ohen, loc. cil., n
médaillons. De celle sorle sont trois pièces munies de bélières, trouvées en France, dont Tinscription indique en abrégé le nom d'un collège, suivi des dénominations d'un membre de ce collège, et' que Ton peut regarder comme des insignes portés par les titulaires. Mais le nombre des monuments de celle nature est minime *.
B. — Les tessères de plomb sont beaucoup plus communes et beaucoup plus variées^. Là encore il faut distinguer plusieurs catégories.
Il y a d'abord les cachets de commerce, qui élaient apposés sur des sacs et des ballols. Leur destination ne fait aucun doule ; car sur beaucoup d'entre eux on voit encore, à [l'avers, l'empreinte de l'étofTe ou du bois où ils élaient appliqués. Certains sont percés dans toute leur largeur d'un conduit où était engagée la cordelette destinée à les fixer. Les uns sont estampillés sur leurs deux faces, chaque branche de la tenaille qui servait à plomber les colis, portant une empreinte différente; les autres n'offrent qu'un sceau, au droit. On a découvert des plombs de cette nature surtout à Rome et à Lyon, dans la Saône ^. Ils avaient été apposés sur des envois faits par des fonctionnaires et des particuliers, et non seulement sur des marchandises appartenant à des commerçants, mais encore sur les produits des fabriques de l'Etat ou des domaines impériaux, expédiés à Lyon pour les services publics, comme aussi sur les paquets destinés aux troupes cantonnées aux bords du Rhin et en Bretagne.
On rencontre sur les plombs de commerce les sujets les plus divers : noms d'empereur avec la mention de certaines administrations financières (fig. 506,1 : r[atio) cÇas(rensis), à côté des têtes de Marc-Aurèle et de L. Verus) ; noms de fonctionnaires accompagnés de leur titre; noms de villes; désignation de corps de troupes ; noms et têtes de commerçants (fig. 506,2: L. Sexiili Mercaloris) ; noms de commerçants avec la figuration des marchandises qu'ils vendaient (fig. 506,3 : Terlinior[um), autour d'un vase) ;
1. Babelon-Blanchet, Bronzes de la Bibl. I\at., n» "315. Cf. Héron de Villefosse, Bull. arch. du Comité, 1912, p. 103 et suiv.
2. M. Rostovtsew et M. Prou, Catalogue des plombs de l'antiquité, du moyen âge et des temps modernes, de la Bibliothèque Nationale, Paris, 1900, 8"; M. Rostovtsew, Tessères romaines de plomb (en russe), Polrograd, 1903, 8»; Id., Hôm. Bleitesserae, dans Klio, III (1905); Id., Tesserarum urbis Bomae et suburbi plumbearum sylloge, Petrograd, 1903, 4° (texte), f° (album).
3. P. Dissard, Collection Bécamier. Catalogue des ploml)s antiques. Paris- Londres, 1905, 8°.
FiîT. 506. — Plombs de commerce.
Fip. 507. — Te$ter^e nummuri.te.
imag-es de toute nature dont la raison d'être nous échappe le plus souvent (fî^^ 506,4: Pan).
\J]\e seconde classe de plombs se compose de ceux qu'on a appelés tesserae nummariae. Ce ne sont plus — et ceci s'applique aussi à ceux dont il sera question dans la suite — des sceaux ou des médailles commerciales, mais des jetons. On y voit des bons destinés à obtenir la livraison de certains objets dans les caisses ou les magasins publics. Les types et les légendes sont copiés souvent sur ceux des monnaies : d'une part, l'effigie impériale ; de l'autre, des images variées, divinités, telles que Jupiter, Minerve, Apollon, l'Annone, l'Abondance, la Fortune ; personnages, par exemple, un cavalier, un légionnaire; objets, couronne (fig. 507,1 ), épis, modius, amphore. Ces derniers symboles font allusion à des libéralités impériales, distributions de blé, congiaires (fig. 507, 2, avec la légende : ex liheralitate Ti. Claudi [C]ae. Aug, ; fig. 507, 3, avec la représentation d'un modius surmonté d'épis). Un certain nombre de tessères portent la mention de collèges, collèges dejuvenes (fig. 507, 4), c'està-dire d'associations de jeunes gens, assez répandues dans les municipalités romaines, qui se livraient en commun à des exercices et au métier des armes et qui formaient ainsi des sortes de milices; collèges religieux, comme les sodales consuales (fig. 507,5), association consacrée au culte de Gonsus.
Ces jetons de collèges servaient, eux aussi, de bons pour prendre part à des distributions, ou encore de jetons de présence à échanger ultérieurement contre une somme d'argent.
Les tesserae convivales étaient des tickets d'entrée pour des repas, offerts par les magistrats à Rome et dans les municipes ; les tesserae hospitales, des billets de logement qui donnaient droit à être hébergé dans les hôtelleries publiques établies le long des voies romaines ou dans les villes.
Les tessères de spectacle sont comparables à nos billets de théâtre. Les images qui y figurent se rapportent toutes aux jeux ; on y distingue la tête d'Apollon, ou des gladiateurs, des acteurs comiques, des masques, des bestiaires, des lions, des ours, des taureaux, des éléphants (fig. 507,6). Parfois même on y lit des numéros, qui indiquent la place réservée.
Certains plombs, analogues à ceux qui ont été cités à propos des plombs de commerce, mentionnent des établissements privés ; soit qu'ils y donnassent entrée, comme ceux qui portent les légendes /ia/i/iewm (fig. 507,7) ou lliermis, et s'y achetassent à la porte, soit
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