‹ Manuel d'archéologie orientaleChapitre 8 sur 46 · Heuzey, Galette arch., 1884, p. ig · texte numérisé non relu

Heuzey, Galette arch., 1884, p. ig

L’ART CHALDEEN.

reliefs assyriens, ou elle sert de coiffure aux divinités ou aux pontifes. La supériorité artistique des bas-reliefs de la stèle des vautours sur les monuments que nous avons cités plus haut éclate en toute évidence et permet déjà de pressentir l’art sobre et vigoureux que nous révèlent les grandes statues trouvées dans le palais de Gudéa.

C’est dans la plus spacieuse des cours du palais que M. de Sarzec a trouvé rassemblées presque toutes les statues chaldéennes qu’il a fait transporter au musée du Louvre. Au nombre de dix, elles sont en diorite noirâtre et bleuté ; toutes sont décapitées et portent des inscriptions au nom de Gudéa ou d’Our-Baou. Au moment de la découverte, elles étaient renversées sur le dallage de la cour: d’un côté, celles qui représentent des personnages debout; de l’autre côté, les statues assises. Une tête isolée et paraissant appartenir à l’une des statues fut aussi trouvée dans cette même cour. Les autres têtes ont été déterrées ailleurs, et l’on ne saurait dire si elles ont été détachées des statues acéphales que nous connaissons.

Toutes ces têtes, bien qu’offrant des caractères communs, se distinguent les unes des autres par des particularités qui révèlent l’habileté surprenante et la fé- Fl®- '->• — Tele chal,;lccnne-

, . ,11. (Musée du Louvre.)

condite du genie chaldeen des

cette époque reculée. La tête d’homme (hg. 14), trouvée dans la grande cour, est de grandeur naturelle, les che-

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veux et la barbe rasés complètement, comme dans certaines statues égyptiennes. Les sourcils forment une saillie exagérée au-dessus d’yeux énormes ; le crâne est sensiblement allongé; le nez mutilé nous empêche seul d’avoir le type complet de cette race chaldéenne, aux traits durs, aux lèvres épaisses et sensuelles.

Dans un tell voisin, M. de Sarzec a trouvé une autre tète, de même grandeur, d’un type également intéressant. Elle est d’un aspect moins sévère que la précédente, mais aussi habilement sculptée. Le visage est rond et presque souriant, le menton large et puissant, le nez épaté. La coiffure, très originale, se compose d’une calotte de laine qui emboîte rigoureusement la tête, et qui est munie d’un épais rebord dont le retroussis forme une sorte de couronne; les mailles du tissu de laine sont marquées conventionnellement par une infinité d’enroulements symétriques. Aujourd’hui encore, dans la basse Chaldée, les prêtres chrétiens du rite chaldéen s’enveloppent la tête d’un turban d’étoffe noire qui comporte un pareil agencement h

Pour les statues sans têtes, qu’elles soient assises ou debout, elles ont toutes les mêmes caractères, nous présentent des types identiques , et sont incontesta-

Fig. : 5. — Tête chaldéenne.

(Musée du Louvre.)

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