraut, et d’où l’amiral exerçait sa surveillance. L’ile était située près du goulet; sa surface avait uneélévation sensible au-dessus du plan d’eau, afin que l’amiral vît tout ce qui se passait en mer, sans que ceux qui venaient du large pussent distinguer ce qui se faisait dans l’intérieur du port. Les marchands memes, qui trouvaient un abri dans le premier bassin, ne voyaienc pas les arsenaux du second; une double muraille les en séparait, et une entrée particulière leur donnait accès dans la ville, sans qu’ils eussent à passer par le port militaire. » Allez aujourd’hui à Carthage, vous constaterez avec étonnement l’étendue modeste de ces deux réservoirs
Fig. 188. — Plan des ports de Cartilage (d’après Daux, Emporia phéniciens).
ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
qui furent les ports de la grande cité africaine. Ils sont parallèles à la mer, dont une étroite bande de terre les sépare; l’île de l’amiral est encore au centre du cothon, qui a une forme circulaire et communique par un étroit canal avec le port marchand ; celui-ci dessine un grand rectangle et s’ouvre sur la Méditerranée par une embouchure large à peine de quelques mètres. Les vaisseaux carthaginois n’étaient guère plus grands que
Fig. 189. — La jetée de Tliapsus. (Restitution de Daux,
Emporia phéniciens.)
nos barques de pêcheurs. La jetée qui les protégeait à leur entrée dans le port de Carthage a encore sa trace marquée par de gros blocs, qui, par endroits, arasent le niveau de la mer. Les deux ports d’Utique n’étaient pas plus vastes: l’un avait seulement 100 mètres sur 33, l’autre e38 mètres sur 125.
De toutes les villes phéniciennes, celle qui a conservé les restes les plus remarquables de sa jetée antique est Thapsus (Dimas), sur la côte orientale de la Tuni-
L'ART PHENICIEN ET CYPRIOTE. £,67
sie. Le môle, qui, tout délabré, émerge encore de 2m,45 au-dessus des flots, a 259 mètres de long, et sa largeur est de iom,75. Ce qui est particulier dans cette construction, c’est qu’elle est traversée de part en part par une série de petits canaux, disposés sur trois rangs; ils avaient pour but, en offrant une issue aux vagues qui venaient battre la muraille, d’amortir la violence du choc. Là encore sommes-nous en présence d’un travail exclusivement phénicien, romain ou byzantin ?
§ III. — Les tombeaux.
Fig. 190. — Tombeau d'Amrith.
Plan (d’après Renan).
Fig. 1 9 1 . — Tombeau d’Amrith.
Coupe (d’après Renan).
Les plus importants des monuments découverts en Phénicie sont les tombeaux. Presque tous creusés dans
le roc, ce sont, comme en Judée et en Arabie, de grands caveaux dans lesquels on déposait les sarcophages d’une famille entière-, La nécropole de Marath (Amrith), explorée par M. Renan, a fourni les tombes qui paraissent les plus anciennes, les plus spacieuses, les mieux taillées. On y descend par un puits, comme en Egypte, en s’arc-boutant des pieds et des mains dans les encoches pratiquées à cet effet sur la paroi du rocher; mais, dans les tombes plus récentes, un escalier remplace le puits.
ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
Au tond du puits on trouve, sur deux des côtés, une porte basse conduisant à des chambres rectangulaires plus ou moins nombreuses. Ces pièces communiquent entre elles par des couloirs dans lesquels se trouvent généralement quelques marches d’escalier, si bien que les chambres les plus éloignées sont à un niveau inférieur à celui des autres. Quelquefois même, il y a deux étages de chambres; dans l’écran de rocher qui forme le plafond intermédiaire est foré un puits par lequel on descend. Les sarcophages sont rangés tout autour des parois, ou bien logés dans des niches ou fours à cercueils, percées sur les côtés : une fois remplies, ces niches étaient fermées par une grande dalle sur laquelle on pouvait graver une inscription en l’honneur du défunt. Les nécropoles de Tyr et d’Adloun offrent les mêmes types de caveaux funéraires.
