E. de Sarzec, Découvertes, p
L’ART CHALDEEN.
blement de la même école de sculpture. Voici un personnage assis sur une sorte d’escabeau non évidé : il rappelle involontairement les statues grecques de la voie sacrée des Branchides, à Milet, dont il a l’attitude religieuse. Un manteau sans manches est croisé sur la poitrine et rejeté sur l’épaule; de belles franges, délicatement ciselées, descendent dans toute la hauteur sur le devant ; les mains sont ramenées sur la poitrine , dans la posture orientale du recueillement et de la dévotion ; les pieds nus sont fouillés avec un souci du détail qui ne sera jamais surpassé pjg. l(j — Statue chaldéenne. (Musée du Louvre.) plus tard, même
par les artistes ninivites. Sur les genoux du personnage, une tablette était destinée à recevoir une inscrip¬
tion, un dessin au trait. En effet, une autre statue pareille à celle-ci, bien que de proportions moindres, a sur les genoux une pareille tablette, sur laquelle est gravé à la pointe le plan d’une forteresse avec ses bastions et ses poternes, comme le ferait un architecte de nos jours. Une règle longue de 27 centimètres et gra-
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duée, c’est-à-dire subdivisée en fractions d’inégales longueurs, mais proportionnelles, est en relief devant le plan auquel elle sert d'échelle; à côté, enfin, le stylet avec lequel l’architecte a gravé son dessin (voy. fig. 53). Les statues debout répondent à peu près à la meme description : elles sont aussi pieds nus et les mains croisées sur la poitrine, mais on se rend mieux compte de l’agencement du long châle, qui paraît former l’unique vêtement de tous ces personnages. L’Arabe se drape encore de la même façon dans son burnous, ce vêtement à la fois si simple et si majestueux du pasteur du désert. C’est une pièce d’étoffe de laine, dont les bords sont ornés de franges : pliée en deux, elle est roulée autour du corps, obliquement, de sorte qu’elle couvre un bras et laisse l’autre à nu ; l’angle supérieur engagé sous le premier tour suffit à maintenir l’ensemble. Nous retrouverons plus tard ce grand châle sur les bas-reliefs ninivites, de même que nous constaterons la persistance et l’exagération de ce style sobre et nerveux, qui, dès l’époque proto-chaldéenne, accentue trop sèchement les muscles et s’attarde avec une excessive complaisance aux détails anatomiques.
Les statues chaldéennes étaient destinées à être vues
Fig. 17.
Statue chaldéenne.
(Musée du Louvre.)
L’A RT CHALDEEN.
de tous côtés et non plaquées contre un mur; elles sont achevées complètement par derrière aussi bien que par devant. A l’encontre des statues trouvées dans les temples de Cypre, par exemple, elles permettent de constater que l’artiste n’a cherché à épargner ni son temps ni sa peine. Sous cette sobriété de sculpture et cette monotonie d’attitudes, on sent que l’art chaldéen est déjà bien loin des hésitations et des incorrections du premier âge; le ciseau s’attaque à la pierre la plus dure avec vigueur et succès; la main de l’artiste est expérimentée et sûre d’elle-même. Cet art archaïque est avant tout réaliste et vise à la recherche précise et même affectée de la nature. L’épaule nue est modelée et copiée avec une vérité surprenante, les mains et les pieds sont étudiés jusque dans les phalanges, les ongles, les rides de la peau. En même temps, les figures sont trapues, on peut même dire beaucoup trop courtes, ce qui contribue encore à grandir l’impression de force et d’énergie musculaire que nous laisse leur observation attentive.
