Kspi'Taudieii, nus-reliefs. I, p
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iarium). Au centre s'élevait une courte colonne appelée miliarium qui supportait les axes des meules [orbes). On donnait à celles-ci la forme de calottes sphériques, dont la convexité épousait les contours du mortarium sans y adhérer. Au haut du miliarium était fixée une tige de métal, dénommée cupa^ qui s'engageait dans une longue barre de bois. Cette barre passait comme un essieu dans le centre des meules et servait à les mettre en action. Elles recevaient
Fig. 491
Piessoir à huile, d'après M. Saladin,
ainsi un double mouvement : mouvement circulaire autour du miliarium, mouvement rotatif autour de leur axe, ce qui avait pour résultat d'écraser la pulpe sans briser le noyau, les roues étant suspendues de façon à n'être en contact ni avec les parois de la cuve, ni avec le miliarium.
Cette première opération terminée, il restait à soumettre la pulpe écrasée à une pression suffisante pour en exprimer Ihuile pure qui y restait. Ceci se passait dans une seconde pièce, le (orcularium^ caractérisée par la présence d'un ou plusieurs pressoirs. Le pressoir à huile se construisait comme le pressoir à vin décrit plus haut. Il est inutile de répéter ce que nous avons dit à ce sujet; il suflira d'insister un peu sur les ruines d'établissements de cette sorte qui ont été signalées en Tunisie, en Algérie et en Tripolitaine, pour en faire ressortir la valeur archéologique. Dans ces pays le voya-
1 If ILE
peur reiu'onlre très souvent, perdus dans la campagne, deux montants de pierre, réunis au sommet par un linteau, et percés à différentes hauteurs de trous qui les traversent; en avant, quand elles ne sont pas cachées par la terre ou la vég^étation, se voient des pierres plates creusées de rigoles circulaires aboutissant à des cuves. Tantôt ces paires de montants sont isolées, tantôt elles se présentent au nombre de deux, trois et plus, juxtaposées. En pareil cas on est en présence d'une de ces exploitations agricoles, comme il en existait tant en Byzacène et dans le sud de la Numidie. M. Saladin * a étudié à Choud-el-Battal un de ces ensembles formé (le six pressoirs alignés. I.a restitution qu'il a proposée de l'appareil figure ci-contre (fig. 491), avec la légende explicative que nous lui empruntons ^. M. Gsell, de son côté •^, a décrit une huilerie de même importance fort bien conservée encore, sise à Bir-Sgaoun, dans la région de Tébessa ; les pressoirs y occupaient le fond d'une immense salle, longue de '20 mètres et large de 18 ; le reste servait de magasins et contenait les meules à décortiquer les olivesv
M. Saladin a admis, dans son croquis, que les fruits soumis à la presse étaient enfermés dans des paniers; il est fort possible, comme on l'a supposé en présence d'une grosse cuve cylindrique, percée de trous, trouvée en Tunisie, à Thala •, que dans certaines r ibriqiies les paniers aient été remplacés par des claies de pierre, il n'est guère douteux non plus, qu2 la presse à vis signalée cidessus à p.'opos de la fabrication du vin, rem^^laçàt aussi, dans les 'exploitations mieux outillées, le pressoir à cabestan.
1. Rapport de mission {Arch. des missions, 3' série, t. XIII), p. 125 et suiv., ■t fjK- 218, 219.
2. « Le premier se compose de quaLie poteaux verticaux M T, ici deux en pierre M et deux en bois T, surmontés de forts poitrails. Dans Tentre-deux des quatre poteaux du pressoir est engaffée par ses deux extrémités une poutre m >bile P. L'un de ses bouts est retenu à une hauteur qu'on fixe à volonté (des f)arre8 L, L', f^lissies dans les ouvertures II, limitent sa course haut et bas). Des Coins G, enfoncés po;^ressivement dans les rainures II, la fixent dans des positions successives à mesure que le plateau K s'abaisse: l'autre bout X monte ;t I m jyen de câbles, passant dans des poulies; la presse descend par la trac-
on exercée au point X p ir un treuil. Kn s'ahaissant elle afj:il sur un poteau V. rtical, I. placéjtrès près de l'extrémité où elle est retenue aune hauti'ur lixe. Ce poteau appuie sur un fort plateau K. Celui-ci s'ajuste sur une aii-e de maçonnerie où se placent les cabas de jonc à claire-voie N, contenant le marc h presser; le licpiide s'écoule par les rij^oles Q, Q dans les bassins S. Quand la |)res8c est au bout de sa course, on la relève par les poulies et les cordes A et V. n
3. .Wo;ir;m '/j/.s- ilt; rMijèrie, II, j). 2'» et suiv. Ci". Ii;^ K'» et l»o, pi. i.xxv, I \\\ I .
i. lUill. lie l:i Direction Je i Afjrirnlhire <le lu Ht'-ifriur dr Tunis, 1807, p. ^(\ ctpl ..
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Le torciilariuni de Boscoreale contenait, outre la presse et le trapetnm, un mobilier accessoire qu'il faut énumérer : d'abord une vasque divisée en deux parties par une cloison verticale ajourée; elle servait au décantage de l'huile à la façon de ces citernes de dépuration citées plus haut (I, p. 88 et 89); Thuile passait peu à peu du premier compartiment, où elle arrivait toute trouble au sortir du pressoir et déposait la majeure partie de ses impuretés, dans le second ; puis un bassin rectang-ulaire en maçonnerie bien cimenté, réservoir où le liquide achevait de se décanter; enfin, un certain nombre de grandes jarres en terre cuite à forte panse et plates du fond, telles qu'on en a rencontré à Pompéi et dans toutes les parties du monde romain ^ .
L'huile étant aussi employée que nous l'avons dit, il devait exister un nombre de marchands en détail considérable. On se fera une idée de la façon dont leurs boutiques étaient installées en se repor-* tant à celle qui a été fouillée à Pompéi en 1852 sur la voie de Stabies' ^. Le comptoir de marbre, où adhérait encore le pied d'un vase de bronze, était percé de huit cavités occupées par des jarres de terre cuite; on y a recueilli au fond des olives et des résidus d'huile; une grande jarre isolée g"isait dans un coin de la pièce. On a constaté dans un autre la présence d'une petite citerne en maçonnerie où le négociant puisait la marchandise mise en réserve.
Les amphores qui servaient au transport de l'huile portaient souvent, comme les amphores à vin, des inscriptions peintes, indiquant leur contenu. Sur un vase trouvé sur le Quirinal ^ on lit :
OLEI COMMVNIS P-TT
VSIBVS CELLARI SEVERI
DE FVNDO BVOGENSl
Olei communis p[ondo) II; iisibus cella,ri[i) Severi ; de fundo Biiogensi ; ce qui précise le poids d'huile enfermé dans le récipient, le nom du propriétaire auquel elle était destinée et la localité où elle avait été fabriquée.
Il en était de même, au reste, pour d'autres produits très répan-
1. Voir une série de jarres de cette sorte dans Tlu'denat, Pompéi, II, p. 12», fig. 61.