Maintenant pouvons-nous nous demander quel as-
Fig. 192.
Chambre sépulcrale d’Amrith (d’après Renan).
Fig. 193. — Méghazil d’Amrilh.
(Restauration de M. Renan.)
pect extérieur avait une nécropole phénicienne dont les tombeaux étaient ainsi cachés sous le sol? Souvent, surtout pour les tombes des riches, une borne ou un cippe de petites dimensions émergeait au-dessus, et marquait l’emplacement du caveau et l’orifice du puits. Des bornes de ce genre, monolithes ou bâties en pierres appareillées, dominent la plaine d’Amrith : on les appelle mégha\ils dans le pays; l’un d’eux (fig. ig3) est qualifié par M. Renan « de chef-d’œuvre de proportion,
Fig. 1 9 s - — Chambre du Burdj-el-BezzâU (d’après Renan).
Fig. 1 94. — Le Burdj-el-Bezzâl; Coupe (d'après Renan).
d’élégance et de majesté » : il a 10 mètres de haut et il se compose d’un soubassement accosté de quatre lions, de deux tambours cylindriques superposés et ornés de denticules, enfin, d’une petite coupole hémisphérique taillée dans le bloc.
Un mon u ment funéraire cT Am ri th, le Burdj-el-Bezzâk s’écarte complètement de la forme des caveaux et des constructions que nous venons de décrire; il s’élève au-dessus du sol, comme une maison ordinaire, bâtie sans ciment, en appareil régulier, avec des blocs de 5 mètres de long. Il se terminait jadis par un toit pyramidal, et sa hauteur totale était de 16 mètres
Dans l’intérieur, il n’y a que deux chambres superposées, communiquant chacune avec l’extérieur par une
étroite ouverture. Autour des parois de ces chambres, il y avait de nombreuses niches à cercueils, séparées les unes des autres par des cloisons.
La nécropole de Sidon, plus considérable que celle d’Amrith, présente les mêmes particularités; les caveaux sont construits de la même manière : seulement, aujourd’hui, on ne voit plus de méghazils près' de l’orifice du puits. Dans les caveaux les plus pauvres, les cadavres étaient déposés sur le sol, ou étendus dans des fosses; dans d’autres sépultures, des fours à cercueils sont creusés tout autour des chambres; dans les plus riches, enfin, les corps étaient placés dans des sar-
Fig. ip5. — Le Burdj-el-Bezzâk.
Restauration.
(Renan, Mission de Phénicie.)
Fig. 197. — Coupe d’un tombeau de Saïda (d'après Renan).
cophages enfouis dans le sol de la chambre. Les hypogées de Gebal diffèrent du type observé à Sidon, à Tyr, à Amrith, en ce que l’on n’y descend ni par un puits, ni par un escalier; l’ouverture se trouve de plain-pied sur
la paroi verticale de la montagne, et elle comporte parfois un fronton et quelques moulures décoratives (fig. 198).
De tous les sarcophages trouvés dans les nécropoles phéniciennes, il n’en est peut-être pas un qu’on puisse sûrement faire remonter au-delà de Cyrus.
Les plus simples sont de grandes cuves monolithes, munies d’un couvercle bombé ou triangulaire. lien est qui sont ornés de guirlandes, de feuilles et de couronnes;
les
angles du couvercle
sont parfois munis d’acrotères. Les seuls qui aient un réel intérêt artistique sont les sarcophages anthropoïdes , c’est-à-dire ceux qui ont la forme de gaines de momies, la tête du mort, et parfois les bras aussi, étant sculptés en relief dans la masse du couvercle. Ces urnes sépulcrales étaient coloriées à l’imitation des sarcophages en bois des Egyptiens, dont elles sont la copie pour la forme, tandis que le travail de sculpture des figures permet de constater le prolongement de l’influence assyrienne en Phénicie, longtemps après que
Fig. i</S. — Entrée d’un tombeau à Gebal (d'après Renan).