La souplesse du génie chaldéen, dès le temps de Gudéa, éclate encore dans un monument singulier de la collection de Sarzec, que l’on peut prendre pour le pied d’un vase plutôt que pour la base d’une colonnette (fig. 1 8) . De petits personnages, en haut-relief, nus. assis à terre
ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
sont adossés à un fût cylindrique. Celui dont la figure est le mieux conservée a un visage ovale, d’une rare finesse et d’un type absolument étranger à celui des grandes statues; la barbe taillée en pointe, la tête couverte d’un turban de laine, il regarde de face d’un air souriant : dans toute la sculpture assyrienne, on ne rencontrerait peut-être pas une physionomie aussi originale. Nous ne savons quel est le sens de ces figurines accroupies contre cette sorte de bassin. Il semble qu’elles tiennent la place des taureaux et des lions ailés ou des autres génies fantastiques que l’art assyrien, bientôt, multipliera partout en manière de supports ou d’ornements architecturaux.
En avant du palais de Tello se trouvait un grand bassin en pierre décoré de sculptures dont quelques fragments sont arrivés jusqu’à nous. Cette cuve monolithe de 2"‘,5o de long sur om,5o de large, servait peut-être à abreuver les chameaux et les troupeaux qui faisaient halte à la porte de la demeure de Gudéa; ou plutôt, en raison de sa riche ornementation, peut-on croire que c’était un bassin consacré au service du temple, comme la mer d’airain du temple de J érusalem ou le vase d’Amathonte. Quoi qu’il en soit, il y avait sur ses deux longues faces, en bas-relief, des femmes les bras étendus en croix et tenant les vases magiques d’oü jaillissaient, de chaque côté d’un épi, deux gerbes de liquide: gracieux symbole de la fertilité proverbiale de la Mésopotamie enveloppée par les courants sacrés du Tigre et de l’Euphrate qu’on adorait sous le nom de Naharaïm , les deux fleuves par excellence. Le fragment reproduit ici (fig. i g) nous montre que les proto-Chaldéens donnaient
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déjà à l’eau courante la forme conventionnelle de lignes ondulées (voy.
aussi fig. 34) ; la femme est dessinée avec une surprenante véritéi. La même habileté technique se remarque dans un bas-relief -Ba-lief de Tello (d'aprt. Heuzey).
de Tello qui représente un personnage barbu, de face,
avec un costume dans lequel M. Heuzey a reconnu l’étoffe floconneuse appelée kaunakès par les Grecs.
Remarquons la manière délicate dont les artistes chaldéens traitaient le costume et la barbe. On peutpresque dire que l’art mésopotamien n’a plus de progrès à faire et qu’il donne toute sa mesure dès le temps fabuleusement reculé que représentent les antiquités de Tello. Il y a moins de modelé dans les figures qui ornent la partie supérieure du caillou Michaux ; le relief 1. L. Heuzey, Un palais chaldéen, p. 5g à 1 1 7 .
ARCHEOLOGIE ORIENTALE.
en est sec et plat, et le dessin affecte une raideur hiératique qui ferait croire à une époque de décadence ou du moins à un temps d’arrêt dans la marche ascensionnelle de l’art chaldéen. Ce monument, daté du règne de Marduk-nadin-akhi, roi de Babylone vers 1120 avant notre ère, était peut-être un caillou roulé par les eaux du fleuve et dont on a fait un bétyle ; l’inscription cunéiforme contientladonation d’un immeuble constitué en dot1. Les curieuses images sous la protection desquelles est placé ce contrat nous démontrent,
comme nombre de cylindres, que, dès cette époque, la mythologie chaldéenne était exploitée par les artistes qui savaient accoupler, sans tomber dans le monstrueux et le difforme, les formes humaines aux formes animales, et donner des figures symboliques aux astres et aux génies suprasensibles que leur folle imagination avait conçus. Le dessin de ces étranges figures n’est point maladroit; elles inspirent la terreur sans tomber dans la caricature et le grotesque qui caractérisent les images des dieux chez les peuples barbares. L’art chaldéen est aussi savant que les arcanes de
i. V. la traduction que j’en ai donnée, dans Lenormant et Babelon, Hist. anc. de l'Orient, t. V, p. 84.
Fig. 21. — Le caillou Michaux.
(Cabinet des Médailles.)
