III. AGRICULTURE INDUSTRIE
COMMERCE
dans des arbres. A côté de lui se voient généralement les paniers où les raisins sont entassés pour être portés au cellier.
Là s'opérait le foulage, première façon donnée à la vendange. Le fouloir, tel qu'il est décrit par les auteurs et que les ^monuments * nous le montrent, était un bassin rectangulaire percé latéralement de trous où étaient engagées des rigoles de maçonnerie ou des tuyaux de terre cuite; ces trous donnaient passage au jus de raisin, qui tombait dans des vases de terre cuite disposés au
Fig. 486. — Intérieur d'un cellier.
bas de la cuve pour le recevoir ou dans des auges de pierre. La scène est représentée au mieux dans la mosaïque de Saint-Romainen-Gal (fig. 486). On y voit le cellier, hangar couvert, autour duquel court, au premier étage, une galerie bordée d'une balustrade. Dans la cuve deux hommes, à peine vêtus, se tenant par la main, foulent le raisin en cadence, tandis qu'un troisième joue de la double llûle pour régler leurs mouvements. Dans certains monuments^, les
1. Cf. Billiar.l, op. cit., Vv^. 123, 133, 136, 1 lô, 1 i7 ; pi. \in et xiv.
2. Exemple: un bas-relicr de \'enise (Billiard, //)/</., fig. 147); cf. aussi fig. 67 et pi. xin.
fouleurs paraissent munis d'une sorte de béquille, sur laquelle ils s'appuient; celte canne leur permettait de ne pas perdre l'équilibre' au milieu de l'amas gluant et glissant que formait la pulpe de raisin écrasé.
Le foulage achevé, le marc, encore riclie en jus, était porté dan« des corbeilles au pressoir (orculnr ou lurcularinm]. La théorie de cet instrument a été exposée longuement par Caton dans son De re rustica ; mais, mieux que tous les textes, les découvertes faites à Boscoreale et dans d'autres fermes voisines de Pompéi • en font comprendre l'aménagement-.
La pièce où les pressoirs de Boscoreale étaient installés se composait, ainsi cjuil a été dit plus haut et que le plan l'indique (fig. 160 R), de trois parties: au centre une aire de terre battue, de même niveau que la cour; adroite et à gauche, deux plates-formes de 6 mètres en largeur sur l mètres en profondeur, un peu plus élevées.
Les plates-formes sont percées chacune de trois trous disposés en triangle, deux en avant de la banquette qui limite la plateforme, un au fond; cavités maçonnées, communiquant entre elles dans le sol par un passage souterrain. Dans ces cavités étaient engagés les bâtis de deux pressoirs. Celle du fond recevait une poutre solide (ar/)or), entaillée pour donner passage à l'attache du levier (prelum) ; on plantait dans les deux autres deux poutres plus courtes [stipiles) que reliait un rouleau isucula). Autour de la suculn s'enroulait une corde qui enveloppait d'autre part le levier à son extrémité et permettait de l'abaisser vers le sol ; pour augmenter la tension il suffisait de faire virer le rouleau, à la façon d'un cabestan, au moyen de barres engagées dans les trous qui y étaient ménagés ^. C'est cette opération de force qui est figurée dans une fresque de la maison des Vettii et sur la mosaïque cle Saint-Homain-en-(ial. Des Eros dans la première (lig. 485), des hommes dans la seconde sont suspendus à une longue barre verticale qu'ils attirent à eux de tout leur poids. Au centre de la plate-forme, sous le prelum, on plaçait les raisins contenus dans uu panier, solidement enveloppé de cordes pour éviter l'éclatement: on disposait par-dessus la charge un plateau de bois qui répartissait également la pression sur toute la surface.
1. Héron de Villcfosse, Mnnumenls Piot, V, p. 17 ; l*;is(|iii, MonuniiMiti dei Lincei. VII. p. Hil ; Notizie deffli Scuvi, \H'M, p. :yr2 et suiv.
2. Le lecleur est prié de se repoitcr uu plan de la villj doiméù la li^^ loO.