VII. BATEAUX DE GUERRE ET DE COMMERCE
des procédés de fortune qui ont persisté dans des contrées asiatiques encore arriérées : des radeaux, capables de porter des poids lourds, reposaient sur un assemblage d'outrés gonflées, qui, grâce à leur élasticité, ne risquaient pas, comme des madriers, de se rompre contre les écueils rocheux dissimulés, où le courant les poussait^. Les Assyriens recouraient à cette méthode sur le Tigre; leurs successeurs y ont })ersévéré pendant des siècles et Ton a des raisons de croire qu'elle fut suivie à l'époque romaine dans le midi de la France ^.
Le relief de la statue du Tibre au Louvre, et un autre (fig. 523j trouvé à Gabrières d'Aiguës (Vaucluse) ^ font revivre le halage à bras d'hommes ; des animaux ont dû également être affectés à ce service.
Fig. 523. — Le halage en rivière.
Le musée de Trêves possède un curieux monument de Nimègue : c'est l'image en ronde bosse d'un vaisseau; image déconcertante, car cet esquif, qui porte quatre tonneaux, a l'aspect d'un bâtiment de guerre, avec sa poupe relevée ornée d'une tête de loup féroce, son éperon menaçant, brise-lame exagéré, et sa rangée, unique d'ailleurs, de t21 rames, pour 6 rameurs seulement ^. Gomme ce bateau, avec un autre pareil, couronnait la tombe d'un négociant en vins, il s'agit évidemment d'un trans-