L’ ART CHALDEEN.
la mythologie sont compliquées. Voyez, par exemple, ce bouquetin ailé accroupi devant un autel; les contours anguleux de ses cornes sont rendus avec vérité, les muscles de ses pattes, peut-être mal placés anatomiquement, sont analysés dans les plus petits détails, et le mouvement de cet animal, qui fait un effort pour se relever, est bien naturel, tout en manquant de vie et de souplesse. Nous reconnaîtrons les mêmes caractères de sécheresse et de rudesse dans la stèle de basalte noire du même roi Marduk-nadinakhi. Ici, comme dans le caillou Michaux, le relief est plat; rien de souple, de gracieux ou d’aimable :
le génie chaldéen ne sait pas sourire. Ces amples vêtements de l’Oriental, ces draperies dont l’artiste grec saura tirer un si puissant effet, il se contente d’en gratter à la pointe, pour ainsi dire, les plis et les franges; il en fait de lourdes chapes brodées comme celles de nos prêtres. Mais,, en revanche, il StèledeMaduU.nadin.akhi. regarde ces broderies à la loupe, et (Musiie britannique.) il excelle à analyser et à traduire les richesses du tissu, les contours innombrables et compliqués du dessin. Nous pouvons dès lors prévoir que le sculpteur, perdant de vue la synthèse pour placer exclusivement son idéal dans l’infiniment petit, ne saura jamais se débarrasser de la formule étroite dans laquelle il a, de bonne heure, emprisonné son talent.
Fis
Toutes ses figures, dans la statuaire ou les bas-reliefs, si achevées quant au détail, ont dans l’ensemble une raideur hiératique et conventionnelle qui va, malheureusement, passer en héritage à l’artiste assyrien.
§ III. — La petite sculpture et les arts industriels.
Les Chaldéens savaient travailler le bronze avec autant d’habileté que la pierre. M. de Sarzec a recueilli des figurines de bronze qui, rapprochées d’autres monuments que l’on possédait déjà, permettent de fixer quelques jalons précis dans le développement graduel de l’art de fondre et de ciseler les métaux en Chaldée. Une certaine statuette d’homme ou de femme (fig. 23) peut être considérée comme l’essai leplusrudimentaire1. Elle a simplement la forme d’une tige cylindrique dont la partie supérieure est munie de deux bras et d’une tête humaine comme les xoana des Grecs, fig- aj. — statuette Cette tête, surmontée de petites cornes,
(Musée du Louvre ) est “ une barbarie étrange; elle rappelle l’art des populations de l’âge de bronze et les plus rustiques des terres cuites cypriotes. Le progrès est manifeste dans d’autres bronzes, éloignés peut-être du précédent de plusieurs centaines d’an-
. Perrot et Chipiez, op. cit., t. III, p. 604.
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nées. Ce sont des statuettes qui, au lieu d’être fixées sur un socle, se terminent par un cône renversé et très allongé qui devait servir à les enfoncer dans une matière molle comme du mortier. L'une représente un taureau couché, l’autre (fig. 24) un homme agenouillé tenant dans ses mains la base du cône; il est barbu et coiffé de la tiare à plusieurs paires de cornes réservée aux dieux et aux génies. Une troisième, enfin, est une femme portant une corbeille sur la tête et dont le corps a encore sensiblement l’aspect d’un lingot allongé.
Cette canéphore, dont les formes féminines ne sont accusées que par les seins et la largeur des hanches, nous conduit tout naturellement à parler d’une autre canéphore (fig. 25) trouvée à Afadj, sur l’Euphrate, et qui porte le nom du roi Kudur-Mapuk (2000 av. J.-C.). On peut voir par cette statuette que l’art du bronze suivait de près les progrès de la sculpture en pierre.
Si le corps et les bras sont encore des œuvres de demiinexpérience, la tête est fort remarquable; l’arcade sourcilière et les yeux sont traités comme dans les grandes statues de diorite; les cheveux sont complètement rasés. Les mêmes caractères s’observent dans une remarquable figurine de prêtre barbu, coiffé d’une tiare peu élevée, vêtu d’une longue tunique à franges
Fig. 24. — Statuette chaldéenne en bronze.
