VII. BATEAUX DE GUERRE ET DE COMMERCE
sur le sujet les manuels d'antiquités ; nous rappellerons seulement l'essentiel ^.
Les variétés de bateaux pullulaient, à en juger parla nomenclature, œuvre d'un pédant plutôt que d'un technicien, de la célèbre mosaïque d'Althiburus ^ (fig-. 379) ; en fait, les nuances étaient parfois insignifiantes et, les dénominations ne dérivant pas toutes de la môme langue, il y a là des doubles emplois ^. Ce sont les catégories qu'on voudrait différencier ; mais les monuments ne se prêtent guère à ces distinctions.
Les procédés de navigation les plus élémentaires n'étaient pas abandonnés; on a retrouvé en Angleterre un esquif, bien instable, taillé dans un tronc d'arbre ^ ; le radeau, formé de poutrelles raccordées, n'exposait pas aux mêmes risques, mais il ne supportait pas de lourdes charges, et sa propulsion était lente, difficile à régler. On se servait quelquefois de ces deux variétés pour la pêche. En dehors de ces deux types simplifiés, il se faisait bien d'autres petits bateaux ne rentrant pas dans les deux groupes fondamentaux : naves longae (vaisseaux de guerre), et onerariae (bâtiments décharge ou de commerce). Les premiers, estimés selon leur vitesse, étaient mus par des rames, avec l'aide des voiles, le cas échéant ; les seconds avançaient au gré du vent et ne recouraient à l'aviron que pour des manœuvres secondaires. Les navires longs sont distingués avant tout par le chiffre de leurs rangs de rameurs, qui dépasse bien rarementtroissous l'Empire; encoreles trirèmes nesont-elles pas en majorité, et si l'on nomme triérarque tout capitaine de navire, c'est que la trière avait dominé en Grèce et qu'on empruntait aux provinces grecques beaucoup d'officiers; par-dessus tout foisonnent les birèmes dites liburnae, du nom d'un peuple dalmate qui en créa le type, et l'on finit par qualifier ainsi, arbitrairement, toutes les unités.
La disposition des rameurs, gros problème pour l'époque grecque, est aussi insoluble pour les siècles suivants : les trirèmes des reliefs de Naples ^ et les birèmes de la colonne Trajane ^ sont
1. G. Torr, au mot Navis [1904], dans Saglio, Dicl. des Ant., traite en bloc des navires anciens, sans distinguer les nationalités. Cf. aussi E. Assmann, dans Haumcister, DenkmiUer, III, p. 1503-1639.