27i ARCHÉOLOGIE ORIENTALE.
Ninive eut disparu. Les sarcophages de Tabnit et d’Eschmunazar, qui remontent seulement à l’an 35o av. J.-C., nous révèlent une particularité singulière de la manière dont les Phéniciens, marchands et navigateurs avant tout, s’y prenaient pour meubler de cercueils en pierre les tombeaux de leurs morts. Ces remarquables monuments, en amphibolite noire, sortent des carrières égyp-
Fig. ipç. — Le3sarcopbage d’Eschmunazar.
(Musée du Louvre.)
tiennes de Hammamat, près de Cosséir, et ils ont pri mitivement contenu des momies égyptiennes. Les matelots phéniciens les ont dérobés ou achetés à prix d’argent; les cendres furent jetées au vent, les inscriptions hiéroglyphiques et les images égyptiennes gravées ou peintes sur l’enduit qui recouvrait la pierre ont été enlevées en totalité ou en partie et remplacées par les épitaphes de Tabnit et d’Eschmunazar. Un bon nombre des sarcophages phéniciens sont ainsi des cercueils d’emprunt et nullement l’œuvre d’ouvriers indigènes.
On a trouvé des sarcophages anthropoïdes à peu près
L’ART PHENICIEN ET CYPRIOTE
dans tous les pays ou les Phéniciens ont établi leurs comptoirs, à Cypre, en Sicile, à Malte, et partout ils offrent les mêmes caractères : la tête seule du mort est en relief. A Saida, il s’est rencontré un sarcophage oü les bras sont sculptés le long du corps; la manche du vêtement s’arrête au-dessus du coude, et la main gauche tient un alabastron. Au musée de Païenne, on conserve un sarcophage trouvé à Solunte, dont le couvercle a la forme d’une véritable statue couchée comme un gisant du moyen âge : c’est une femme vêtue d’un long péplos pardessus une courte tunique dont les manches s’arrêtent à l’épaule; la main gauche tient aussi un vase à parfums1. Outre les sarcophages en pierre, on a trouvé dans les nécropoles de la côte syrienne des cuves en plomb et en terre cuite, des cercueils en bois de cèdre, décorés d’appliques en métal, généralement de mufles de lions en bronze.
Les chambres sépulcrales de la Phénicie contiennent un mobilier funéraire non dépourvu d’intérêt. Ce sont des alabastron en verre, en terre cuite, en albâtre, dressés contre la muraille; des idoles en terre cuite représentant Baal-Hammon assis entre deux béliers, le dieu
i. Voyez Perrot et Chipiez, op. cit., t. III, p. 189.
Fig. 200. — Sarcophage anthropoïde.
(Musée du Louvre.)
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Bès, d’origine égyptienne, le dieu Pygmée, Astarté, assise ou debout, une colombe sur la main, enfin des chars en terre cuite montés par un ou deux personnages et attelés de deux ou quatre chevaux. A côté de ces objets de fabrique phénicienne, on trouve des amulettes et des statuettes importées d’Egypte. Le corps du défunt était enveloppé de bandelettes; on lui couvrait souvent la bouche et les yeux avec une feuille d’or, et les riches mettaient même à la momie un masque complet formé d’une feuille d’or qui dessine tous les traits du visage : on voit jusqu’à quel point les habitudes égyptiennes s’étaient implantées en Phénicie. On trouve aussi dans les tombeaux de la côte syrienne des lampes, des amphores, des amulettes, des bijoux. Les femmes étaient ensevelies avec leurs colliers, leurs bagues, leurs bracelets, leurs pendants d’oreilles, leur miroir de métal, leurs pixides à cosmétique et à parfums, leurs objets de toilette. On recueille également des anneaux munis de pierres gravées ayant servi de cachets; nulle
part, sauf à Cypre, on n’a rencontré des armes dans les tombes de cette race de marchands.