(Musée du Louvre.)
étagées1. Voici une statuette mutilée de Tello (fi g. 26); c’est un dieu debout sur un lion accroupi : la tête du lion rugissant a une expression farouche et sincère, mais la robe du dieuest cylindrique, sansampleuret sans modelé, et c’est en vain que l’artiste a voulu dissimuler cette raideur qui trahit son impuissance, en gravant les franges et les rosaces de l’étoffe. Remarquons que les longs poils du lion sont traités comme les frisures laineuses du bonnet de prêtre que nous avons vu tout à l’heure (fig. i5). L’animal a de toutes petites ailes; ses pattes de devant sont celles du taureau, celles de derrière se terminent par des griffes de lion; l’observation de la nature y est parfaite, mais dans ces stries conventionnelles qui ont la prétention de rendre la saillie des muscles, on sent la ten- Fig. 25. — Canéphorc dance à l’exagération et à la rudesse routinière que nous avons signalée dans la statuaire.
Dans l’un des petits monticules de Tello, M. de Sarzec a découvert un fragment d’une grande statue de bronze. « C’était, dit-il, une corne de taureau de grandeur naturelle, en lames de bronze, montée sur une forme en bois, mais le bois se trouvait réduit en charbon par l’action du feu2. » Il avait aussi trouvé une épée qui
de K.udur-Mapul;.
(Musée du Louvre.)
1. Perrot et Chipiez, op. cit., t. III, p. 60G, fig. 296. 2» E. de Sarzec, Découvertes, p. 61.
L’ART CHALDEEN.
fut volée et détruite par un Arabe. Mais nous pouvons citer une autre arme du même genre que possède le colonel anglais Hanbury1; la lame, recourbéeen faucille et triangulaire, porte une inscription votive au nom du roi assyrien Raman-nirar, fils de Pudiel (i,3oo ans av. J.-C.). La particularité curieuse de cette arme, c’est qu’on voit gravé sur l’un des plats un petit cerf couché, qui est la marque du fabricant : dès cette époque, l’amour-propre des artistes est en jeu et il s’affirme par les mêmes procédés que de nos jours.
Phénomène qui peut surprendre au premier abord, la céramique chaldéenne fut loin de suivre les progrès de la sculpture. Les fouilles deTelloont enrichi le musée du Louvre de cinq cents cônes en terre cuite au nom de Gudéa et d’Our-Baou, mais ce ne sont là que des produits industriels, sans caractère artistique et qui se rattachent à la fabrication de la brique. Les nécropoles de Warka et de Mughéir ou l’on aurait pu s’attendre à rencontrer des œuvres d’art, comme dans les tombeaux de la Grèce ou de l’Etrurie, n’om fourni que des vases grossiers qui témoignent de l’infériorité absolue de la céramique chez les Chaldéo-Assyriens. Tous
i. Revue archéologique, 1 883 (3e série, t. II), pl. XX.
Fig. 2(5. — Statuette chaldéenne en bronze. (Musée du Louvre.)
ARCHfOL. ORIENTALE.
sont d’une barbarie et d’une rusticité singulières, qu’ils viennent des tombes archaïques deWarka et de Mughéir ou qu’ils sortent des décombres des palais, où pourtant l’art sculptural prend son essor et s’étale dans son complet épanouissement. Les poteries assyriennes, même celles de la meilleure époque, ressemblent parfois à s’y méprendre aux poteries les plus archaïques de la Grèce propre et des îles de la mer Egée. Mais ici ce ne sont que les rudiments de l’art, les premiers efforts du potier qui bientôt façonnera des chefs-d’œuvre ; là, au contraire, ces vulgaires récipients de cuisine sont tout l’art et représentent à la fois le point de départ et le point d’arrivée. Ce délaissement de la céramique par les artistes chaldéo-assyriens tient à des causes géologiques et climatériques analogues à celles qui, en Assyrie, comme nous le verrons, ont fait développer la sculpture en bas-relief au détriment de la sculpture en ronde bosse. Il est dû particulièrement à la mauvaise qualité de l’argile de la Mésopotamie, qui, très propre à être convertie en carreaux de briques, n’est pas d’un grain assez fin pour qu’on puisse en façonner la fragile enveloppe d’un large cratère ou d’une svelte amphore, et, à plus forte raison, pour se prêter à tous les détails du visage et des vêtements de figurines gracieuses et élancées comme celles de Tanagra, de Cymé ou de Myrina.
