Saplif., ibid., îiy
.3. \. Cliapot, Bull, dea Anl. de France, Séances du 30 janvier et du '►> oct^jbrc 1918.
l. Mi)»,iitiaes d'Alfférie, 262 ; Sa^^lio, op. cil., fig. 7191 . ;). Sajçlio, Dict. des Anl., au mol Haihu.
fait raser tous les jours, à la manière grecque du temps. Ce fut le point de départ d'une mode très généralement suivie, sauf par les classes inférieures. Certains allaient môme, toujours comme les Hellènes, jusqu'à recourir aux pâtes épilatoires. Les jeunes gens, néanmoins, au témoignage de quelques monnaies de la fin de la République, se plaisaient à conserver au moins des favoris, harhiila; après quarante ans, on ne portait plus la barbe qu'en signe d'affliction et de deuil.
A partir d'Hadrien (fig. 255) qui avait quelques imperfections à cacher, la barbe, ainsi qu'ailleurs nous l'avons dit, revient en faveur, faveur qui durera jusqu'au commencement du iv*^ siècle : Constantin, de nouveau, se rasa la figure (fig. 272-274), ainsi que ses successeurs, à la seule exception de Julien. On voit par les bustes, les monnaies, spécialement les effigies d'empereurs, que la façon de porter la barbe varia au cours des siècles : elle pouvait être relativement courte, comme chez Hadrien ; plus longue, comme chez Antonin le Pieux ; frisée^ comme chez Vérus (fig. 257) et Marc Aurèle ; en fourche, comme chez Septime Sévère (fig. 260); d'une façon générale, elle paraît très soignée au ii^ siècle. La dynastie syrienne accuse plus de négligence; chez Dioctétien, d'après les monnaies, la barbe est courte et drue (fig. 269).
H. — Les cheveux ^. — Nous devons ici distinguQr entre les sexes.
A. — Hommes. — Ce sont surtout les auteurs qui peuvent nous renseigner sur l'usage suivi dans les temps un peu reculés. Comme pour la barbe, les raffinements étaient alors inconnus; on laissait pousser les cheveux, par dédain de la recherche et désir de simplification. Mais, vers 300 encore, changement complet : on se rase la tête (fig. 282). Peu à peu toutefois, un moyen terme prévalut: les effigies monétaires des personnages du dernier siècle de la République ^ présentent des chevelures relativement courtes, ne couvrant ni le front ni le cou ; les mèches sont dirigées d'arrière en avant, en sorte qu'elles avancent horizontalement assez loin sur les tempes (fig. 287) et rétrécissent le haut du front, ce qui est tenu pour une beauté. Dès le temps de César, du reste, des élégants et César lui-môme adoptent la coutume de répartir, au petit fer, sur toute la tête, une série de toulfes menues; cet usage n'est pas sans rapport avec les modes féminines contem-
1. Saglio, Dict. des Ant., au mot Conia (Saglio et M. Albert); Stcininger, Jlaartrachl und llnarschmuc}\, dans Paulv-^Visso^^■a, Beal-EncijcL, ^'II, p. 213") et suiv.
2. Bcrnoulli, Rom. llionogi'aphie, 1, pi. de monnaies i, 23 à 2b : ii, 17-48.
SOINS i>K LA MAKIII-: ET I>i:S CIIEVEL X 1^85
poraines. Néron, cii parliculier, soii;tie sa chevelure lig-, '249),, qu'il ^'arde un peu [)lus longue que n'avaient fait ses prédécesseurs, car il est liante par l'ima^^e d'Apollon citharède ; il exagère les profondes ondulations, courant parallèlement au front tiepuis le sommet de la tète jusque sur le devarit, qu'on remarque déjà sur certains portraits de Claude. Dans le haut du visa^'^e la chevelure est cependant encore assez courte ; mais sur la nuque elle se répand en vai,Hies véritables; des perruques y pourvoienl, suitouf de couleur blonde.
