‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 199 sur 425 · UabcKtii. ')/>. (•(/., p. ii.jj · texte numérisé non relu

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propos desquels ils ont été émis. Ainsi, sous Antonin le Pieux, on voit paraître une série de pièces qui se rapportent au 900" anniversaire de la fondation de Rome ; les scènes qui y figurent appar-

Fig. 504. — Médaillons romains.

tiennent à la même catégorie : aventures d'Hercule et de Gacus, débarquement des Troyens et rencontre de la truie prédite par Foracle, Horatius Goclès traversant le Tibre à la nage (fig. 504,1), Lavinium et la cabane d'Énée, etc.

D'autres médaillons rappellent les jeux du cirque et de Taniphithéâtre, donnés à l'occasion de grandes letes de Rome ; sur certains on a figuré Tallocution d'un empereur à ses troupes, l'arrivée ou le départ d'un souverain à la tête de l'armée, un triomphe consécutif à une guerre heureuse, une Victoire érigeant un trophée au pied duquel sont assis des captifs (fig. 504,2) ou encore la porte d'une A'ille enlevée d'assaut, avec des prisonniers de cliaque côte.

Les médaillons sont des documents particulièrement intéressants à cause de leur valeur artistique et aussi parce qu'ils nous font connaître par l'image des faits marquants de l'histoire de Rome; car les monnaies de toute taille ne sont pas seulement

.MKDAILLUNS

importantes pour récoiioinie politique romaine : elles fournissent à qui les interroge un nombre inlini de renseig"nements. Tout d'abord, elles nous ont conservé le souvenir d'événements et de personnai^es dont les uns sont connus par les textes des auteurs, mais client beaucoup d'autres seraient, sans elles, entièrement ignorés. A partir de la fin de la liépublique le droit des pièces romaines reproduit les traits des citoyens illustres : les emprunts ([ue nous avons faits à la numismatique dans le chapitre relatif aux portraits eles empereurs el des grands hommes montrent le parti qu'on en peut tirer pour l'iconographie. Quant aux revers, ils déroulent devant nos yeux toute l'histoire illustrée de la République et de l'Kmpire depuis les temps légendaires jusqu'à la iin : les expéditions militaires, les harangues des généraux à leurs soldats, les triomphes, les sacrifices d'actions de grâces après la victoire, l'investiture donnée aux princes étrangers, les bienfaits répandus par les empereurs autour d'eux, les remises d'impôts, les créations d'institutions charitables, les constructions publiques, l'^née emportant son père Anchise parait sur un denier de César ; Numa et .\ncus Marcius sur ceux des Calpurnii et des Marcii ; Junius Brutus, sur les monnaies de Brutus, le meurtrier de César. L'enlèvement des Sabines et Tarpeia écrasée sous les boucliers des Sabins figurent au revers des pièces de la gens Tituria. D'autres monnaies montrent les Parthes rendant aux Romains les enseignes perdues par Crassus, Germanicus posant la tiare d'Arménie sur la tête d'Artaxias et Antonin le I^ieux donnant un roi aux Quades; Néron, sur une estrade, offrant au peuple un congiaire, Hadrien parcouraril les différentes provinces de son empire, Trajan distribuant des secours à déjeunes enfants et Antonin le Pieux aux puellae Faustiniunae. On peut suivre ainsi jusqu'au iv* siècle la suite des événements les plus marquants de chaque règne '.

Outre leur valeur historique les monnaies romaines possèdent une valeur archéologique ; elles nous représentent bien des œuvres d'art de la sculpture et de l'architecture. Si, à cet égard, elles n'ont pas la même importance que les monnaies grecques, il faut pourtant reconnaître que, sur un grand nombre d'entre elles, se trouvent reproduites des statues dont nous pouvons discerner sûrement la nature, leur nom étant inscrit à côté de la représentation ellemême. Il suffira de rappeler toute la série de ces personnifications divines: la Libéralité, la (Constance, la Fidélité, la Concorde, la

1. (^f. Kdw. \. SydiMiham, Hisloricai Heferences o/t Coins nf Hw Hnni:tii Empire from Aurjustus lo Gallienus, Londres, 1917, 8».

278 V. l'OIDS ET MESURES

Santé, FEspérance, la P^élicité, la Fortune, la Clémence, la Juslice, ri{quité, que les Romains, surtout ceux de l'époque impériale, avaient introduites dans leur panthéon et dont les fig-ures si nombreuses dans les musées et si peu différentes les unes des autres, sauf par de menus détails, ne pourraient être identifiées, si nous ne possédions leur image certaine sur des monnaies.

