I. LA PEINTURE
la peinture à la détrempe ei la peinture à l'encaustique, sans parler d'une combinaison des deux dernières, dile détrempe cirée ou à cire brûlée.
A. — La peinture à fresque] {al fresco, disent les Italiens)^ s'exîcule, comme son nom l'indique, sur l'enduit e/jcore frais d'une muraille. Elle n'emploie que des couleurs délayées dans Teau et de nature minérale ; la chaux de Tenduit attaquerait, et noircirait en les décomposant, toutes matières organiques, couleurs ou liaisons, d'origine animale ou végétale. La liberté du peintre est ainsi fort limitée ; en revanche, la chaux sert de fixateur aux tons déposéspar le pinceau : elle projette un hydrate qui, au contact de l'air, se combine avec son acide carbonique et crée peu à peu, sur tout le champ, une mince et transparente pellicule de carbonate, glacisassez dur pour résister à un lavage et aux effets des intempéries * .
' Des critiques pointilleux ^ ont bien affirmé, à la suite de recherches microchimiques, qu'on rencontrait presque sans exception, dans les peintures murales, des parcelles organiques; mais celles-ci sont en quantités si minimes que leur influence est négligeable ; on n'a pas dû les introduire volontairement ; elles se seront trouvées à l'état naturel dans l'eau ou dans le sable.
Ce procédé existait dès l'époque égéenne ; on l'utilisa de trèsbonne heure en Italie : d'anciennes peintures qu on admirait au i*'^ siècle de notre ère, selon Pline, dans de vieux temples du Lalium,. à Ardée et Lanuvium, étaient certainement des fresques, qui avaient gardé leur fraîcheur malgré la disparition des toitures et les accidents atmosphériques qui en pouvaient résulter.
Les peintures campaniennes et celles qu'on a retrouvées à Rome relèvent essentiellement de la technique à fresque ; Mazois l'avait aussitôt pressenti ; Donner confirma cette vue, ayant expérimenté
I-II. Folgc, Munich, 190i, 8°. Résumé des idées de Berger, par II. Bliimncr. dans les Neue Jahrbûcher fur dus A/as.s. AUerliim, 1905, I, p. 202-219; confirmation de Donner par F. Gerlich, ihid., 1908, I, p. 127-li7: examen par un troisième peintre, O. Breitschedel, Znr Technih der rôniiscli. pompejan. Wandmalerei, Munich, 1911, 8". G. Perrot, op. cit., p. 187 et suiv., approuve Donner. Pour les fresques catacombales, plus haut, p. 11, note 5. Tout cela concerne la peinture murale. Pour les portraits sur bois, étude récente d'Ad. Reinach (Rev. arc/i., 1914, II, p. 32-53: 1915. II, p. l-SG). qui utilise notamment la Préface de Donner au Cntnlogiie de la Collection Gruf. Paris,. 1890 ; Flinders Pétrie, op. cit., et Edgar (cf. notre t. I, p. 533, note 1).