La cohésion de l’argile mésopotamienne est si imparfaite que les terres cuites babyloniennes qui nous sont parvenues s’effritent presque au simple toucher, malgré la cuisson à laquelle elles ont été soumises. On remarque que pour donner à la panse des vases quelque
L’ART CHALDEEN.
consistance et prévenir les gerçures, le potier a dû malaxer la pâte argileuse avec de la menue paille. Impossible donc d’amincir les parois, de les façonner artistiquement; dès lors, il n’eût pas été naturel de décorer de peintures riches et soignées des vases qui ne pouvaient être que lourds et grossiers. On s’est contenté de tracer des dessins géométriques, des bandes de couleur, des oves, des festons symétriques autour du col des amphores; rien qui, dans cette décoration, soit emprunté au monde animal ou végétal, à la mythologie ou à l’histoire que l’artiste savait pourtant si merveilleusement exploiter pour la décoration des vases de métal, des bibelots en ivoire, en bois ou en pierre.
Les figurines de terre cuite chaldéennes, si grossières qu’elles soient, ne sont pas complètement dépourvues de tout intérêt pour l’histoire de l’art et de la mythologie, et M. L. Heuzey a su finement les apprécier à ce double point de vue1. Les statuettes que Loftus a recueillies en grande quantité à Warka sont en terre massive et ont été fabriquées avec un moule d’une seule pièce; le dos est plat et façonné à la main. L’argile est d’un gris verdâtre, quelquefois brun; elle est très cuite et très dure. L’attitude de ces petits magots offre des rapports singulièrement frappants avec les terres cuites égyptiennes du premier empire : ce sont des hommes en robe traînante, la barbe taillée à l’assyrienne, des femmes vêtues de tuniques serrées et portant des coiffures tombantes comme les figurines
i. Les Figurines antiques du musée du Louvre, p.
et suiv.
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d’Égypte ; les mains sont ramenées sur la poitrine dans l’attitude religieuse que nous connaissons déjà par les statues de Tello. Il est d’ailleurs fort difficile de préciser l’cpoque de ces figurines, qui, pour la plupart peut-être, ne sont pas antérieures au temps de Nabuchodonosor. Aussi, nous y reviendrons plus loin. Il nous suffit pour le moment de constater combien peu varié et pauvre était le thème exploité par les coroplastes chaldéens à l’époque où la sculpture et les autres arts étaient pourtant déjà très florissants.
Les monuments que nous venons .
de passer en revue permettent d’apprécier le degré de prospérité et de perfectionnement qu’avaient atteint, à côté des arts nobles, diverses industries chaldéennes, telles que la tapisserie, le tissage et la broderie des étoffes. La stèle de Marduk-nadin-akhi, par exemple (fig. 22), témoigne de la merveilleuse habileté des femmes du harem royal ou des ouvriers de l’atelier d’ou sont sorties cette robe à franges d’or, couverte de dessins élégants et de pierres précieuses enchâssées dans la trame du tissu, cette tiare ornée de plumes et de marguerites épanouies, ces sandales dont on pourrait compter les larges mailles en losange,. M. Keuzey 1 a démontré que l’étoffe appelée kaunakès (xxweûwi?) par
Fig. 27. — Statuette chaldéenne en terre cuite (Louvre).