BATEAUX DE GUERRE ET DE COMMERCE
absolument conventionnelles ; les documents figurés ne sont pas clairs et ils se contredisent ; il dut y avoir des ditFérences de structure, mais surtout les sculpteurs n'auront obéi qu'à leur fantaisie. Il semble bien maljjré tout (jue les lignes de rameurs étaient droites et ne suivaient ni la courbe extérieure, ni la courbe descendante delà coque : dans le sens transversal, on les restitue volontiers en quinconce.
De même, les dimensions des navires ne sont point révélées par les monuments; le sculpteur n'hésite pas à donner celles d'une barque à des liburnes et y réunit une douzaine de rameurs. Des textes isolés indiquent les proportions de quelques bâtiments de commerce, qui avaient une longueur de quatre largeurs environ et mesuraient quelque l'iO coudées. Les vaisseaux de guerre grecs paraissent avoir été plus étroits que les romains. Toutes les dimensions s'évaluaient par rapport à l'espace [interscalmiuni) entre les toletsqui retiennent chaque rame à la carène : environ 5 pieds dans le sens horizontal. En hauteur, l'intervalle entre les bancs était bien moindre, peut-être quelquefois d'un pied seulement; il fallait, même aux grands vaisseaux de guerre, une faible hauteur audessus de la llotlaison; leur sécurité dans les tempêtes était à ce prix. A la journée d'Actium, les plus formidables unités d'Antoine, à dix bancs de rames, — qui causèrent sa défaite — , n'auraient cependant pas laissé plus de dix pieds hors de l'eau ; mais cène sont pas des techniciens qui donnent ces chiffres, très sujets à caution.
Le tonnage commercial était de beaucoup le plus fort; les auteurs fournissent un aperçu de certaines cargaisons, évaluées en talents ou en amphores, mesures très approximatives. En tout cas, le Tibre était navigable jusqu'à Rome pour des vaisseaux de guerre à dix bancs, quand les bateaux marchands de 3.(X)0 talents (environ 80 tonnes; devaient s'arrêter à l'embouchure. Les plus gros transports atteignaient, croit-on, à peine le triple de ces chilfres, exception faite des bâtiments qu'on destinait à véhiculer une masse énorme et indivisible, comme les obélisques amenés d'Egypte pour décorer quelque cirque.
L'embarcation « cargo » est apcrta^ l'unité de guerre généralement lectn, cnnsfrafa, c'est-à-dire qu'un dispositif abrite les rameurs contre les coups de l'ennemi ; ils sont, en elTet, dissimulés dans le relief de IVéneste {%. 519), au \'atican. Dans ceux de la colonne Trajane, cette protection n apparaît pas, mais au cours