Très nombreuses et plus curieuses encore peut-être sont les vues d'édifices romains, italiens ou provinciaux. Sans doute ces vues n'ont pas la netteté et la fidélité auxquelles les dessins et les photographies nous ont habitués : les plans sont confondus, la perspective est conventionnelle, les détails simplifiés et, par suite, l'exactitude générale très sujette à caution ; il n'en est pas moins vrai qu'en les étudiant on y trouve des renseignements intéressants et tout à fait uniques. Presque tous les grands monuments de la capitale, aujourd'hui disparus ou extrêmement mutilés, y sont figurés : la colonne rostrale de Duillius, le cirque, les thermes, le temple de Jupiter Gapitolin, ceux de Janus, de Jupiter Feretrius, de Vénus, de Junon, le macelliim bâti par Néron, la basilique Émilienne et la basilique Ulpienne, l'arc de triomphe de Septime Sévère, le château d'eau appelé « les Trophées de Marius », etc. Le fameux temple de Vesta, dont il ne subsiste plus que le soubassement, ne nous serait pas connu sans certaines monnaies d'Auguste, de Vespasien, de Faustine la mère, de Marc-Aurèle, de Lucille, de Julia Domna : c'est grâce à elles qu'on a pu en proposer des restitutions tout au moins très vraisemblables. Pour l'Italie elles provinces, la série est moins riche, mais non moins instruclive. Citons la monnaie de Claude qui reproduit le port d'Ostie, celles de Trajan où se voient celui de Centum cellae (Cività Vecchia) et le pont jeté par cet empereur sur le Danube, l'image de l'autel de Rome et Auguste à Lyon, ou encore, sur un médaillon de Constantin, la vue de la ville de Trêves en Germanie, avec son enceinte baignée par la Moselle et la porte flanquée de tours qui y est percée.

§ V. — Tessères.

On peut rapprocher des monnaies proprements dites * les tessères Kionétiformes en bronze ou en plomb, dont on possède un grand nombre d'exemples '^.

\. Cf. i»lus haut, 1, p. 160 et suiv.

2. Babelon, Traité des monnnies (jr. et voin., I, p. 706 el suiv., et Lafaye, dans 1 e Dict. des Anl. de Saglio, au mot Tessera.

TESSERBS

A. — Les tessèresde bronze ^ se présenteni sous la forme de petites médailles dont le module est de 2U à 25 millimètres. Mettant;» part celles qui doivent avoir quelque rapport avec le commerce, on les a classées en trois catégories :

!•* l.,es unes p>ortent au droit une tète impériale — car aucune des lessères connues ne parait antérieure à l'empire. La suite des princes représentés comprend deux «groupes: d'une part Aug-uste et SCS successeurs jusqu'à Néron, de l'autre un certain nombre de souverains du i\'^ et du v*' siècle, Julien l'Apostat, Théodose, Arcadius, Honorius. Au revers se lisent des chilVres, en relief pour la première série, en creux pour la seconde. Us vont de l à XVI ; on trouve aussi quelquefois XIX. On admet que les tessères de cette sorte étaient des pions de jeux, analoi^ues à nos dames.

2^ Il en serait de même des tessères de la seconde caté^^'^orie, qui montrent au droit des tètes de Minerve, de Méduse, de Silène, des ligures d'athlètes, d'animaux sauvages, ou d'autres sujets relatifs aux représentations scéniques ; au revers, comme les précédentes, la série des chiifrcs de I à XVI, quelquefois le nombre

3" L ne troisième catégorie a reçu le nom de iessèresspinlrienfies; le revers, est le même que pour les autres, mais le droit est occupé par des représentations obscènes. On peut croire qu'elles aussi servaient de jetons à des joueurs. La fig. 505- représente une scène de

Fig. 505. — Tessère de jeu.

jeu ligurée sur une tessère de bronze : au droit, deux hommes, assis vis-à-vis, tenant sur leurs genoux une sorte de damier, et à côté le mot .MoR.A.qui précise la nature du jeu ; au revers, le chiffre XIII dans une couronne.

Il existait aussi certaines tessères de bronze plus grandes, qui se rapprochent par leur diamètre non pins des monnaies, mais des

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