‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 30 sur 425 · I. LA PEINTURE · texte numérisé non relu

I. LA PEINTURE

dont il flatte les tendances ; c'est de lui que relèvent la plupart des fresques retrouvées à Pompéi. Il se rattache au second par son coloris et son « illusionnisme », au troisième par le développement du décor architectonique. Mais ce dernier n'a plus la sobriété qu'on appréciait nag"uère, et la fantaisie dégénère en pure invraisemblance ; c'est l'entremêlement sans restriction, le fouillis. Fouillis elle-même, trop souvent, l'ordonnance générale du décor. Les

Vig. 377. — Intérieur du quatrième style.

grands sujets, que faisait ressortir un cadre à l'échelle et nu autant qu'il convenait, cèdent bien trop la place à un amoncellement de petits panneaux, où s'insèrent des figures isolées qui planent, choisies pour leur seule valeur ornementale, et qui concourent avec les éléments d'architecture à cet cfl'el d'ensemble qu'un mot pourrait déjà définir : le baroque. L'aspect est théâtral ; aussi a-t-on admis que divers grands tableaux consacrés à un seul sujet sont la reconstitution de quelque grande scène dramatique réputée ^ ; car il suflit d'y concevoir l'architecture moins irréelle

1. O. Puchstein, Arcli. Anzeiger, XI (1896), p. 28-3i ; G. von Cube, Dierôm. « Scenae frons » in den pompejanischen Wandbildern IV. Stils {Beitriige zur Bauwissenschaft, fascic. 6), Berlin, 1906, i°.

l.iS INFLUENCES DIVERSES DANS l'aRT DK LA l'KlNTl RI- *29

el tle sup{)rinier quelques détails secondaires jxnir ressentir nettement l'illusion d'un spectacle scénique.

Les motifs ne sont pas d'ailleurs vraimenl renouvelés : on rclrouxc, <inon le paysage égyptisant, clu moins le décor de type funéraire nu sacré, el les grandes compositions dans le genre panorama. C'est l'esprit qui se transforme, le mode d'exécution ; ils donnent à supposer une influence syrienne précoce. On se préoccupe du gros effet avant tout, et pour le produire il n'est rien de plus sûr que les couleurs violentes, contrastées et d'éclat métallique ; l'armature des édilices imaginaires semble être de fer doré. L'impression de surchage et de discordance n'est pas moins frappante : une paroi de la palestre des bains de Stabies *, une autre de la maison des \'eltii ifig. 377) ^ éveillent l'idée d'un mur de pinacothèque, où tous les tableaux se toucheraient.

Encore ne connaissons-nous guère, heureusement, que les débuts <lu iv^ style, par suite de la catastrophe de l'an 79. Jusque-là, ce qui le sauve d'habitude, c'est le savoir d^s peintres-décorateurs, leur entente de la perspective, leur contact persistant avec les beaux modèles, la virtuosité de leur pinceau ; nous aurons à décrire quelques morceaux de choix. Les exemplaires plus tardifs sont infiniment rares, en débris difficiles à étudier ^. L'outrance a pu à la longue provoquer une réaction et, à voir ce qui s'est produit en d'autres genres, relief et mosaïque, on en vient à penser que la fresque, du jour où nous n'en pouvons plus suivre l'évolution, a dû s'engager plus ou moins dans les voies du réalisme.

§ \'I. — Les influences diverses dans l'art de la peinture.

On ne saurait passer cette question sous silence, même dans un manuel de simple archéologie; mais un bref exposé sufllra, })Our énoncer des doutes et résumer des controverses, très abondantes en ces dernières années.

Peut-on, dans les fresques, discerner ce qui est <^rec et ce qui est romain, main-d'œuvre à part, bien entendu ? Assurément, il est aisé de reconnaître, dans un tableau, des types de construction romains, des sujets religieux dérivés de cultes latins. On -a établi (jue l'influence de la poésie alexandrine sur l'art campanien

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