‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 31 sur 425 · I. I>A PEINTURE · texte numérisé non relu

I. I>A PEINTURE

avait été exag^érée ; que des grafTittes ou certains tableaux attestaient celle d'Ovide et de Virg^ile ; que des sujets étaient traités avec des détails exclusivement italiens, comme la haste et la couronne dans une scène de rachat, et qu'un héros combattant contre une Amazone portait une armure complète de soldat romain ^. Mais un problème plus large et plus élevé se pose : y a-t-il un genre de composition romain, opposé aux principes grecs, qui permettrait de parler sans restriction de peinture romaine'!

L'affirmative a été soutenue par M. G. Roden\\aldt dans un livre ingénieux et subtil ^, où il étudie la représentation de l'espace et le rapport des figures avec l'espace. Dans le système hellénique, dont témoigneraient la décoration du lahlinum de lu maison de Livie, les fresques de la Farnésine, les monochromes campaniens^ les personnages, d'après cet auteur, sont juxtaposés ainsi que dans les reliefs, et leurs mouvements parallèles au fond ; la scène se passe dans un lieu clos, analogue à un décor de théâtre, devant un mur de maison perce d'une porte. Dans le système romain, appliqué de la façon la plus complète par les grands panoramas maritimes inspirés de l'Odyssée, le cadre s'étend en profondeur, jusqu'à un lointain horizon ; de là naît une persj)ective, avec une répartition plus juste des figures, dont la taille dépend du plan où on les situe ; leurs mou^ ements se produisent dans toutes les directions, même obliquement par rapport au fond, et obéissent aux lois du raccourci. Ces mouvements sont accentués, presque caricaturaux, réfractaires à la symétrie et au rythme qu'affectionnent les Grecs ; les corps, très élancés, ont des articulations grêles, tranchant sur les parties intermédiaires assez rondes, particularités que traduit également la fresque des guerriers de l'Esquilin (fîg. 372). De telles nouveautés seraient dues à un peintre, Ludius ou Studius, dont le nom s'est mal conservé dans les manuscrits de Pline l'Ancien -^

La thèse a été contredite'', justement selon nous. Rien ne permet d'opposer ainsi deux méthodes, en les rattachant chacune à une race. Nous pouvons reconnaître, dès l'époque hellénistique, une préoccupation de rendre, pour ainsi dire, l'ambiance en profondeur, par exemple sur des stèles peintes récemment découvertes à Pagasae

1 . A. Soi,4iano, Atli délie R. Accad. di archeol. di Xajwli, XXIII ( I90:>), p. 87-

2. Die Komposition der pompejnniachen Wnndrfemiilde, Berlin. 1909, 8°.

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