Sous les Flaviens, les boucles artiticielles sont petites et très non^ breuses tig^. 'i.'i'i^' ; les sculpteurs les rendent à la \irole. Une j'éaction se marque sous Trajan (fij,'^. 'loi) : empereur-soldat, il se contente de Ioniques mèches tout unies, tombant très bas vers les sourcils, plates, sauf aux extrémités, où elles sont écourtées el bouclées. Ces derniers artifices deviennent plus sensibles sous Hadrien, et enfin, sous les An^onins, ils s'étendent à l'ensemble de la chevelure, sur laquelle on répand de la poudre d'or. Les pointes tournées en vrille de Septime Sévère (^fij^. *260) sont peut-être spéciales à ce prince; ses successeurs immédiats reviennent plutôt à la mode des Flaviens.
1 /habitude de se faire tondre les cheveux très courts, presque ras, avait commencé dès le u^ siècle dans les milieux stoïciens ; elle se généralise au m® sous la dynastie syrienne, pour cesser aux alentours de l'année 2(30, où l'on revient au type de coifTure de Trajan: de nouveau descendent sur le front de longues mèches plates aux extrémités un peu recourbées, d'un contour rectiligne qui décrit aux tempes un angle aigu caractéristique ; par là les cheveux se raccordent à la barbe, en dessinant avec elle un arc continu qui fait le tour du visage.
lOnlin, à l'époque constantinienne, les cheveux sont portés plus longs, en mèches dont les extrémités bouclent et forment un bourrelet assez prononcé, donnant l'impression d'une couronne.; celles de l'occiput descendent très bas sur le cou (fig. •272-271).
B. — Femmes. — Ici, les distinctions à faire sont beaucoup plus nombreuses, mais nous ne pouvons réellement les suivre qu'à partir du principal, grâce aux monnaies où sont gravées des têtes d'impératrices; malgré leur petitesse, ce sont les documents les plus sûrs '.
I. Maria Millin^ton Evans, lïuir-dressiTKj of Itornan Lndies as illusirated oa. Coins .\uniigmntic Chronicle, i» sôrifi, VI [1906', p. 3"-65 cl pi. iii-vi) - Mamf.i. i>'am<:iik)>i.ik>ir momainr — II. 25
Jusqu'à l'Empire, une grande simplicité était la règle ; des coiffures trop recherchées eussent attiré une fâcheuse réputation. Les jeunes filles se bornaient à ramasser leurs cheveux en n(jeud derrière la tête, faisant un chignon que maintenaient des bandelettes et des épingles; c'est la mode très simple qu'indiquent quelques pièces à l'effigie de Diane (fig. 569) '. Beaucoup de chrétiennes durent y revenir et s'y tenir, suivant les exhortations des Pères de l'Eglise. Au jour du mariage, les cheveux étaient divisés en six parts, sex crines^ et enroulés sur le sommet de la tête, de manière à former le iutulus, toupet de forme conique, qui devint un attribut exclusif et quotidien de la flaminica. Les vestales, de
Fig. 569.
Coiffure déjeune fille.
Fig. 570.
Coiffure de femme sous
la République.
leur côté, se distinguaient par une bandelette de laine, enroulée plusieurs fois autour de la tête et qui retombait des deux côtés en plusieurs chutes (fig. 425). 11 faut encore mettre à part la coiffure archaïque « à la Junon », créée par les sculpteurs du début de l'époque hellénistique, conservée pour les femmes auxquelles leurs successeurs prêtaient un type idéalisé, celui dune déesse ou d'une abstraction allégorique : en ce cas, les bandeaux descendent de chaque côté du crâne et se rejoignent sur la nuque, pour s'y masser en un gros bouton rond, serré par un lien.
Au dernier siècle avant notre ère, ce qui varie, ce n'est guère que la façon de séparer ou de grouper les nattes, soit à l'occiput (fig. 570) 2, soit contre le cou : tantôt on les fait revenir sur le sommet de la tête ; tantôt on relève les cheveux au milieu du front, en un bourrelet proéminent qui se prolonge dans certaines coiffures au-dessus des oreilles, pour se rattacher, derrière le sommet
Steiningcr, Die weiblichen Ilanrtnuhten ini I . Jnhrhiindej'l der rumischen Kaiserzeit, Munich, 1909, 8°.