L. Ilcu/ey, au mot. dans Sa^rlio, Dicl.iles Ant
3. n'aprè»* lAn(\cn»cUmi\ , Mterlhiimer, IV, pi. xi vi, :$ ; cf. 4. et S. Hcinacli, Slatunire, I, p. 108 (Saglio, op. cil., (ig. I(»I3\
compliqué : deux paires de courroies, corrigiae, assujettissent la chaussure. La première paire est fixée à demeure entre l'empeigne et la semelle, vers le milieu de la plante du pied ou un peu plus près des doigts; on croise sur le cou-de-pied les deux lanières, assez larges au départ, puis sur le bas, de la jambe, deux ou trois fois, et on les noue par-devant; la deuxième paire entoure ellemême à plusieurs reprises le mollet et s'attache un peu au-dessus
Fig, b61. — Variétés de chaussures. — 1. La chaussui*e vulgaire. — 2. Ca.lceus senalorius. — 3. CaZceus provincial. — 4, Bottines de chasse. — 5. Sandale.
de la précédente ; on laisse pendre à chaque nœud de longues brides très visibles, qui signalent au premier coup d'œil la haute qualité du personnage. Les brides des courroies d'en haut passent quelquefois sous les tours inférieurs avant de descendre à terre. Tout cet agencement serait encore plus clair si nous avions la représentation d'une chaussure isolée et dénouée ; mais nous n'en
LES CHAUSSURES 'MQ
pouvons jug-er que d'après les pieds des statues ', qui trahissent des variantes de détail, tenant peut-être à des raisons de chronologie ou à la difTérence des fonctions oITicielles, pour ne rien dire des eiîets possibles du caprice individuel. Un des meilleurs exemples à produire est un bas de jambe, seul débris conservé d'une statue de bronze (iî^. 567, 2) * ; un autre, trouvé dans les Basses-Alpes, offre cette disposition curieuse que le brodequin laisse à nu les chevilles, ou bien qu'une pièce rapportée les protège (fig. 508,3) ^.
Une semelle épaisse, simple ou double, suivant les cas, s'interpose entre le pied et le sol ; mais il arrive qu'elle fasse défaut. Pourtant le cuir, préparé avec de l'alun (d'où son nom, alula), est très mince et souple; le sculpteur, en effet, indique fréquemment le contour des doigts — il en fait autant, il est vrai, pour les vulgaires péronés.
Nous n'avons aucune trace, sur les monuments, d'un ornement signalé par les textes et réservé aux sénateurs de très vieille noble«;se, la luniila; elle ne semble pas, d'ailleurs, avoir été portée régulièrement par ceux qui y avaient droit.
Quant au nuilleus, chaussure roug^e, de la couleur du rouget {mallus), le retrouvons-nous aux pieds de quelqu'une des effig'ies impériales en toji^^e de nos collections? L'empereur, entre tous, devait pouvoir s'approprier les chaussures de la plus haute distinction. Seulement nous ne savons au juste ni qui les prenait, ni quelles en étaient, en dehors de la nuance, les particularités.
Le calceus senaforiiis subsiste encore aux iv"-v'' siècles, d'après les di[)tyques consulaires ; toutefois il nous est dit que sa couleur a changé : à la basse époque il est blanc. Les mêmes monuments nous font voir les premiers échantillons du campagus, qui deviendra la chaussure des dignitaires by/.antins : soulier bas, envelop[)ant le talon et les doigts (fig". 5()5), largement découvert sur le dessus du pied, oii se croisent seulement — et pas toujours — des courroies légères.
La couleur semble laissée au libre choix pour les chaussures de femmes; il est difficile de juger des autres détails, h cause des ♦ uniques talaires qui couvrent tout.
h:n\< son intérieur, on se débarrassait volontiers, surtout lors de la
1. Voir une statue d'Auguste : Notizie derjli Scnvi, lîMO, p. 225, fig. 2 et pi. i ; cf. aussi notre W^;. 556.