Dans la nécropole cypriote deDalf (Idalion), il y a souvent, à côté des cadavres, des poteries à décor géométrique, des armes en bronze, des bijoux d’or, des
Fig. 201. — Tombeau d’Amathonte
(d’après p.di Cesnola, Cyprus). coupes en métal avec des figures gravées sur la paroi interne, des statuettes d’ Astarté, de guerriers, de chars et de cavaliers pareils à ceux de la côte.
L’ART PHENICIEN ET CYPRIOTE
Parmi les tombes d’Amathonte qui sont phéniciennes et remontent au ive siècle, il en est de construites en bel appareil régulier, avec une porte encadrée d’un filet, un toit plat ou à double pente comme nos maisons. Ces tombes comprennentparfois plusieurs chambres, le long des parois desquelles étaient alignés les sarcophages , tantôt anthropoïdes, tantôt avec un couvercle triangulaire.
Les tombeaux phéni-
Fig. 202.
Chambre sépulcrale d’Amathonie (d’après Cesnola, Cyprus).
ciens trouvés à Malte, en Sicile, en Sardaigne, offrent la meme disposition que ceux de la côte de Syrie et de Cypre : on descend dans le caveau par un puits ou par
un escalier, et les chambres sont comme celles que nous avons décrites. A Caralis et à Tharros, on a retrouvé en place, au-dessus du sol, les cippes pyramidaux qui marquaient la place des sépultures, ainsi que nous l’avons déjà vu en Phénicie : dans ces tombes, le mobilier est d’importation égyptienne, étrusque ou asiatique.
La nécropole de Mehdia, sur la côte orientale de la Tunisie, renferme des tombes où l'on descend par un
Fig. 203. — Plan d’un tombeau de Carthage
(Beulé, Fouillesà Carlhage.)
27<î ARCH ÉOLOGI E ORIENTALE.
puits, comme à Aradus. Les tombeaux de Thina (Thcenœ), près de Sfax, ceux de Carthage, sur la colline voisine delà ville, appelée le Djebel-Kawi, ont tous été violés dans l’antiquité meme ou par les Arabes. Construits sur un plan uniforme, ils consistent en une chambre rectangulaire dans laquelle on descend par un escalier. Tout autour de cette pièce, on voit, comme des gueules de four, l’orifice des niches à sarcophages. L’escalier peut avoir jusqu’à dix marches; la chambre, 2 mètres de haut, 6 à 7 mètres de long et 3 de large. Les parois sont enduites d’un stuc blanc qui parfois comportaitdes figures en relief; les débris des sujets que j’ai pu y observer m’ont paru de style grec et peutêtre romain.
En résumé, la tombe phénicienne ne comportait que deux types : la tombe en relief au-dessus du sol et la tombe souterraine. La première était monolithe ou construite comme une maison; la seconde était ou de plain-pied sur le flanc d’un rocher, ou bien on y descendait par un puits ou un escalier. L’une et l’autre comportaient un nombre de chambres plus ou moins grand, suivant le nombre des corps à loger. Ces cadavres étaient, sauf de rares exceptions, placés dans des sarcophages enfoncés tantôt dans des fours ménagés dans la paroi des chambres, tantôt dans des cuves creusées dans le sol, tantôt, enfin, déposés simplement le long des murs. Le mobilier funéraire variait suivant la richesse des familles ; il comportait, avec des amulettes et des figures de divinités, tous les objets de toilette et de parure dont le défunt avait fait usage durant son existence.
L’ART PHENICIEN ET CYPRIOTE
§ IV. — La sculpture phénicienne.
La Phénicie, il ne faut pas l’oublier, fut tour à tour soumise au joug des Egyptiens et des Assyriens, qui y ont introduit, avec leurs garnisons, leur art, leurs usages, leurs industries et tout ce qui caractérisait le génie propre de leur civilisation. Ces conquérants furent des maîtres pour les artistes phéniciens, et les rares objets sortis des mains de ces derniers sont d’inspiration égyptienne ou assyrienne : ce n’est qu’à partir d’Alexandre qu’un troisième élément, l’art grec, commence à manifester son action en Syrie.
