‹ Manuel d'archéologie romaine (volume 2)Chapitre 317 sur 425 · Saglio, Dicl. des Anl. , au mot Mortarium · texte numérisé non relu

Saglio, Dicl. des Anl. , au mot Mortarium

inïLI'AKATION DES METS

musée de Bruxelles [fv^. 63^i; ', ont moins de hauteur, un rebord

plus étroit et sont munis de quatre protubérances, permettant do

saisir l'ustensile plus commodomenl ; le pilon a la forme d'un

doifrt replié. Certains exemplaires devaient aller sur le feu, car

l'extérieur porte encore les traces de son

action : la paroi interne était souvent

recouverte de poussière de tuileaux, pour '^

amortir les elîets du choc. Les potiers de

Lezoux fabricjuaient aussi au ui* siècle des

vases à déversoir en forme de mulle de

lion, vêtus à l'intérieur de grains de quartz

incrustés dans la pâle; la surface rugueuse

produisait un elTet tic râpe et facilitait le

pétrissage -.

Les manipulations de la cuisine exijreaient encore lentonnoir, infundibulum, et la passoire, colum, quelquefois réunis l'un à l'autre par une charnière, comme dans un instrument trouvé en Gaule ((ig. 634, I ; * ; il arrive aussi que le tamis soil rattaché à la casserole ' ou placé à demeure à l'extrémité du tuyau d'un Aase ; nous en avons signalé un cas plus haut ; il y en a d'autres ^. L'entonnoir romain, en argile, en métal ou» en verre ^, a la forme d'une tasseau fond de laquelle s'adapte un tuyau ; il se rencontre des modèles à tuyau oblique. Un très curieux titmis. provenant de Boscorcale, est à Berlin ' : c'est une sorte de plat jjercé d'un très grand nombre de petits 3 2

trous extrùraement fins, dont le réseau Fi^. 631 — 1- Entonnoir et dessine des rosettes et des entrelacs. Les passoire. — 2. Cuiller ù

puiser. — 3. roiirchellc.

passoires paraissent avoir servi, en général.

moins pour les mets proprement dits que pour le vin, qu on

filtrait sur la nei^c afin de le rafraîchii- et de l'édulcorer.

I 1) .ipi.'s F. (^imonL Snilitl. île Briir^Ues, p. '13i, n" 115.

L'. I )<i hcictte. Vnses céraniiqiu's, il, p. 321, pi. ix.

3. D après Snglio, op. cil., fig. 4064; voir Mus. Borh., III, pi. xvxi,

î. Wiilcrs, .\eite UntersiirhiiniiPu, Vi^. 18, r)()-j2.

• LiiulcnHchmit, Mlrrthûmei, V. pi. xi.r, n" 773.

. Morin->)ean, La Verrerie en (Juvln, p. 1 iG et siiiv., fig. 202.

:. .Arc/i. .Xnzetfjer, \V 1900,, p. \'M), l\^. 19.

On puisait les liquides ou les sauces dans les récipients profonds au moyen d'une louche à manche vertical ; les échantillons sont nombreux (fîg-. 634, 2) ^

Les Romains devaient comme nous employer principalement la vaisselle de terre ; mais des plats ou assiettes il nous reste très peu de spécimens, surtout dans leur intégrité : les uns ovales 2, avec des appendices de préhension aux deux bouts, les autres ronds [discus) — tels un exemplaire de la collection Farges ^ et un autre semblable, au British Muséum '* ; leur pourtour très découpé trahit l'imitation du métal. Les plats creux semblent plus abondants que ceux de faible profondeur. Nous ne sommes pas en mesure de reconnaître les distinctions qu'on établissait peut-être entre divers noms répétés par les auteurs : catinum, lanx, lopas, magis^ patina.

Pour transporter tout un repas à la fois, on se servait d'une sorte de grande boîte ronde et haute, divisée en plusieurs compartiments superposés; nous la voyons reproduite dans les sujets en relief qui décorent un vase g-allo-romain ^. Pains et g-âteaux étaient présentés aux consommateurs sur de larg-es corbeilles en osier ; l'une d'elles se remarque aux mains d'un esclave dans une mosaïque africaine déjà citée ^. D'élégants plateaux de bronze, dont les deux longues anses relevées se rapprochaient pour n'en former qu'une "^y servaient probablement de jattes à fruits.

Le couvert de chaque convive était beaucoup plus réduit que de nos jours. C'est à Tofiice même que le personnel domestique coupait les viandes en tranches et en bouchées ; c'est là seulement qu'étaient utiles les diverses sortes de couteaux, depuis le grand couperet à large lame jusqu'au couteau plus long, plus mince et plus affilé ^. On prenait d'habitude les morceaux avec les mains; les fourchettes (fig. 634, 3) ne paraissaient guère sur la table. Celles qu'on a retrouvées servaient, ou à remuer sur le feu les chairs grillées du sacrifice, ce qui explique leur ornementation recherchée, ou à retirer de la marmite les quartiers de viande; ces fourchettes sont,

1. D'après Babelon-Blanchet, Bronzes delà Bibl. Nat.^ n" 1425.

2. Lindenschmit, AlterUiùmer, IV, pi. xxxv, 3; V, pi. lu, n» 960.

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