Pour la sculpture, le champ d’études que nous offre la Phénicie est singulièrement restreint : il se compose des bas-reliefs de quelques sarcophages, de stèles votives et de pauvres débris de statues de pierre. Les sarcophages anthropoïdes dont nous avons déjà parlé, bien que ne remontant pas au delà de l’époque hellénique, nous font toucher du doigt l’influence égypto-assyrienne en Syrie. Si la forme des cuves est égyptienne, si meme les plus belles d’entre elles ont été importées d’Egypte, les sculptures dont elles sont décorées sont tout à fait assyriennes. Les boucles frisées et symétriquement ondulées de la barbe et des cheveux sont pareilles à celles des colosses ninivites ; on remarque seulement que l’artiste sait manier le ciseau comme un Grec. A partir des Séleucides, la physionomie de ces têtes, qui se détachent en haut relief sur le couvercle de la cuve sépulcrale, s’hellénise de plus en plus et elle se modifie d’après les modèles grecs, si bien que, si l’on voulait entreprendre
un classement chronologique de tous ces monuments, les plus anciens seraient ceux où l’influence égyptoassyrienne est le plus marquée; les plus récents, ceux où le style grec a fini par prévaloir.
Dans les trop rares débris d’édifices antérieurs à l’époque macédonienne, signalés en Phénicie, les éléments de la sculpture décorative sont empruntés à l’Egypte et à l’Assyrie : nulle part on n’a trouvé un motif original d’inspiration indigène. La porte d’une construction signalée par M. Renan à Oum-el-Awamid comporte un linteau sur lequel sont sculptées deux petites figures d’aspect égyptien en adoration devant le globe ailé accosté des uræus1. Les Phéniciens ont colporté partout ce globe solaire, plus ancien encore en Egypte
qu’en Assyrie. On le trouve à Cypre, à Malte, en Sardaigne, à Carthage, où il est sculpté sur les stèles votives de Tanit et de Baal - Harnmon. Le sphinx est aussi un des principaux éléments de la sculpture phénicienne : ce n’est pas seulement sa for-
Fig. 204. — Daile phénicienne d’Amrith
(d’après Renan). c’est, sa posture
même qui est copiée sur les sphinx des temples égyptiens : couché sur un
i. E. Renan, Mission de Phénicie, p. 41 1.
L’ART PHENICIEN ET CYPRIOTE. 279
socle, il a sur la tête le pschent et l’uræus; mais il a, en plus que le sphinx pharaonique, des ailes empruntées aux génies assyriens et perses. D’autres fragments d’architecture comportent comme motifs d’ornementation les rosaces, les palmettes, les tresses, les dentelures à créneaux de l’Assyrie.
Astarté, sur la stèle du roi de Gebal, Iehawmelek, a le costume, le geste, les attributs de l’Isis égyptienne, tandis que le roi, debout devant elle, ressemble aux monarques ninivites en adoration devant leurs divinités favorites, ou à Darius et Xerxès, sur les bas-reliefs de Persépolis. Une stèle d’Amrith représente une divinité debout sur un lion, sujet assyrien reproduit déjà sur des bas-reliefs héthéens ; rapprochement plus significatif encore, le personnage tient un lionceau * comme le héros Isdubar, et le modelé énergique de ses membres atteste que l’artiste s’est formé à l’école ninivite. Et cependant, la coiffure du dieu, le globe ailé placé au-dessus de sa tête, sont de forme égyptienne h
L’étude de la sculpture en ronde bosse conduit aux mêmes conclusions. Les patèques phéniciens, images du dieu Paumai (mot d’où sont dérivés Pygmée et Pygmalion), n’étaient que la copie des dieux égyptiens Bès ou Phtah embryon: ce type de la laideur uni à la force était sculpté en bois à l’avant des navires, pour effrayer l’ennemi. Tandis que des statues trouvées en Phénicie sont vêtues delà schenti égyptienne, des lions formant les chambranles d’une porte, à Oum-el-